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Sortie de Blue, film militant au secours de l’océan menacé

franckprovost

Pollution, pêche intensive, réchauffement climatique… l’homme a trouvé maints moyens de malmener cet or bleu qui nous a tant donné. Jusqu’où peut-il tenir ? La moitié de notre vie marine a disparu ces quarante karinadernières années et si rien ne change, en 2050, il y aura plus de plastique que de poissons dans la mer. Dans son documentaire, Karina Holden dresse un état des lieux alarmant. En suivant le parcours de sept « gardiens des océans » de par le monde, elle prouve néanmoins qu’il n’est pas trop tard pour agir. A cet égard, Blue est une leçon pour tous. Un appel à la mobilisation qu’il serait dommage de considérer comme une simple bouteille à la mer. La réalisatrice australienne s’en explique ici.

Pourquoi avoir choisi un tel sujet ?

L’océan nous a tout donné et nous en avons fait notre poubelle. Comment peut-on imaginer que cela puisse continuer éternellement ? Prendre ses bienfaits pour acquis est déraisonnable et la situation est grave. Avec Blue, j’ai voulu réveiller les consciences et essayé de contribuer à la mise place de systèmes de protection équivalents à ce qu’on fait déjà « sur terre » avec les réserves naturelles (développer des sanctuaires marins).

Votre film pointe notre responsabilité… la culpabilisation, ça peut marcher ?

b7Ce n’est pas du tout ma démarche. Au contraire, en choisissant de suivre le parcours de personnes qui ne sont pas des militants célèbres, j’ai voulu montrer que l’action est à notre portée. Pourquoi être tétanisé ? Tout le monde peut être inspiré et chacun a les moyens d’agir au quotidien en buvant l’eau du robinet et non celle des bouteilles en plastique, en achetant du poisson issu d’une pêche responsable, en faisant ses courses avec un sac en toile…

Croyez-vous pouvoir attirer des personnes étrangères à votre cause ?

Prêcher uniquement des convaincus est un risque, mais je n’y crois pas. D’ailleurs, lors d’une projection en avant-première hier, j’ai été surprise de voir des spectateurs de 5 à 85 ans avec des profils très différents. Les questions qu’ils m’ont été posées étaient intéressantes, et elles ne venaient pas toutes de militants environnementaux.

Comment avez-vous réuni votre « casting » de gardiens des océans ?b6

Ils ont tous en commun d’être engagés, dévoués et passionnés. Ensuite, je les ai choisis en fonction des thèmes abordés (protection des requins, oiseaux marins, grande barrière de corail…) avec le souci d’un équilibre entre les hommes et les femmes. Je voulais aussi avoir des personnes de pays différents, ainsi qu’un représentant de la communauté aborigène (Phillip Mango).

L’un d’eux, Mark Dia est militant Greenpeace aux Philippines : un poste risqué…

De façon générale, être activiste ou militant c’est être sur le fil. Mais il est vrai que Mark, qui a dénoncé la corruption et qui essaie d’agir avec les petits pêcheurs, est exposé. Lorsqu’on vit dans un contexte de grande pauvreté et qu’on dénonce des actes illégaux, cela peut devenir dangereux. Nous-mêmes avons parfois dû être protégés par des gardes du corps armés. La nuit, nous étions bloqués à l’hôtel et nous avions un couvre-feu.

Le tournage n’a pas été de tout repos, donc…

Effectivement. De plus, filmer sous l’eau coûte très cher et nous sommes tributaires de la météo. Nous avons été pris dans un énorme orage par exemple. On ne le montre pas dans le film, mais il a fait partie de l’aventure. Le budget et les délais aussi ont eu des conséquences sur nos choix.

Votre film va-t-il être distribué en France, avez-vous un lien particulier avec ce pays ?

Pour l’instant BLUE va sortir en Australie et en Nouvelle-Zélande. Nous allons aussi participer à des festivals et serons accueillis au Parlement européen en novembre pour une projection spéciale. Je crois qu’il y a un intérêt en Europe pour ce genre de film mais rien n’est confirmé. En ce qui concerne mon lien avec la France, je suis heureuse de citer Frédéric Fougea qui m’a beaucoup inspirée. Je suis ce qu’il fait depuis une dizaine d’années.

v_taylorVotre film sort le 12 octobre, que ferez-vous ce jour-là ?

Bonne question ! Avec toute l’équipe, nous allons nous réunir (ce qui a été compliqué ces derniers temps) et nous allons dîner chez Valerie Taylor, la célèbre plongeuse, conservatrice et réalisatrice qui est dans le film. Un beau moment en perspective.

Valentine Sabouraud

Légendes photo par ordre : 1/ image issue du film Blue 2/ K. Holden 3/ T. Silverwood surfeur, militant anti-plastique 4/ tortue prise dans des ghost nets (filets fantômes), ramassée par P. Mango 5/ Valérie Taylor et feu son époux.

BLUE de Karina Holden, avec Lucas Handley, Madison Stewart, Mark Dia, Phillip Mango, Jennifer Lavers, Tim Silverwwod et Valerie Taylor. Sortie australienne le 12 octobre. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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