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Surf / Attaques de requins – Johanne Defay: « continuer, ça n’en valait pas la peine »

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« Continuer, ça n’en valait pas la peine »: la Française Johanne Defay, 6e surfeuse mondiale, a confié son soulagement après l’annulation mercredi du Margaret River Pro, 3e étape du Championnat du monde en Australie, en raison de deux attaques de requins.

Q: Comment avez-vous vécu la décision des organisateurs d’annuler l’épreuve?

R: « J’ai été plutôt contente de cette annulation. Ce n’était plus « safe » alors que deux attaques venaient de se produire à quinze kilomètres du lieu de la compétition. Cela m’a refroidie. Avec mes proches, je me suis demandée si ça valait le coup de continuer. J’ai déjà connu assez de problèmes à La Réunion. Si je ne surfe pas sur mon île, ce n’est pas pour venir prendre des risques en Australie. J’ai exprimé mon ressenti auprès des responsables de la World Surf League (WSL) et prévenu que je ne m’imaginais pas repartir à l’eau. Une attaque en même temps que la compétition, c’est un cas de figure qui ne s’était jamais produit. Il n’était pas question d’imposer une forme de pression aux surfeurs. Je suis totalement d’accord avec cette décision. Continuer, ça n’en valait pas la peine. »

Q: Cela réveille-t-il des peurs chez les surfeurs ?

R: « Bien sûr. Je viens de La Réunion où il s’est passé beaucoup de choses. La dernière personne enterrée la-bas après une attaque est le fils de la meilleure amie de ma mère… Beaucoup de mes proches ont été confrontés aux conséquences d’une attaque. Ca change la vie. Tout cela fait que je me suis posé beaucoup de questions. Dès que je me suis exprimée sur le sujet, je me suis mise à pleurer. Avant une telle épreuve, il faut s’entraîner: or ces sessions-là ne sont pas sécurisées, aucun jet ski ne nous suit… Après, j’ai été particulièrement exposée à cette question des attaques de requin. D’autres peuvent avoir moins peur, parce qu’ils viennent de la région où se déroule la compétition et je le comprends. Aller à l’eau, c’est une façon de voir la vie. C’est lié aux expériences, au ressenti personnel.  Il est normal que les gens soient divisés. La WSL a écouté et pris sa décision. Elle a fait son travail. »

Q: Un problème comme celui-là, vous rend-il inquiète pour l’avenir de votre sport ?

R: « Non. La réaction de la WSL me rassure même. Je crois que ça va faire avancer notre discipline. La WSL va se remettre en question et probablement réfléchir à mettre en place un protocole encore plus sérieux. Les surfeurs vont aussi se remettre en question. Nous sommes dans la mer, on sait qu’il y a des requins. C’est un des risques de notre sport. Après, il y a des endroits, des pays, plus ou moins dangereux.  Qu’est-ce que chacun est capable d’accepter?  Quels sont nos attendus sur les questions de sécurité? Moi, par exemple, je suis incapable d’envisager de surfer à La Réunion en dehors des sessions sécurisées…  Je ne m’inquiète pas pour le futur de notre sport en compétition parce que je crois que cette annulation va faire réagir et inciter tout le monde à se poser les bonnes questions. »

Propos recueillis par Grégory Letort

Source : AFP


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franckprovost
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