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« Une nuit comme un poilu » : l’expérience de lycéens amiénois partagée en Australie

NCT

Ils étaient dix lycéens à accompagner le président Emmanuel Macron en Australie. Ambassadeurs de leur établissement (le lycée Edouard Branly), mais aussi de la Somme – très durement touchée durant la Grande Guerre – ils ont pris la parole au pied de l’Anzac Memorial de Sydney pour raconter le travail de mémoire réalisé en classe cette année. Le Courrier Australien a pu revenir sur le sujet avec Victor et Rémi.

« Le projet nous a été présenté en début d’année » racontent les garçons qui ont rapidement été enrôlés, cédant à l’énergie passionnée de leur professeure d’histoire-géographie Anne-Sophie Bossart. L’idée : passer la nuit dans une tranchée, dans les conditions les plus proches possibles de l’époque des poilus. « Nous n’avions pas de duvet ou couverture, pas de matériel électronique non plus . » Evidemment pas de téléphone portable « ce qui n’avait d’ailleurs pas d’importance » précise tout de suite l’un des lycéens. L’expérience étant partagée avec le lycée professionnel de la Hotoie, ils ont tous profité d’un repas spécial « tranchée », préparé par leurs camarades en hôtellerie-restauration. Au menu : soupe accompagnée de pain, puis haricots blancs avec un modeste morceau de viande. « En réalité, les soldats n’avaient pas la viande, ou très peu » précisent les élèves, avec lucidité.

La nuit s’est ensuite déroulée dans le fracas d’une bande-son conçue par leurs soins avec bruits et voix évoquant le tumulte des affrontements extérieurs. « Nous avions ce site dans la tranchée et un deuxième camp dans la forêt », précisent les garçons. « Nous échangions de lieu toutes les deux heures. » Une manière de se confronter, toutes proportions gardées, à la réalité de vie des soldats, diggers compris, en 14-18 dans la région.

Emus et fiers

Cette aventure, sept garçons (dont eux) et trois filles en 1ère S au Lycée Branly d’Amiens sont venus la raconter à Sydney, devant un parterre de vétérans souvent médaillés et d’invités prestigieux. « Nous avons voyagé dans l’avion de la délégation présidentielle », une expérience unique. Surtout, ils ont pris soin de parler anglais, ce qui n’a pas posé de problème « puisque nous sommes dans une section internationale ». Attentifs à tous les discours prononcés lors de la commémoration dont ils étaient partie prenante avec d’autres jeunes gens du Lycée Condorcet, Telopea Park School et Sydney Grammar, ils se sont dits touchés par ce qui a été évoqué et « émus et fiers » de leur participation.

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L’implication des Australiens dans la Somme, ils la connaissaient déjà en partie. « Nous étudions la guerre durant toute notre scolarité » précisent-ils. Il s’agit donc d’un sujet récurrent pour ces jeunes gens qui vivent sur un territoire marqué par les pertes Aussie, tout près de Villers-Bretonneux. Un de leur camarade de classe s’est d’ailleurs rendu à l’inauguration du Centre Sir Monash le 24 avril dernier, une initiative personnelle qui témoigne de cette douloureuse histoire partagée entre l’Australie et leur région.

Arrivés en même temps qu’Emmanuel Macron, ils repartiront en France par un vol différent. Alors que le président est en Nouvelle Calédonie, eux profiteront de quelques jours de tourisme à Sydney, hébergés en familles d’accueil. S’ils ont hâte d’aller à la plage, ils reviendront peut-être un jour pour « voir du pays ». Près de 7,7 millions de km2 les attendent, un vaste territoire qui nécessitera plus d’une semaine pour être visité.

Valentine Sabouraud

Légendes photos : 1/ « Diggers » à Bullecourt – Australian War Memorial (E00454) 2/ Anzac Memorial de Sydney le 2 mai 3/ Elèves du lycée Branly 4/ Selfie compte facebook  d’E. Macron.

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NCT
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