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Tandis que Donald Trump terrorise ses alliés, l’Australie n’a jamais été aussi populaire

NCT

Le leader de l’Etat juif, Benyamin Netanyahou, était en Australie l’année dernière. La première fois, depuis la création de l’Etat il y a 69 ans, qu’un Premier ministre israélien en exercice posait le pied ici.

Alors que ce dernier était encore à Sydney, l’Australie recevait également la visite du dirigeant du plus grand pays à majorité musulmane au monde. Bien que la distance entre l’Indonésie et l’Australie, au point le plus rapproché, ne représente qu’un quart de la distance entre Sydney et Melbourne, Joko Widodo n’est que le quatrième Président indonésien en exercice à effectuer le déplacement, en 72 ans d’histoire de son pays.

Du côté diplomatique, Jérusalem et Jakarta ne se reconnaissent pas mutuellement. Les deux leaders présents à Sydney ce week-end se sont donc soigneusement ignorés l’un l’autre.

Bien sûr, le fait que Netanyahou et Widodo se soient trouvés ici au même moment n’est probablement qu’une énorme coïncidence.
Mais y aurait-il quelque chose d’autre derrière tout ça ?

Australia

« L’ordre mondial est en plein chaos », a déclaré Zbigniew Brzezinski, une éminence grise de la politique étrangère des Etats-Unis.
« Le monde entier glisse vers un désordre marquant, et aucune structure internationale n’est capable de gérer le genre de problèmes qui risquent de survenir simultanément », a-t-il écrit dans le New York Times la semaine dernière.

Quelques-uns des plus grands pays du monde sont devenus les moins fiables. La Russie est de plus en plus agressive, la Chine de plus en plus coercitive, la Grande-Bretagne de plus en plus stérile, l’Europe de plus en plus imprévisible, et les Etats-Unis de moins en moins fiables. L’Iran et l’Arabie Saoudite rivalisent pour la domination au Moyen-Orient.

Dans le monde entier, les pays s’investissent au-delà de leurs relations traditionnelles, pour chercher plus d’options et de nouveaux partenaires.

Avant la crise financière mondiale, le commerce international offrait des perspectives de croissance faciles. Mais depuis ces 10 dernières années, le commerce et la croissance se sont essoufflés. Trump menace de bloquer encore plus les possibilités de croissance. Les capitaux et les capitalistes doivent relancer les recherches d’ouvertures commerciales et de croissance. Et c’est exactement ce qui est en train de se passer.

Netanyahou

Israel devient plus isolé, et son voisinage plus dangereux. L’Australie, les Etats-Unis et le Canada sont les trois seuls pays développés qui ont toujours voté en sa faveur à l’ONU. Mais en Décembre, son allié le plus fidèle, les Etats-Unis, a refusé de le défendre au Conseil de Sécurité de l’ONU. Malcolm Turnbull, seul parmi les autres leaders mondiaux, a fustigé l’ONU.

La visite de Netanyahou « représente une grande reconnaissance et une admiration pour la position adoptée par l’Australie au fil des ans », a déclaré Colin Rubenstein, directeur exécutif du Conseil des Affaires entre l’Australie et Israel.

Netanyahou et Turnbull ont notamment conclu des accords sur la coopération en cybersécurité, la recherche et l’innovation, et des liaisons aériennes supplémentaires. « I love Australia ! », a déclaré le Premier ministre israélien.

Le soutien de l’Australie à Israel n’est pas neuf. C’est d’ailleurs un ancien ministre australien des affaires étrangères qui avait poussé à la naissance de l’Etat d’Israel, aux Nations Unies.

Pourtant, Israel a perdu de plus en plus la faveur des pays occidentaux, critiqué pour son traitement des Palestiniens.
Conscient de son aliénation par l’Occident, Israel s’est efforcé d’élargir ses relations diplomatiques et économiques avec les pays en développement : l’Inde, l’Afrique, et même certains pays arabes. Car ceux-ci partagent maintenant un ennemi commun : l’Iran et Daesh.

En d’autres termes, Israel recherche de nouveaux amis et partenaires commerciaux, où qu’il puisse les trouver. Et même aussi loin que l’Australie.

Widodo

La situation avec l’Indonésie est différente, mais le sentiment d’anxiété est le même. « L’Indonésie de plus en plus perturbée par le manque d’unité croissant au sein de l’ASEAN », la Association of South East Asian Nations, qui regroupe 10 pays du sud-est asiatique, explique Michael Wesley.

L’Indonésie, tout comme Singapour, recherche donc des relations plus solides en-dehors de l’ASEAN, qui pourraient lui apporter un nouveau soutien et une stabilité. « L’Australie et l’Indonésie se rassurent mutuellement dans cette ère de turbulences », conclu Wesley.

La priorité du Président indonésien est de poursuivre la croissance économique de son pays, et celle-ci était la raison principale de sa visite en Australie.
Widodo et Turnbull se sont engagés à conclure un accord commercial et d’investissement d’ici la fin de l’année. En signe de bonne volonté, Jakarta a facilité l’importation de sucre et de bétail australiens. L’Australie a fait de même pour les herbicides et pesticides indonésiens.

Lorsque la terre commence à trembler, on s’accroche à n’importe quel support pour garder son équilibre.


Traduction d’une opinion de Peter Hartcher (http://www.smh.com.au)

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franckprovost
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