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AFLW : Les femmes aussi jouent au football australien au plus haut niveau

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Il n’y a jamais eu dans l’histoire du sport féminin en Australie, un moment aussi propice à l’émancipation des athlètes féminines.

L’année dernière, la première ligue féminine de football australien (AFLW) a été créée. Ce sport, réputé rugueux et bagarreur, au look masculin, a toujours été réservé aux hommes. La création d’une ligue féminine apparaît donc comme une révolution dans le monde du sport.

Les premières concernées ont elles-mêmes du mal à le croire. «Je me souviens quand j’étais plus jeune, je jouais au football australien avec mes frères dans le jardin. Jamais je n’aurais pensé que des filles puissent jouer en direct à la télévision. Et maintenant, avoir l’opportunité de jouer devant des milliers de supporters et téléspectateurs, c’est un rêve qui devient réalité » s’extasie Meg Downie, joueuse au Melbourne Football Club, au micro d’ABC.

Kelli Underwood, commentatrice AFL, confie quant à elle à à un journaliste d’ABC: «La création de l’AFLW dépasse les frontières du sport. C’est un changement social, c’est un mouvement qui se met en route, c’est l’accomplissement de la lutte pour la parité.»

Des codes et des représentations sportifs qui évoluent 

Aujourd’hui, ce n’est plus un tabou pour une femme d’enfiler une paire de crampons et d’aller jouer dans la boue. De nouvelles opportunités s’offrent à elles car les codes et représentations sportifs évoluent. Ce changement est flagrant au niveau des chiffres. Le football australien féminin est le sport qui se développe le plus rapidement dans le pays avec un nombre de licenciées qui ne cesse de croître.

La création de l’AFLW est donc un véritable succès. En 2017, les matchs ont attiré 198 000 spectateurs dans les stades, soit une moyenne de 6 828 supporters par match. Le championnat a démarré pour ses deux premières saisons avec 8 équipes : les Crows d’Adélaide, les Lions de Brisbane, les Blues de Carlton, les Magpies de Collingwood, les Dockers de Fremantle, les Giants de Sydney, ainsi que les Demons et les Bulldogs de Melbourne. Après la ferveur de cette première saison, l’AFLW voit grand avec un projet de championnat à 14 équipes prévu pour 2020.

Un jeu féminin en péril à cause de logiques commerciales 

Cette saison, l’excitation s’est un peu dissipée. Les dirigeants de l’AFLW cherchent à bâtir de solides bases pour instaurer un développement viable. L’argent perçu pour les droits de diffusion est un enjeu crucial. Durant les deux premières saisons, Channel 6 et Fox Sports ont pu bénéficier de droits gratuits. Mais à l’avenir, l’ambition est de dégager des revenus grâce à la diffusion des matchs, et ainsi développer le championnat et le statut de joueuse féminine.

En 2018, inquiets des faibles scores après la quatrième journée de championnat, les dirigeants de l’AFLW ont envoyé un message d’avertissement et des recommendations aux entraîneurs des équipes. L’objet? Rendre les matchs de football australien féminin plus attractifs. Ils regrettent des tactiques trop défensives et un nombre insuffisant de points inscrits durant chaque rencontre. Pour eux, le football australien féminin ne serait pas assez sensationnel et divertissant pour permettre d’attirer des sponsors et créer des droits de diffusion TV.

La ligue demande ainsi aux joueuses et staffs de « faire le show » au détriment du résultat final. Face à cette nouvelle politique, les équipes sont montées au créneau. « Nous voulons bien évidemment produire un jeu agréable à regarder pour les supporters et téléspectateurs. Mais c’est aussi une compétition. En tant que joueuse, on se soucie peu de l’aspect esthétique. Nous on joue pour gagner» a rappelé  la capitaine des Blues, Brianna Davey, au journal The Guardian.

Les dirigeants de l’ALFW seront donc amenés à effectuer des choix. Souhaitent-ils développer le football australien féminin en étant en accord avec les équipes? Ou bien, souhaitent-ils bénéficier de l’argent des sponsors au détriment des joueuses?

Des salaires reflétant la perpétuelle inégalité entre hommes et femmes dans le monde du sport 

La question des salaires est évidemment un enjeu de développement important. Durant la saison 2017, le salaire moyen était de 10 500$. C’est bien en dessous du salaire minimum.  Les joueuses doivent jongler  au quotidien avec une autre activité professionnelle. Les salaires ont été revus à la hausse pour la saison 2018. Dorénavant les joueuses, selon leur ancienneté, sont payées respectivement 10 500$ (contre 8 500$ en 2017),  14 500$ (contre 12 000$ en 2017) et 30 000$ (contre 27 000 en 2017). Cette somme reste dérisoire comparé à la moyenne des 350 000$ pour les joueurs masculins. Malgré la création d’une ligue de football australienne féminine, les joueurs et les joueuses ne bénéficient toujours pas des mêmes conditions pour exercer leur sport.


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franckprovost
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