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Aircalin aura besoin d’aide pour surmonter la pandémie

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La compagnie aérienne Aircalin, qui dessert le Pacifique Sud depuis la Nouvelle-Calédonie, aura besoin d’une aide publique en attendant une reprise du trafic une fois passée la crise sanitaire, a indiqué mardi son directeur général.

Aircalin, malgré un chiffre d’affaires réduit à 20% de son niveau d’avant la pandémie de Covid-19, “a tenu et elle tiendra encore un certain nombre de mois”, a affirmé Didier Tappero à l’AFP.

L’entreprise, détenue à 99,4% par le gouvernement de Nouvelle-Calédonie, dessert normalement dix destinations, dont Wallis et Futuna et Tahiti, ainsi que le Japon, la Nouvelle-Zélande et l’Australie. Elle exploite trois appareils: deux Airbus A330neo et un A320neo.

Mais malgré l’aide des autorités locales et la poursuite de liaisons consacrées au fret, “les difficultés économiques vont arriver dès le début de l’année prochaine” quand Aircalin sera au bout de sa trésorerie, a souligné M. Tappero, venu à Paris discuter avec l’administration de moyens d’aider l’entreprise à traverser la crise.

Aircalin a déjà bénéficié fin 2020 d’un prêt garanti par l’État de 40 millions d’euros, qui représente le quart de son chiffre d’affaires 2019. Elle avait jusqu’alors résisté sur ses propres fonds, sa situation avant la pandémie étant solide après cinq exercices bénéficiaires consécutifs.

Aircalin a aussi lancé un plan d’économies qui est passé par une réduction de sa flotte et le report de la livraison d’un deuxième A320neo à fin 2023, ainsi qu’un plan de départ volontaires qui a concerné 100 de ses 500 employés. Les personnels restants ont également accepté de réduire leurs salaires.

Les discussions avec l’État n’en sont qu’au stade préliminaire, mais dans l’hypothèse d’une reprise partielle du trafic de passagers à la fin de l’année puis un retour aux niveaux d’avant-crise en 2024, M. Tappero évalue les besoins de liquidités à “entre quatre et cinq mois de chiffre d’affaires base 2019”, soit une soixantaine de millions d’euros.

La compagnie joue un rôle “stratégique (…), c’est une manière de maintenir une présence française dans cette région du monde”, a argumenté M. Tappero. Avant la crise, Aircalin tirait la moitié de ses revenus des liaisons avec l’étranger.

Alors qu’Australie et Nouvelle-Zélande viennent de lancer une “bulle” permettant à leurs ressortissants de voyager sans quarantaine, la Nouvelle-Calédonie, où le risque de contamination est désormais jugé “très faible” depuis la fin du confinement le 1er avril, aimerait les y rejoindre, mais ces pays “ne sont pas pressés”, a constaté le patron d’Aircalin.

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