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Did you know: À l’occasion des élections législatives de mai, petit tour d’horizon de la vie politique australienne

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Les Australiens sont appelés aux urnes le 18 mai prochain pour les élections sénatoriales et le 2 novembre pour renouveler la Chambre des Représentants.  Ce rendez-vous démocratique est l’occasion de (re)découvrir ensemble l’architecture du système politique australien et les grandes lignes de la vie politique de ce pays.

UNE DÉMOCRATIE PARLEMENTAIRE BASÉE SUR LE SYSTEME BRITANNIQUE 

Ratifiée par le Parlement britannique en 1901, la Constitution de l’ensemble des 6 colonies australiennes donne naissance à l’État fédéral australien moderne que l’on connaît aujourd’hui. Ayant obtenu leurs indépendances respectives de la Couronne britannique entre 1855 et 1890, les 6 colonies, aujourd’hui appelées  »États », entendent alors créer un  »pouvoir législatif de la Fédération » composé  »d’un Sénat et d’une Chambre des Représentants » ( article 1). À cela s’ajoutera un  »gouverneur général nommé par la Reine’‘ ( article 2 ).

D’emblée donc, les constituants entendent poser les bases d’une démocratie à l’anglaise de type parlementaire bi-camérale. Elle sera alors composée d’un Chef de l’Etat, le gouverneur général, aujourd’hui Sir Peter Cosgrove, représentant de la Reine Elisabeth II et de deux chambres législatives.

Le rôle du gouverneur général est essentiellement honorifique mais c’est tout de même lui qui convoquera les élections de la Chambre des Représentants en novembre.  C’est de cette chambre que provient l’actuel Premier Ministre, Scott Morrison, membre du Parti Libéral, ainsi que les membres du gouvernement en coalition composé d’élus libéraux et conservateurs.

Composée de 150 députés élus au suffrage universel direct par circonscription, la Chambre basse a la faculté de renverser le gouvernement, soit en adoptant une motion de censure, soit en refusant d’adopter le budget.

Le Sénat est chargé de représenter les  »États et territoires » de la Fédération australienne. Chaque État recevant un nombre respectif de 12 sièges contre 2 pour les territoires. Contrairement au Sénat britannique, cette chambre est entièrement élue au suffrage universelle direct et scrutin proportionnel.

UNE CULTURE POLITIQUE ANGLO-SAXONE DU COMPROMIS : DE NOMBREUSES COALITIONS ET ALTERNANCES

Gouvernant au gré des coalitions et des alternances depuis 1945, trois partis se partagent le pouvoir et anime la vie politique australienne.

Issu du mouvement syndicaliste, l’Australian Labor Party est le plus vieux parti d’Australie, présent dès 1901 et la création de la Fédération. Renonçant au marxisme dès ses débuts, l’ALP est un parti social-démocrate rassemblant aujourd’hui surtout les classes moyennes et une certaine élite culturelle urbaine. Favorable au maintien d’un relatif État providence en Australie, il accompagne les lois de flexibilisation du marché du travail tout en cherchant d’autres protections pour les salariés.

Emmené par son leader Bill Shorten, l’ALP pourrait espérer gouverner dans un gouvernement de coalition après les élections parlementaires. L’ALP arrive en effet systématiquement en tête dans les sondage depuis décembre 2017, selon les agences de sondages Newspool, Essential et IPSOS. 

Entre 1996 et 2007 et maintenant depuis 2013, Le Parti libéral d’Australie du Premier Ministre Scott Morrison ainsi que le Parti National d’Australie, se partagent le pouvoir. Ils forment une coalition libéral-conservatrice. Représentant les intérêts agricoles et la bourgeoisie d’affaire patronale des grandes métropoles, ces deux parties s’entendent sur la nécessité de doper la compétitivité australienne afin de favoriser les exportations.

Autour de ces trois  »grands » gravitent une poignée de partis, formant parfois des coalitions dans des gouvernements exécutifs régionaux. Parmi eux, le Parti Libéral Rural, qu’on ne retrouve que dans le Territoire du Nord et qui est membre de la coalition gouvernementale libérale-conservatrice. Depuis une dizaine d’année également, l’Australian Greens, un parti écologiste de gauche radicale monte peu à peu en puissance au Sénat et espère confirmer cette dynamique aux élections sénatoriales de mai prochain.

COMPROMIS OU INSTABILITÉ CHRONIQUE ? 

Si les trois grands parties structurant la vie politique australienne ont peu ou prou garantit une relative stabilité au pays depuis 1945, ces derniers sont cependant en proie à d’importants déchirements internes depuis une dizaine d’année. Arrivé au pouvoir en 2007, le Premier Ministre travailliste Kevin Rudd fût renversé par un vote interne trois ans plus tard emmené par Julia Gillard, une autre élue travailliste.

En 2015 cette fois, c’est au tour de la coalition libérale-conservatrice de se déchirer. Le libéral Tony Abbott est alors forcé de démissionner face à une fronde interne du parti Libéral : Malcolm Turnbull devient alors Premier Ministre jusqu’au mois août 2018. Cette fois pressé par l’aile conservatrice pour renforcer le contrôle aux frontières, ce dernier est finalement déposé par l’actuel chef du gouvernement Scott Morrison. L’Australie prend alors un virage plus à droite.

Ce comportement cannibale au sein des partis favorisant une valse  gouvernement depuis 10 ans menace ainsi la stabilité économique du pays et commence à irriter le milieu d’affaire australien. Le PDG de la compagnie aérienne australienne Qantas, Alan Joyce, manifeste en effet sa «déception» et sa «frustration» face au désordre de la scène politique, accusant les concernés de troubler la confiance des investisseurs.

 

 


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