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Vers la fin du tourisme d’orphelinat

franckprovost

L’une des plus grandes agences de « volontourisme » a décidé d’arrêter le tourisme d’orphelinat, alors qu’enfle la polémique autour de cette pratique.

Projects Abroad a facilité le départ de nombreux volontaires dans des orphelinats du monde entier, notamment en Afrique et en Amérique du Sud ces vingt dernières années, mais elle mettra fin à ce type d’activité début 2018.

Cette décision fait suite à une enquête sur « l’industrie » organisée autour des orphelinats. Celle-ci a en effet démontré qu’une grande partie des enfants dans ces établissements avaient encore des proches en vie. «Il est à présent évident que derrière de nombreux pseudo-orphelinats se cache du trafic d’enfants», a déclaré Will Pashley, le directeur de Projects Abroad en Australie. « Nous pensons que ce n’est pas le cas des établissements avec lesquels nous avons travaillé, mais nous sommes très préoccupés par l’expansion de ce phénomène. »

L’enquête d’une commission parlementaire australienne a découvert que beaucoup d’enfants dans ces établissements ne sont pas orphelins et qu’ils sont, en réalité, exploités. Lyne Reynolds, sénatrice d’Autralie Occidentale et membre de la commission parlementaire l’explique : « Ce sont en général des enfants issus d’un milieu très pauvres, qui sont kidnappés ou achetés pour satisfaire la demande générée par les touristes au grand cœur. »

Ce type de volontourisme est présenté comme une manière de voyager tout en aidant la population locale ; des milliers d’Australiens souscrivent à cette formule chaque année.

Cependant, selon le groupe ReThink Orphanages, ces institutions empêchent ou rendent difficile le développement des enfants, et les touristes qui y interviennent, du fait de la courte durée de leur séjour, aggravent leur sentiment d’abandon. Selon Leigh Mathews, coordinateur de ReThink, plus de 90 % des enfants dans ces orphelinats ont encore un proche. «La plupart des enfants ne devraient pas être là, et nous sommes conscients que le fait de grandir en orphelinat les affecte profondément» a-t-elle expliqué.

Après World’s Challenge en septembre, Project Abroad est la seconde agence à renoncer au tourisme d’orphelinat ces dernières mois. L’agence collaborait avec un peu moins de 20 orphelinats situés dans sept pays, dont la Tanzanie, la Bolivie et l’Ethiopie. La fin de ces partenariats ne signifie pas pour autant que ces institutions fermeront. Elles peuvent en effet se tourner vers d’autres agences du même type qui n’ont pas suivi la même démarche et seront heureuses d’y placer des bénévoles. Certains orphelinats essaieront peut-être de trouver d’autres solutions pour les enfants. Selon Mme Mathews, la meilleurs alternative reste le retour dans leur famille ou leur placement dans une famille d’accueil, même si la réintégration dans une structure familiale est très délicate et prend du temps.

14% des écoles australiennes et la moitié des universités ont les liens avec des orphelinats à l’étranger. L’Australie est le premier pays à avoir reconnu le tourisme d’orphelinat comme une forme d’esclavage moderne suite à l’enquête de la commission parlementaire. Reste à présent à légiférer pour couper court à cette pratique, et à éveiller les consciences. « Les Australiens seraient horrifiés de savoir qu’en soutenant ces orphelinats, ils financent le trafic et l’abus d’enfants», souligne la sénatrice Reynolds. «Nous sommes en train de mettre sur pied une campagne de communication à destination des associations religieuses, scolaires, des clubs et de toutes les personnes qui se rendent à l’étranger avec les meilleures intentions afin qu’ils le fassent en étant bien mieux informés. »

 

Source : abc.net.au

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