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Thaïlande: verdict dans l’immense procès d’un réseau de traite d’êtres humains

franckprovost

Un an et demi de procès, plus de 100 accusés dont un haut gradé de l’armée: la Cour pénale de Bangkok a commencé mercredi matin la lecture du verdict dans une vaste affaire de trafic d’êtres humains.

L’ampleur de ce trafic, dénoncé depuis des années par les ONG, était parvenu sur le devant de la scène internationale en mai 2015, avec la découverte de fosses communes dans des camps de transit pour migrants en pleine jungle thaïlandaise.

La répression qui avait suivi avait désorganisé les filières et conduit les passeurs à abandonner en mer des milliers de migrants venus de Birmanie ou du Bangladesh.

Au cœur de ces immenses réseaux aux connexions multiples: des militaires, des policiers, des hommes politiques…

Les 103 accusés doivent répondre de traite d’êtres humains, de rançon et de meurtre – des accusations qui les exposent à des peines pouvant aller jusqu’à la condamnation à mort.

Parmi les accusés figure le général Manas Kongpan, soupçonné d’être la cheville ouvrière du trafic, qui a plaidé non coupable.

Les migrants tentaient de passer en Thaïlande pour ensuite rejoindre clandestinement par la route la Malaisie. Il s’agissait de Bangladais qui voulaient échapper à la pauvreté ainsi que des membres de l’ethnie Rohingya, communauté musulmane persécutée et marginalisée en Birmanie.

La junte au pouvoir en Thaïlande voulait faire de cet immense procès un exemple, mais les défenseurs des droits de l’Homme critiquent les tentatives d’intimidation des témoins et l’accès restreint pour la presse lors des audiences.

Pour Amy Smith, de Fortify Rights, ce procès est « crucial et sans précédent ». Mais « la Thaïlande a encore beaucoup de chemin à parcourir pour assurer la justice pour les milliers d’hommes qui ont été exploités, torturés et tués », ajoute-t-elle.

Beaucoup craignent également que l’enquête de police n’ait été bâclée. Le haut-responsable de la police thaïlandaise, en charge de l’enquête avait précipitamment quitté le pays, disant craindre pour sa vie, et a demandé l’asile politique en Australie.

La Thaïlande, point de passage majeur pour les trafiquants d’êtres humains, a longtemps été accusée de fermer les yeux sur ce trafic extrêmement lucratif, voire de complicité.

 

AFP

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