fbpx
Copyright LE COURRIER AUSTRALIEN 2016
HomeCultureRencontre avec Maud Page, directrice adjointe de l’Art Gallery of NSW
NSWAG

Rencontre avec Maud Page, directrice adjointe de l’Art Gallery of NSW

tfm

Il y huit mois, une Française d’origine prenait les commandes de la gestion des collections et des expositions de la Art Gallery of New South Wales à Sydney. Maud Page en est également la directrice adjointe. Portrait de cette femme, née en France qui « ne [se] sent pas Australienne, mais pas plus Française ».

"Nous essayons constamment de créer une meilleure vision du monde par la beauté artistique sur des sujets plus durs."

« Nous essayons constamment de créer une meilleure vision du monde par la beauté artistique sur des sujets plus durs. »

Une sculpture en acier de deux mètres de haut. Dans le hall de la Art Gallery of New South Wales à Sydney repose l’œuvre de Michael Parekowhai. La statue du Capitaine Cook, le buste tourné vers l’océan, le regard porté vers la terre. Une œuvre d’art qui rend hommage de manière plus humble au personnage, symbole de l’histoire de tout un pays. «C’est ma pièce préférée de la galerie», sourit Maud Page, récente directrice adjointe du musée et directrice des collections et des expositions. La française d’origine au léger accent anglais poursuit : «Cette œuvre représente le moment où James Cook est sur le point de prendre une décision importante. Sa pose offre une multitude de possibilités d’imagination quant à l’histoire coloniale de l’Australie».

Raconter l’histoire australienne à travers les œuvres d’art. Maud Page l’a bien compris et c’est ce qui lui tient à cœur. L’art a une influence très importante sur la société en véhiculant des événements et des valeurs historiques et actuelles. C’est en guidant l’organisation durant les nombreuses années de l’Asia Pacific Triennial – l’une des plus importantes collections au monde d’art asiatique et pacifique contemporaine créée en 1993 par la Queensland Art Gallery – que la française comprend l’importance de la culture de cette région du monde. «Certes, l’Australie possède une culture européenne. Mais nous sommes en Asie. Nous avons cette histoire étroite avec l’Asie et le Pacifique. Le continent possède également une culture aborigène. Ça me semble nécessaire de passer le plus d’informations possible sur notre propre histoire.» Et à elle de préciser : «Oui, les grands tableaux de grands artistes européens sont importants, mais la situation a changé et on favorise désormais l’expérience que peut offrir chaque œuvre».

Le rôle de la mode

«Je ne me sens pas Australienne, mais pas plus Française.» Née de parents français, Maud ne vivra en France que sa première année, avant que sa famille ne parte pour l’Espagne. Elle y vivra onze ans et rejoindra ensuite l’Australie. Avec un oncle conservateur au Louvre et des parents dans le domaine de la mode, la voie professionnelle choisie par Maud n’a rien d’un hasard. «J’ai grandi dans ce milieu et en prenant du recul, on se rend compte qu’il y a un lien très étroit entre la mode et l’art contemporain. La mode, c’est de l’art. Elle a toujours été provocante et se doit d’être en avance sur son temps. Elle doit amener une idée d’impulsion.»

Michael Parekowhai The English Channel 2015 stainless steel 257 x 166 x 158 cm Art Gallery of New South Wales Purchased with funds provided by Peter Weiss AO 2016 © Michael Parekowhai Photo: AGNSW

Michael Parekowhai -The English Channel 2015 -stainless steel

Diplômée d’un double Major in International Politic à l’Université de Sydney, puis d’un Bachelor of Art, Maud Page débutera sa carrière dans le domaine de l’art en 1996. Elle se voit ensuite proposer un travail à la Queensland Art Gallery en 2002. Elle s’y consacrera 14 ans. «C’est une place où l’on doit être constamment dans une tendance créative. Je devais sortir un peu de cette routine. Dans ce métier, il faut savoir laisser sa place pour que quelqu’un puisse apporter de nouveaux horizons.» Elle travaille depuis huit mois maintenant à la Art Gallery of New South Wales.

Un rôle à grandes responsabilités donc, pour cette française qui fait partie des figures majeures de ce musée à 1, 5 millions d’entrées l’année dernière. Et avec 100 000 étudiants par an, il est le deuxième musée le plus populaire au monde auprès des écoles après le Met. «La Galerie possède près de 33 000 œuvres dont seulement 5% de la collection est exposée», explique Maud Page. «On a rencontré un succès croissant avec le contemporain. Notre public a été réceptif aux différentes expositions. Nous essayons constamment de créer une meilleure vision du monde par la beauté artistique sur des sujets plus durs.» L’art et son éclectisme proposent un discours social et politique que Maud Page et la Art Gallery of NSW tentent de transmettre aux anciennes comme aux plus jeunes générations, en leur montrant que le domaine artistique n’est qu’un reflet de la société.

Joffrey Tridon


>>> Suivez-nous sur Facebook
>>> Abonnez-vous gratuitement à la newsletter du Courrier Australien

Comments
NCT
Share With: