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Sydney : la Dame à la Licorne, grande ouverture ce samedi à l’Art Gallery

NCT

Grâce à un prêt exceptionnel du Musée de Cluny, la tenture de la Dame à la Licorne (The Lady and the Unicorn) sera exposée à partir de ce samedi à l’Art Gallery of NSW. Le Courrier Australien a pu découvrir l’exposition en avant-première.

Depuis sa fabrication au début du XVIème siècle, celle qu’on surnomme parfois la « Mona Lisa du Moyen-Âge » n’avait quitté la France que deux fois, en 1973 à New-York et 2013 à Tokyo. A l’occasion de la fermeture temporaire du Musée de Cluny, en rénovation jusqu’à mi-juillet, les tapisseries de la Dame à la Licorne ont cette fois voyagé en Australie, pour être exposées à l’Art Gallery de Sydney. Jusqu’en juin, les visiteurs de la Gallery pourront ainsi découvrir ces six chef d’oeuvres de laine et de soie fabriqués à la fin du Moyen-Âge, quelque part en Flandre ou à Paris.

« Pouvoir présenter de telles oeuvres est un véritable événement pour nous, qui ne se reproduira sans doute jamais ». Michael Brand, le directeur de l’Art Gallery, ne cache pas son enthousiasme. « Les tapisseries sont exceptionnelles, elles représentent l’une des plus grandes oeuvres d’art médiéval – et c’est donc une grande fierté pour notre musée que de pouvoir les accueillir ».

Cinq, ou six sens ?

Tissée vers 1500, redécouverte par George Sand au milieu du XIXème siècle et acquise en 1882 par le musée de Cluny, la Dame à la Licorne a toujours fasciné et interrogé. Hautes de plusieurs mètres, les tapisseries sont tissées sur un fond rouge, parsemé d’animaux et de multiples fleurs en rinceaux – caractéristique du style dit « millefleurs ». Au centre des six tapisseries, une jeune femme est figurée, entourée d’une licorne et d’un lion. Chaque pièce a néanmoins sa symbolique propre : d’une tapisserie à l’autre, les scènes, objets et animaux représentés varient.

« L’hypothèse admise généralement est que les tapisseries représentent les cinq sens : il y a le toucher, le goût, l’odorat, l’ouïe et la vue », nous explique Maud Page, directrice des collections de l’Art Gallery. Reste toutefois la sixième tapisserie, la plus mystérieuse, avec son inscription ‘À mon seul désir’ tissé sur une bannière. « Il y a de nombreuses façons d’interpréter cette dernière pièce », nous précise Maud. « On peut y voir l’allégorie d’un sixième sens plus spirituel, sorte de répudiation du monde matériel pour accéder au libre-arbitre. Mais d’après moi, de nombreuses autres interprétations sont possibles : c’est ce qui fait l’intérêt et la beauté de cette œuvre ».

My sole desire The lady and the unicorn circa 1500 Wool and silk 377 x 473cm

‘My sole desire’ c1500, from ‘The lady and the unicorn’ series wool and silk, 377 x 473 cm Musée de Cluny – Musée national du Moyen Âge, Paris Photo © RMN-GP / M Urtado

« Toujours un peu d’appréhension »

Pour les équipes de l’Art Gallery, faire venir les tapisseries depuis la France a représenté un important défi logistique. Fragile et inestimable, la tenture a nécessité six avions – une par tapisserie – pour être transportée, ainsi que des précautions particulières d’éclairage une fois les oeuvres arrivées à l’Art Gallery. « Il y a toujours un peu de crainte et d’appréhension lorsqu’on laisse sortir une de nos oeuvres hors du musée », confie Elisabeth Taburet-Delahaye, directrice du Musée de Cluny. « Mais c’est également une opportunité formidable de faire découvrir nos collections, et aussi l’occasion d’observer comment travaillent d’autres musées ».

A l’Art Gallery, le résultat a en tout cas été à la hauteur des attentes de l’équipe du musée de Cluny. Présentées toutes les six dans une pièce aux murs et sol noirs, les tapisseries sont éclairées avec des lumières à la fois tamisées et chaudes, qui font ressortir leurs tons rouges et jaunes. Pour Béatrice de Chancel-Bardelot, conservatrice générale de Cluny, cette mise en scène est superbe : « Les lumières sont très belles, la scénographie aussi, et le sol noir brillant apporte une touche d’originalité ». Elle ajoute : « J’aime aussi beaucoup le fait que les tapisseries soient suspendues de manière à tomber au niveau du sol. La dame et sa licorne sont ainsi placées à notre hauteur, nous laissant les admirer dans leurs moindres détails ».


Les tapisseries de la Dame à la Licorne seront exposées à l’Art Gallery jusqu’au 24 juin prochain, date à laquelle elles reviendront prendre place au Musée de Cluny rénové. D’ici là, de nombreux événements seront organisés par la Gallery autour de l’exposition, à commencer par une conférence gratuite animée ce samedi à 14h30 par Elisabeth Taburet-Delahaye et la conservatrice de l’exposition Jackie Dunn autour des origines et significations des six tapisseries. Programme détaillé de tous les événements, tarifs et réservations : artgallery.nsw.gov.au


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franckprovost
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