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mary river turtle

Une tortue punk qui respire par les fesses : nouvelle espèce menacée en Australie

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Arborant fièrement une crête punk verte, cette tortue présente en outre une faculté insolite : elle peut respirer par les fesses. La tortue Mary River, qu’on ne trouve que dans le Queensland dans la rivière du même nom, est devenue célèbre du jour au lendemain — mais pas seulement pour son excentricité.

Car malheureusement, alors que la plupart d’entre nous découvrent cette espèce, la tortue Mary River vient d’être inscrite sur la liste des espèces menacées (liste EDGE pour Evolutionary Distinct & Globally Endangered) de la Zoological Society of London (ZSL).

La liste en question ne manque pas d’espèces bizarres — un lézard sans pattes, la plus grande tortue du monde, un serpent aveugle et un caméléon qui porte le nom de… Tarzan. Mais la tortue Mary River pourrait bien être la plus étrange d’entre elles. « Elle est tout à fait particulière » précise à son propos la description de la ZSL.

En effet : l’Elusor macrurus peut respirer sous l’eau grâce à des glandes spécialisées dans son cloaque — orifice par lequel la tortue peut éliminer urine et excréments et pondre ses œufs. « Cette tortue peut rester jusqu’à trois jours sous l’eau sans remonter à la surface grâce à sa capacité insolite à respirer avec son derrière » explique Rikki Gumbs, de l’Imperial College of London. « Elles ont des glandes spécialisées situées dans leur cloaque qui leur permettent d’absorber l’oxygène présent dans l’eau. »

Mais son trait distinctif le plus spectaculaire est probablement la crête d’un vert pétant qu’un mohawk ne renierait pas, qui pousse sur la tête de certains individus. « Ce ne sont pas des poils mais des algues. La tortue passe tant de temps immergée que certaines finissent pas être couvertes d’algues — et peuvent finir par avoir une coiffure d’un beau vert assez impressionnante ! » s’amuse M.Gumbs.

 

Un animal de compagnie très prisé

D’après le ministère australien de l’Environnement, le déclin rapide de la population de tortues Mary River serait lié au fait que cette espèce était très prisée comme animal de compagnie dans les années 70 et 80, lorsqu’on la surnommait tortue Penny— elle n’a été reconnue comme espèce distincte qu’en 1994.

« La tortue Mary River est très longue à atteindre la maturité sexuelle, certains individus ne commençant à se reproduire qu’à l’âge de 25 ans », explique la ZSL.

La destruction de leur habitat naturel ainsi que la collecte de leurs œufs pour la vente des tortues en animalerie ont contribué à la mise en danger de l’espèce. « Les reptiles sont un peu les parents pauvres des efforts de conservation, par rapport aux oiseaux ou aux mammifères », ajoute Gumbs. « Comme pour les tigres, les rhinocéros ou les éléphants, nous devons faire notre possible pour sauver ces animaux uniques et souvent négligés. »

La liste EDGE des reptiles menacés comprend également un serpent aveugle de Madagascar — qui ressemble à un vers de couleur rose et passe son temps à creuser le sol forestier — la tortue d’eau douce « au nez de cochon », qui utilise son appendice nasal comme un tuba et la tortue luth, qui peut peser jusqu’à 900 kg.

 

Source: AFP


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nbarney
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