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Université de Sydney : un cours sur le harcèlement sexuel tourné en dérision

franckprovost

A l’université de Sydney, un cours obligatoire sur le harcèlement sexuel expliquant qu’il faut recevoir un « oui enthousiaste » avant d’embrasser quelqu’un a été tourné en dérision par les étudiants. Selon eux, il s’agit juste pour l’université de faire semblant de prendre part à la campagne actuelle contre le harcèlement sexuel, portée par le mouvement #metoo.

Le module en ligne présente des animations avec des bonhommes stylisés et spécifie « Si quelqu’un ne peut pas répondre par l’affirmative et de manière enthousiaste à vos questions concernant des activités sexuelles communes, c’est que vous n’avez pas son consentement. » Il précise également que se toucher et s’embrasser font partie des activités sexuelles.

Mais certains étudiants font remarquer qu’il est impossible de demander un « oui enthousiaste » avant d’embrasser quelqu’un. « C’est un peu irréaliste, personne ne va poser la question à quelqu’un avant de l’embrasser et attendre qu’il lui réponde oui, » explique Eleni Vellios, une étudiante. Pour cette autre élève, Claudia Reed, ce module a été mis en place pour des raisons politiques. « C’est une façon pour l’université de dire ‘on a joué notre rôle’ dans ce mouvement, mais ça ne va rien résoudre » ajoute-t-elle. « En tant que personne normale, je trouve ça tellement stupide. Ceux qui auraient besoin qu’on leur apprenne ce qu’est le consentement ne vont pas être aidés par ce module, ça ne les fera pas changer d’avis. »

Tous les étudiants qui entrent à l’université cette année devront valider ce module, même s’ils n’ont pas besoin de le faire avant de participer aux cours.

Le vice-président de l’université, Michael Spence, a défendu cette initiative, disant que l’université n’allait pas « s’excuser d’ouvrir la discussion sur le consentement et d’aider les étudiants sur ce point délicat. » « Les agressions sexuelles et le harcèlement sont des problèmes très sérieux et difficiles que toutes les universités rencontrent, tout comme la communauté au sens large » a-t-il déclaré.

Un rapport de l’Australian Human Rights Association de 2017, suivant une étude nationale réalisée sur 39 universités et qui avait interrogé plus de 30 000 personnes, avait révélé que plus de la moitié des étudiants avaient été sexuellement harcelés en 2016 et 7% avaient subi au moins une agression sexuelle.

Le module « Consent Matters » (le consentement, c’est important) développé par Epigeum, une société londonienne, utilise des dessins de bonhommes pour apprendre aux étudiants à demander le consentement, à savoir le reconnaître et à identifier les situations dans lesquelles il n’est pas possible de l’obtenir, d’après sa description en ligne. D’autres universités devraient le mettre en place également, notamment l’ANU et l’Université de Wollongong.

D’après l’experte en criminologie Bianca Fileborn, il y a peu de preuves qu’un cours isolé comme celui-ci puisse avoir un impact à long terme ; elle ajoute que pour être efficace, il est nécessaire qu’il « s’inscrive dans un programme beaucoup plus large ».

Source: AFP

 

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NCT
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