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A Melbourne avec François-Pier Pélinard-Lambert, le cinéphile qui aime les séries

franckprovost

Rédacteur en chef du Film Français, François-Pier Pélinard-Lambert est en ce moment dans la capitale du Victoria pour le festival Series Mania Melbourne, auquel il a largement contribué. Pour nous, il revient sur les coulisses de l’événement, les séries à ne pas manquer et les liens particuliers qui l’attachent à l’Australie.

Tout a commencé en France il y a neuf ans. L’idée : élaborer un rendez-vous qui donne de la visibilité grand public aux séries et permette aux professionnels (acteurs, auteurs, distributeurs, producteurs…) de se rencontrer dans un contexte qui ne soit pas un marché. Lancé en 2009, le festival Séries Mania s’installe d’abord au Forum des images à Paris, puis arrive à Lille. Journal professionnel bien connu, Le Film Français y est associé dès le départ. « Je suis rapidement devenu conseiller éditorial et c’est ainsi que j’ai finalement été approché par l’ACMI (Australian Centre for the Moving Image) qui s’intéressait beaucoup au sujet » explique François-Pier.

Il faut dire que le cinéphile connaît bien l’Australie. « Même si les 25 heures de voyage ne sont pas agréables, je viens régulièrement depuis des années. » Familier de la création australienne et proche des réseaux professionnels, il prend en charge dès le début l’organisation du festival à Melbourne, signant notamment la sélection. « Il ne s’agit pas de reprendre à l’identique la version européenne de Séries Mania, mais de l’adapter. En conséquence, le programme est un peu différent. Il y a un équilibre géographique à trouver. »

Insoupçonnable : projetée à Melbourne avant d’être diffusée en France

Cette année pour sa deuxième édition, le festival présente 23 œuvres dont pas mal de séries australiennes et deux françaises. « Insoupçonnable » est en première internationale. Je peux même préciser que la série n’a pas encore été vue à la télévision française, puisqu’elle sera diffusée à l’automne. » Une opportunité pour les Australiens. « Quant à « Maman a tort », elle a permis à son actrice principale (Anne Charrier) de recevoir un prix et je pressens qu’elle va passer sur SBS – je ne pense pas trop m’avancer en vous confiant cette intuition. »

Les séries françaises ont la chance d’être bien diffusées sur SBS ou sur la Fox. A l’inverse les créations australiennes ont-elles une grande visibilité en France ? « Les 7 vérités (Seven Types of Ambiguity) ont été vues sur Arte, et Canal + a présenté Picnic at Hanging rock… ce n’est pas si mal. » Surtout comparé au cinéma. En effet, le 7ème art, plutôt pointu et d’auteur australien, a du mal à s’exporter. Dernière sortie « digne de ce nom » dans l’hexagone : Mad Max Fury Road… qui vient après les gros cartons Muriel ou Priscilla folle du désert. Des films de référence certes, mais qui commencent à dater. Quant aux acteurs australiens, ils percent surtout lorsqu’ils arrivent à Hollywood. Qui connaissait Margot Robbie avant Le Loup de Wall Street ? Pourtant, elle n’a pas attendu ce film pour tourner.

Les séries circulent davantage car il y a plus d’écrans et moins de frontières

Pour François-Pier cependant, cette histoire d’exportation vaut pour tous les types de cinéma. En France, les films d’auteur italiens ne sont guère mieux lotis que leurs équivalents australiens. « Les séries circulent davantage car il y a plus d’écrans et moins de frontières. Voyez le nombre de plateformes : de chez vous, il est facile de passer d’une série à une autre, d’une saison à une autre. Finalement, c’est la loi de l’offre et de la demande. »

Et du point de vue créatif, est-il vrai que les séries d’aujourd’hui sont meilleures que les longs-métrages qui sortent en salle ? « Non, je ne pense pas. Tout est question d’ADN. Les séries permettent de creuser les personnages, d’installer une ambiance, de développer une histoire… le temps y est plus long. Certains scénaristes de talent sont curieux de suivre ce fil, mais pour moi, il y a une offre double dont la qualité se maintient. » Nous voilà rassurés.

Là dessus, François-Pier accepte de nous livrer son top 5 des séries à voir au festival à Melbourne (voir ci-dessous). Il repartira dimanche pour la France avant de revenir pour un mois en décembre. Dans les années à venir, d’autres voyages l’attendent : en Argentine ou en Asie où le festival Séries Mania doit faire des petits. Une histoire à suivre…

Valentine Sabouraud

Photo d’ouverture : François-Pier Pélinard-Lambert par Jacques Bourguet.

Les 5 recommandations de François-Pier Pélinard-Lambert (même s’il aime la totalité de la sélection, cela va sans dire) :

Série russe, An ordinary woman brosse un destin de femme difficile porté par une belle actrice. Autonomies est une série d’anticipation israélienne qui imagine la cohabitation de deux états dans un proche avenir, un récit fort. The Day, création belge, raconte les différentes facettes d’une prise d’otages de façon vraiment maline et il est presque sûr que les américains vont miser sur un remake. Patrick Melrose retrace l’histoire d’un aristocrate qui porte en lui le poids d’un viol subi dans son enfance. Beaucoup d’humour noir et un rôle dans la série qui a valu à Benedict Cumberbatch une nomination aux Emmy. Enfin, je recommande la série australienne Fighting Season sur le retour chez eux de soldats ayant combattu en Afghanistan. Comment survit-on à la guerre ? Bonne question.

Series Mania Melbourne du 19 au 22 juillet à l’ACMI, Federation Square, Melbourne. Entrées gratuites sur réservation (sauf journée professionnelle). Plus d’informations ici.

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