fbpx
Copyright LE COURRIER AUSTRALIEN 2016
HomeActuVisite d’E. Macron : côté enseignement, qu’en attendent les Français de Melbourne ?
MACRON (3)

Visite d’E. Macron : côté enseignement, qu’en attendent les Français de Melbourne ?

nbarney

Alors que le président Emmanuel Macron, en visite en Australie, s’apprête à évoquer les projets d’écoles française et australienne, tour d’horizon non-exhaustif des attentes à Melbourne*. Dépourvue de lycée, mais riche en options pour les plus petits, la ville fait valoir des besoins à mi-chemin entre ceux de Sydney et ceux de Brisbane ou Adélaïde. Dans un contexte tendu où le budget de l’AEFE** a été amputé de 8% (avant un retour à la normale cette année, selon les dires de l’exécutif)… que demande-t-elle ?

Un lycée français ou un baccalauréat spécifique 

« J’attends que mes enfants maîtrisent le français à l’oral comme à l’écrit, déclare Géraldine, aussi je les inscrirai au collège bilingue de Auburn High School jusqu’en 3ème ». Oui mais après ? Dans un monde idéal, cette enseignante aimerait une offre qui englobe un lycée français comme à Sydney ou Canberra, un souhait qui revient souvent dans les discussions mais qui interroge aussi sur le coût d’un tel projet – quid des frais de scolarité ? Et sur la demande réelle : le nombre d’élèves de secondaire potentiellement concernés serait-il suffisant ? Pas sûr, même si l’attrait pour les entreprises françaises en serait décuplé, d’après certains. A défaut, Géraldine évoque une validation des connaissances spécifiques qui combinerait le meilleur du VCE et du diplôme hexagonal, « une solution alternative, ni bac français ni bac international, mais qui aurait la même reconnaissance à l’étranger, par exemple aux Etats-Unis ou au Canada. »

Un meilleur accueil dans le système français au retour

Svetlana, elle, a choisi l’option tout australien, avec un suivi du CNED en plus, une solution proposée par Glen Eira College qui la rassure surtout par la notation. « Ici, les bulletins scolaires sont appréciatifs. On évalue le niveau d’acquisition des connaissances, sans notes sur vingt comme en France. » Ce qui peut-être déstabilisant, surtout en cas de retour au pays. Difficile de faire reconnaître la qualité du travail fourni par les enfants dans les établissements australiens. « Pourtant, apprendre dans une autre langue, s’adapter à un fonctionnement différent, cela demande un gros investissement de la part des élèves. » Des efforts mal reconnus dans les établissements en France. Quant à la possibilité d’intégrer un cursus international dans l’hexagone, elle relève du parcours du combattant. Les établissements privés sont coûteux et les solutions publiques, comme le Lycée International de Saint-Germain-en-Laye, très sélectives et trop demandées. Pas facile pour cette maman qui n’a pas de visibilité à deux ans.

Cap sur le bilinguisme dès le plus jeune âge

Chez les plus petits, la question du bilinguisme français/anglais prime absolument – certains pensant même à faire apprendre trois langues à leurs enfants. Or, les parents ressentent « un manque » en la matière. Si près de quatre maternelles*** sont actives à ce jour – plutôt un point positif – l’offre qui la prolonge reste « limitée » avec un projet à Geelong et deux écoles primaires seulement à Melbourne (Caulfield Junior College et Camberwell) qui fonctionnent essentiellement avec la sectorisation « ce qui les rend inaccessibles pour beaucoup de famille » déplore Camille sur le groupe Mamans à Melbourne de Facebook. Les places sont comptées et donc prisées. Certaines mères, comme Émeline, se disent prêtes à déménager pour se rapprocher d’un établissement ou même à mettre la main au porte-monnaie. Elles regrettent que ce ne soit pas plus facile, ou plus aidé. Aurélie dénonce, par exemple, le coût mensuel intenable pour une scolarisation à 3 ans. Quant à Iris, elle aimerait une offre bilingue localisée dans le nord de Melbourne, bien moins pourvu dans ce domaine malgré une prometteuse Ecole du Samedi.

Privilégier la qualité avec l’AEFE

Pour Laure, si la question du nombre de places est cruciale, elle tempère. « Pour moi, la qualité est plus importante encore, car le primaire est fondamental dans les apprentissages. A cet égard, je considère positivement le soutien de l’AEFE à Caulfield. Avoir le feedback et les conseils de l’agence à un rythme annuel serait idéal. » Ensuite, elle rêverait de fonds pédagogiques plus importants et de formations pour les professeurs. A sa suite, Géraldine espère une mise en commun des ressources éducatives pour la zone Asie-Pacifique, pourquoi pas ? En attendant, insiste Laure : « A Caulfield, le bon fonctionnement de l’école repose surtout sur l’implication des parents d’élèves et le crowdfunding. » Elle souligne toutefois combien le soutien de la Consule Générale Honoraire de France à Melbourne et de l’ambassade ont pu aider dans les discussions. Mariée à un Australien, elle ne veut pas faire une croix sur la transmission de sa langue maternelle à ses enfants, même si les écoles privées ont des atouts : « Pour moi, valoriser le français, c’est important pour le rayonnement de mon pays. »

Valentine Sabouraud

* Melbourne représente 20% des 25 620 Français enregistrés au consulat fin 2017 – sans compter les non-inscrits, donc, ou personnes de passage. **Agence pour l’enseignement français à l’étranger. ***La Grande récré, La Petite Ecole, Almost French, Brookville…

———————————————–

N’oubliez pas de nous suivre sur Facebook et Instagram, et de vous abonner gratuitement à notre newsletter.

Des idées, des commentaires ? Une coquille ou une inexactitude dans l’article ? Contactez-nous à l’adresse redaction@lecourrieraustralien.com

Comments
nbarney
Share With: