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Un petit nouveau à applaudir au Melbourne French Theatre !

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Depuis 40 ans déjà, le Melbourne French Theatre (MFT) produit, avec une régularité d’horloge suisse, les plus belles pièces du répertoire français à Melbourne. Un tour de force qui s’appuie sur l’entêtement de son illustre fondateur Michael Bula et sur le concours d’acteurs bénévoles, enthousiastes et talentueux. Pour le Système Ribadier de George Feydeau, présenté à partir de ce jeudi 7 septembre, Julien Cayeux fait ses premiers pas sur les planches. Le Courrier Australien l’a rencontré.

« J’ai grandi à l’Ile Maurice et j’ai vécu à Paris et Lyon. Je suis arrivé en 2003 à Melbourne, un peu par hasard en fait. J’avais l’impression que les transports en commun y étaient meilleurs qu’ailleurs et j’ai été attiré par l’aspect culturel. » Le comédien de 37 ans n’a pas été déçu… par le côté culturel en tous cas. Et s’il est arrivé en tant qu’étudiant, le voilà désormais bien installé, en charge du marketing digital pour une ONG. Le théâtre, du coup : une passion de toujours ? « J’ai joué au collège lorsque j’étais jeune et j’ai tourné dans un petit film d’étudiant. A part ça, pas grand chose. »

C’est une affiche, placardée dans une agence immobilière de Fitzroy où il vit, qui a attiré son attention cette année. Le MFT y lançait son casting pour le vaudeville de Feydeau. « Je me suis dit : pourquoi pas ? J’avais envie d’affronter mes peurs. » En réalité, Julien a déjà tenté sa chance avec cette compagnie. C’était il y a quelques années pour George Dandin de Molière – et il n’avait pas été retenu. Ce coup-ci, il a de nouveau quelques morceaux choisis de la pièce à mémoriser et il passe son bout d’essai devant Alec Gilbert, le metteur en scène. « J’ai appris plus tard que j’avais été choisi… et pour le premier rôle en plus ! » L’aventure peut commencer.

Dans ce Feydeau, Eugène Ribadier est un homme marié, coureur de jupons, qui a monté un stratagème efficace pour tromper son épouse. Il confie maladroitement son secret à un ami qui va utiliser le système à son tour… Qu’est-ce qui a été le plus difficile pour Julien dans cette pièce ? « Parfois, j’avais des questions sur la diction de certaines phrases, et comme Alec (le metteur en scène) ne parle pas le français… les indications devaient passer par son assistante. C’était étrange. Sinon, j’ai passé beaucoup de temps à apprendre mes lignes. J’ai vécu deux mois très denses à répéter tous les jours, seul, à l’heure du déjeuner. C’est aussi une langue d’époque à laquelle j’étais peu habitué. » Pour entrer dans le rôle, Julien a également sacrifié sa barbe. Désormais il arbore une belle moustache cirée.

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Côté casting, il est complètement franco-australien… et ça marche. Julien évoque d’ailleurs spontanément Alexandra Octavia, l’une des comédiennes de la pièce : « Elle est Australienne, mais elle a joué le rôle d’une française dans une série chinoise. » Voilà qui est international ! Quant au public, lui aussi devrait être mélangé. « 90% de mes amis ne parlent pas le français, explique Julien, heureusement qu’il y a les surtitres en anglais. » La première aura lieu jeudi soir. S’enchaîneront huit représentations. Et ensuite ? Julien serait tenté par une nouvelle aventure, mais avec une pièce peut-être plus moderne et après une pause. En effet, conjuguer activité professionnelle et passion du théâtre n’a pas été de tout repos. En attendant, il continuera à fréquenter les salles en tant que spectateur, il récemment vu Noises Off (par la Melbourne Theatre Company) : il recommande.

Valentine Sabouraud

Le Système Ribadier – Every trick in the book – du 7 au 9 et du 14 au 16 septembre 2017

La Maison de maître pop-up theatre 203-205 Canning Street, Carlton

Prix (boisson + collation incluses) : de 20 à 37 $, réservations ici.

Légendes photo par ordre : Julien Cayeux – Julien Cayeux et Michael Bula en répétition – Affiche de la pièce.

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