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Affaire Kerambloch : l’avocat répond sur l’absence du Français à son procès

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Suite au début de polémique concernant le refus du Français, Jean-Christophe Kerambloch de se présenter à son procès en Australie, Le Courrier Australien a contacté l’avocat à la Cour chargé du dossier, Maître Pinelli. Ce dernier nous donne sa version des faits, après un premier article relayé par notre rédaction. Voici le contenu de son courrier :

« Mon Client tient en premier lieu à témoigner son plus profond respect aux membres de la famille de Monsieur Michael LORNE, et à leur souffrance.

L’accident tragique dans lequel il a été impliqué le 19 juillet 2016 à Kalbarri, et au cours duquel Monsieur LORNE a perdu la vie, l’a lui-même profondément affecté et occupe chacune de ses pensées.

Ses 15 années de services au sein de la Marine nationale ont révélé les solides valeurs morales de Monsieur KERAMBLOCH et sa capacité à assumer ses responsabilités.

Jamais au cours de la procédure judiciaire dont il a fait l’objet il n’a tenté, d’une quelconque façon, d’atténuer son implication.

Il a ainsi participé avec la plus parfaite transparence aux investigations conduites par les autorités australiennes, et s’est plié à l’ensemble les exigences qui lui ont été imposées dans le cadre de son contrôle judiciaire.

Il convient à ce titre de souligner que les analyses auxquelles il a été procédé ont révélé que mon Client n’était pas sous l’emprise d’alcool, de stupéfiant ou d’un quelconque produit toxique lors de l’accident, conformément d’ailleurs à son hygiène de vie.

Il ne lui pas davantage été reproché d’avoir volontairement adopté une conduite dangereuse.

Monsieur KERAMBLOCH a donc été contraint de demeurer sur le territoire australien du 19 juillet 2016, date de son interpellation, au 25 mai 2017.

Durant cette période il a naturellement dû subvenir à ses besoins, sans pour autant être autorisé à travaillé.

Il a néanmoins souhaité mettre sa formation militaire au service de la communauté.

A titre bénévole, il a ainsi rejoint une équipe de sauveteurs en mer durant 9 mois à Geraldton, puis a suivi une formation à Saint John afin d’être recruté en qualité de pompier volontaire.

Cette situation, qui s’est prolongée durant près d’une année, a eu de graves répercutions sur son équilibre familial et patrimonial.

Il est particulièrement regrettable, tant pour mon Client que pour la famille de la victime, que son procès ait été reporté à deux reprises :

– Une première fois au mois de février 2017, alors que je l’assistais devant le Tribunal de Geraldton aux côtés de mon Confrère George GIUDICE. Le Juge en charge du dossier avait constaté qu’il ne reconnaissait qu’une partie des faits qui lui étaient reprochés, et en conséquence avait reporté l’audience afin qu’il comparaisse devant un jury populaire.

– Une deuxième fois au mois de mai, le jury étant cette fois réuni mais aucun interprète en langue française n’étant en mesure de l’assister.

Nous avons obtenu à cette occasion l’autorisation pour mon Client de quitter l’Australie et de regagner la France, moyennant le versement d’une caution. Monsieur KERAMBLOCH a ainsi retrouvé sa famille le 26 mai dernier et entamé les démarches les plus urgentes pour rétablir sa situation et celle de son entreprise. Il lui tenait principalement à cœur de veiller sur son père, atteint d’une grave maladie et hospitalisé en région parisienne.

Son jugement devait donc débuter le 24 juillet dernier, cette fois-ci à Perth.

Il a constaté à la fin du mois de juin qu’il lui était impossible d’obtenir un visa. Nous avons immédiatement pris attache avec les autorités consulaires et judiciaires australiennes pour les en aviser. Ce n’est que le 14 juillet que nous avons été informés de la délivrance d’un « criminal justice visa », sensé autoriser son entrée sur le territoire australien. Par ailleurs, aucune garantie ne nous a été donnée s’agissant de la disponibilité d’un interprète en langue française.

Compte tenu du report des deux précédentes audiences, mon Client a dû considérer l’hypothèse selon laquelle, si toutefois il parvenait à atteindre l’Australie en l’état de ce visa, il pourrait ne pas être jugé le 24 juillet. Une nouvelle demande d’autorisation aurait alors été nécessaire pour qu’il puisse regagner la France, ce qui l’aurait sans doute contraint à demeurer encore plusieurs mois en Australie.

Cette incertitude, à laquelle s’ajoutent la maladie de son père et sa volonté de ne pas compromettre davantage sa situation familiale et la survie de son entreprise, l’ont conduit à demeurer en France.

Nous avons immédiatement sollicité sa comparution par visioconférence devant le Tribunal de Perth, mais cette solution n’a pu être retenue. »


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franckprovost
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