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Sydney : révélation d’une vague de meurtres homophobes entre 1976 et 2000

NCT

Une enquête approfondie menée par la police du NSW sur 86 décès suspects survenus à Sydney entre 1976 et 2000, a révélé que près d’un tiers était le résultat de crimes avec un mobile présumé ou confirmé homophobe.

Mercredi 27 juin, la police du NSW a rendu public les résultats d’une enquête de trois ans portant sur 86 décès suspects d’individus gays, intervenus à Sydney entre 1976 à 2000. Une équipe de 10 enquêteurs criminels et d’universitaires de l’Université Flinders a cherché à savoir si la nature du mobile des agresseurs pouvait être homophobe.

Ainsi, parmi les 63 cas résolus, 27 hommes auraient supposément été assassinés parce qu’ils étaient gay, huit crimes ayant été confirmés.

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Ross Warren, le présentateur de JT assassiné en 1989.

Parmi eux, Ross Warren, un présentateur de JT âgé de 25 ans dont les clés ont été retrouvées en bas d’une falaise près de Tamarama Beach en 1989, alors qu’il assistait à un concert organisé par la communauté LGBTQI. Son corps n’a jamais été retrouvé, mais des jeunes homophobes étaient connus pour attaquer des hommes homosexuels dans ce coin, afin d’affirmer leur virilité, ou comme un rite d’initiation aux gangs.

Le décès de Scott Johnson, retrouvé gisant sur les rochers en bas de North Head en 1988, fait également partie de ces crimes homophobes présumés. Sa mort, comme beaucoup d’autres, avait été classée en tant que suicide après une enquête bâclée.

Les conclusions du Strike Force Parrabell – le nom du rapport d’investigations – viennent assombrir un peu plus la lugubre histoire de Sydney concernant la protection et la reconnaissance de la communauté LGBTQI.

En effet, pendant une longue période, l’homosexualité a respectivement été considérée par les églises, le monde médical et les états comme un péché, une maladie et un crime. Ce n’est qu’en 1984 que les relations sexuelles entre hommes ont été dépénalisées en Nouvelle-Galles du Sud.

Durant des années, les violences envers les homosexuels ont été courantes, alimentées par une «panique morale» déclenchée par l’épidémie de VIH. Jusqu’à 20 agressions chaque jour ont été dénombrées, mais le caractère antipathique de la police et de la justice de l’époque ont fait que la plupart de ces agressions n’ont jamais été signalées et n’ont pas fait l’objet d’enquêtes. Alors que la communauté LGBTQI était lynchée, le reste de la ville fermait les yeux.

12 recommandations appliquées

Mercredi, lors des révélations de l’enquête, la police du NSW a publiquement reconnu ses fautes, tout en indiquant vouloir aller de l’avant. « Il est important d’enquêter sur le passé, et il est vital de tirer les leçons des erreurs commises, de reconnaître que nous avons échoué, afin de pouvoir construire à l’avenir une force de police qui soit là pour protéger la communauté entière », a déclaré aux journalistes d’ABC le commissaire adjoint Tony Crandell.

Le rapport Parrabell énonce 12 recommandations visant à améliorer la façon dont la police enquête sur les futurs crimes homophobes. Toutes seront appliquées par le préfet de police. La proposition de l’organisation LGBTIQ ACON visant à la formulation publique d’excuses de la police envers la communauté LGBTQI pour « les solutions inadéquates ou lentes apportées aux homosexuels face à la violence subie pendant 30 ans » ne fait toutefois pas partie de ce rapport. Cependant, les dirigeants de la police du NSW ont indiqué étudier cet avis.

Sources : sbs.com.auabc.net.ausmh.com.au


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NCT
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