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Robert Doyle : « J’espère que les habitants de Melbourne seront inspirés par le mode de vie des Français »

En l’honneur du Bastille Day French Festival, qui aura lieu avec le soutien de la ville les 15 et 16 juillet prochains, Robert Doyle, Maire de Melbourne, nous a accordé un entretien privilégié. L’occasion de parler fête nationale et amitié franco-australienne.

Comment pensez-vous que Bastille Day peut inspirer les habitants de Melbourne ?

Il n’existe pas de meilleure façon de célébrer la cuisine et la culture française, j’espère donc que les habitants de Melbourne se joindront aux festivités disséminées dans la ville, et seront inspirés par le mode de vie des Français.

Que signifie pour vous « Liberté, Égalité, Fraternité » ?

Emblème de la Révolution Française, les mots « Liberté, Égalité, Fraternité » sont devenus une part intégrante de l’identité française.

« Liberté »  soutient les droits naturels de chaque homme et femme, tant que ceux-ci n’empiètent pas sur ceux d’un autre membre de la société. « Égalité » assure que tous les citoyens sont considérés comme égaux devant la justice. « Fraternité » rassemble la société autour de valeurs partagées par tous.

Ces trois mots sont des valeurs importantes devenues fondamentales dans notre vision des droits humains, et forment les piliers de la démocratie occidentale.

Quelles relations souhaitez-vous encourager avec la communauté française présente ici ?

Melbourne est une ville ouverte qui accueille des individus de tous horizons. C’est le foyer de personnes venant de plus de 200 pays, qui parlent 260 langues et dialectes et possèdent plus de 160 croyances différentes. Mais Melbourne reste unie.

La communauté Française a permis la construction de cette ville et fait partie de son histoire. D’ailleurs, le premier consulat Français a été construit ici-même en 1852, et l’amitié qui nous lie n’a fait que croître depuis.

Melbourne et la France sont similaires de tellement de façons. Nous partageons l’amour de la culture, de la nourriture, de l’art, de la mode et, bien sûr, du sport. Nos ruelles et notre culture du café ont en partie été inspirées par les Français qui se sont installés à Melbourne. Un exemple : Mirka Mora, l’une des artistes les plus appréciées à Melbourne, a émigré ici dans les années 50 et fait partie de ces innombrables personnes qui ont travaillé ensemble pour faire passer Melbourne de ville provinciale et calme à un nid de sophistication et de multiculturalisme.

L’influence française sur notre ville continue à ce jour, et les festivités du Bastille Day montrent que les habitants de Melbourne continuent d’apprécier leur francophilie intérieure.

Avez-vous eu l’occasion de célébrer un 14 juillet en France ? Si oui, qu’est-ce qui vous a plu ? Les célébrations diffèrent-elles d’un pays à l’autre ?

Je sais que les Français fêtent Bastille Day, ou le 14 juillet, en regardant le Tour de France, en partageant un bon repas et en se retrouvant autour de feux d’artifices. Ces célébrations ressemblent beaucoup à celles d’Australia Day, qui est un jour férié au cours duquel sont organisés des événements sportifs et culturels, des feux d’artifices dans les Docklands et des barbecues.

J’ai assisté en 2010 au défilé du 14 juillet sur les Champs-Elysées, et c’est un de mes souvenirs préférés du Bastille Day.

La Révolution Française fait-elle partie du programme enseigné aux Australiens ?

Nous avons la chance en Australie d’étudier les événements historiques importants qui ont façonné le monde actuel qui nous entoure. La Révolution Française est tout particulièrement importante, et est étudiée en profondeur dans nos lycées et universités.

Selon vous, comment sont liées les histoires passées, présentes et futures de nos pays respectifs ?

Notre lien avec la France a fortement été influencé par les expériences et souffrances que nos deux pays ont subies au cours des Guerres Mondiales. Des milliers d’Australiens se sont battus et sont morts aux côtés des Français sur les champs de batailles durant la Grande Guerre, notamment à Villers-Bretonneux. Rien que dans ce petit village, environ 1200 Australiens ont perdu la vie.

Maintenant, des milliers d’Australiens entament un pèlerinage annuel vers la France et Villers-Bretonneux pour commémorer nos soldats. Une fois là-bas, ils sont accueillis par des rues telles que la Rue Melbourne ou encore la Rue des Anzac, qui sont des hommages grandioses à nos soldats. Quant à nous, nous recevons une délégation de Villers-Bretonneux tous les trois ou quatre ans, le Maire de la ville en tête de file.

Durant les feux de brousse désastreux de 2009 dans le Victoria, une école primaire toute petite a été entièrement rasée à Strathewen, et les habitants de Villers-Bretonneux ont récolté plus de 11 000€ pour aider à sa reconstruction. C’est exactement ce qu’ont fait les enfants du Victoria après la libération de Villers-Bretonneux à la suite de la Première Guerre Mondiale.

Après de tels événements, je ne pense pas qu’il soit possible de devenir encore plus proches.

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AFSydney
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