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Cropped shot of a male doctor using a digital tablet in a hospital

Une maladie tropicale rare, dévoreuse de chair, se propage en Australie

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Les cas d’ulcère de Buruli, une maladie dévoreuse de chair rare, sont en augmentation dans la Mornington Peninsula, près de Melbourne.

« Alors que l’ulcère de Burili est une maladie rare à l’échelle mondiale, nous pouvons parler d’une épidémie dans la Mornington Peninsula » a déclaré le professeur Tim Stinear, du Peter Doherty Institute for Infection and Immunity.

Le professeur associé Matthew Todd de l’University of Sydney a également reconnu la gravité de la situation, en expliquant que « la hausse du nombre de cas sur ces 20 dernières années est choquante, en particulier dans le Victoria ».

Ella Crofts, une étudiante de 13 ans affectée par la maladie, a commencé une pétition pour que plus de recherches soient effectuées sur cette maladie mystérieuse. Ce qui a commencé comme une douleur au genou en avril « s’est aggravé lentement, avec mon genou devenant gonflé et enflammé, jusqu’à ce qu’un jour, la peau commence à se décomposer » peut-on lire sur la pétition de la jeune fille.

La bactérie responsable, Mycobacterium ulcerans, est proche de celles provocant la tuberculose et la lèpre, selon le professeur associé Sanjaya Senanayake de l’Australian National University.

Malgré le fait que l’ulcère de Buruli ne soit pas mortel, un traitement efficace peut être compliqué et très long puisque peu d’informations existent à son sujet. Par ailleurs, les antibiotiques provoquent des effets secondaires ; un diagnostic retardé peut en outre déboucher sur des complications sévères, pouvant nécessiter le recours à la chirurgie plastique.

Malgré plusieurs traitements antibiotiques, la blessure d’Ella Crofts empire de jour en jour. Elle a été opérée plusieurs fois pour retirer les tissus nécrosés mais n’est toujours pas guérie.

La maladie, aussi connue sous les noms d’ulcère de Bairnsdale ou ulcère de Daintree, est répertoriée par l’OMS comme maladie tropicale orpheline, ce qui n’incite pas les groupes pharmaceutiques à développer des traitements efficaces. C’est ce qu’Ella Crofts souhaite faire changer avec sa pétition, en espérant décider le gouvernement fédéral et de l’état à financer la recherche sur la bactérie responsable. Son objectif est de recueillir 10 000 signatures — il lui en manque à peine 500 au moment où nous écrivons ces lignes.

La maladie a déjà infecté plus de 30 pays dans le monde. En Australie, cette pathologie s’attaque principalement aux personnes âgées, mais les plus jeunes peuvent également la contracter selon Sanjaya Senanayake. Si la plupart des cas sont diagnostiqués en hiver, l’infection peut avoir été contractée l’été précédent.

Apparemment, les moustiques et les opossums pourraient jouer un rôle dans la propagation de la maladie, ainsi que l’eau douce.

« Cette épidémie nous rappelle que ces maladies orphelines peuvent également toucher des pays développés, où le manque de traitements efficaces se remarque plus facilement », a conclu Matthew Todd.

 

Source : cosmosmagazine.com


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