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Sea Shepherd (1) : à bord du Steve Irvin avec Haans Siver, sa manager

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La mer des militants de Sea Shepherd n’est pas le pays des Bisounours. On y déverse des produits toxiques, on la sature de déchets, on la vide de ses espèces protégées. Elle sert aussi de couverture à tous types de trafics illicites. Dans ce monde-là, certains ont choisi d’entrer en lutte. Haans Siver, manager de l’un des onze navires de Sea Shepherd, est de ceux-là. On la rencontre sur le Steve Irvin à Williamstown, entre la livraison d’une pièce stratégique pour le bateau et le lancement de la campagne « Reef defence » contre Adani.

« Tout a commencé en 2009 lorsque j’ai pris conscience du massacre des dauphins par les Japonais dans la baie de Taiji. » La jeune femme, originaire de Melbourne, est horrifiée, mais se sent bien seule dans sa détresse. Un an plus tard, elle participe à une manifestation dans le CBD puis devant l’ambassade du Japon. Et là, « au milieu de tous ces gens », elle se rend compte que beaucoup partagent son ressenti et ses 1400x-1idées. Elle décide alors de se porter volontaire à Sea Shepherd, une ONG qui se consacre à la protection des écosystèmes marins. Fondée par le Canadien Paul Watson en 1977, l’association est implantée partout dans le monde.

Comme la plupart des nouveaux arrivants, Haans Siver commence à être « bénévole à terre » ; sa mission consiste, entre autres, à « enseigner la conservation et la protection de la vie sauvage » dans les écoles. Elle n’a pas de formation universitaire dans ce domaine, puisqu’elle est détective privée (métier dont les ficelles lui servent toujours) et propriétaire d’un night club, mais elle apprend sur le tas. Au fil du temps, sa motivation est telle qu’elle devient « volontaire en mer », poste dont la description laisse songeur : « non rémunéré, longues journées, travail difficile, conditions dangereuses, météo extrême ». De matelot, elle devient contremaître, puis manager. « J’ai participé à cinq campagnes dont trois en Antarctique contre les baleiniers. » Cette année, cette traque annuelle a été annulée en raison de la « supériorité technologique » des navires Japonais, selon un communiqué publié en août.

Parfois, quand il s’agit d’empêcher que des zones de pêches soient illégalement exploitées par des bâtiments étrangers (comme au Libéria ou en Afrique du Sud), les bateaux de Sea Shepherd prennent des garde-côtes à bord. Le reste du temps, les militants sont seuls à poursuivre les pirates, parfois pré-localisés par Interpol. Les approcher, détacher les filets, relâcher ou documenter les prises… « Oui, cela peut être dangereux », reconnaît la jeune femme qui a un amoureux mas pas d’enfant. « Mais nous portons un équipement de sécurité et nous sommes extrêmement bien formés. » Et puis… les navires ont toujours des médias à bord. « Ce sont eux qui vont témoigner au monde de ce que nous avons vu ou fait. Nous avons nos propres services de communication, mais nous emmenons aussi des journalistes extérieurs. »

Nous sommes dans l’action directe.

Outre les pêcheurs, les industriels aussi sont dans la ligne de mire de l’association. Ainsi quand BP veut forer en haute mer ou quand les activité du groupe Adani risquent d’avoir un impact néfaste sur la Grand Barrière de Corail… Sea Shepherd est là. L’association lance-t-elle aussi des pétitions, comme Greenpeace par exemple ? « Non, explique Haans Siver, nous sommes dans l’action directe*. » (Cette attitude a sea_sh4d’ailleurs causé bien des ennuis à Paul Watson, accusé d’être un éco-terroriste par les Japonais ndlr.) Que peut faire le grand public alors ? « Il peut faire un don, acheter des produits de merchandising, donner de son temps, de son expertise ou même de la nourriture. »

Lorsqu’il est à quai à Hobson Bay, à l’ouest de Melbourne, le Steve Irvin a dix membres à bord ; en mer ils sont trente-cinq, mais attention : tout le monde est vegan. Haans Siver, qui se présente comme une activiste des droits des animaux, considère la chose comme une évidence… si vous lui apportez un panier-repas, ne gaffez pas.

Valentine Sabouraud

Le Steve Irvin (du nom du célèbre conservateur, propriétaire de zoo et animateur tv australien) est à quai à Seaworks 82 Nelson Place, Williamstown, Victoria. Il propose des visites gratuites tous les dimanche de 11h à 16h jusqu’en mars 2018.

Pour faire des dons ou en savoir plus, cliquez ici.

* Dans un édito de 2011, Paul Watson écrivait : « Nous pratiquons l’action directe non-violente offensive. Nous ne faisons de mal à personne, mais nous n’avons aucune hésitation lorsqu’il s’agit de mettre hors service les instruments de mort qui sont utilisés pour tuer illégalement des être vivants. »

 Légendes photos : 1/ Haans Siver  2/ (c) Sea Shepherd « Dolphin slaughter » 3/Le Steve Irvin

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franckprovost
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