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Almost French : à Melbourne, la petite maternelle qui a tout d’une grande !

NYE

L’annonce vient de tomber : Almost French fait partie des dix maternelles bilingues de l’état du Victoria distinguées par le gouvernement en 2018, une reconnaissance officielle pour cette structure fondée il y a 2 ans seulement. Fanny Phillips, sa fondatrice, nous en ouvre les portes, un mercredi matin à Port Melbourne.

On entend déjà du français devant Bubup Womindjeka, le centre pour familles et enfants qui accueille, trois jours par semaine, l’équipe de Almost French. Un papa arrive avec une poussette double, une maman tient son fils par la main. On se salue chaleureusement, on se quitte avec le sourire. Ils sont dix-huit filles et garçons de 3 à 5 ans à être inscrits dans cette école dont l’une des particularités est d’être exclusivement en langue française. « Même si nous comprenons et parlons l’anglais, nous ne l’utilisons jamais » affirme la jeune fondatrice, une discipline rigoureuse qui est aussi un atout majeur pour les enfants.

Classe de Port Melbourne

Une autre Fanny, maman de Flynn, confirme : « ça a changé notre vie. » Son fils a seulement commencé à parler français après être entré à Almost French et cela a complètement modifié les rapports familiaux. « Maintenant, il peut téléphoner à ses grands-parents ou parler avec ses cousins en France », se réjouit-elle. De son côté, Janina explique que son fils, Victor, a gagné en confiance… dans les deux langues. Le seul souci, c’est qu’il a moins envie d’aller au kindergarten australien : il préfère la maternelle française. Malheureusement, pour des questions de disponibilité de salle, Almost French n’est ouverte à Port Melbourne que les lundi, mardi et mercredi en 2018. Tout cela changera l’année prochaine avec le jeudi en plus à Bubup Womindjeka et l’ouverture d’un deuxième site… à South Yarra !

Fanny Phillips sourit, admettant qu’elle est chanceuse d’avoir un si grand soutien de la part des parents. Elle est également fière d’avoir contribué à créer un « esprit de communauté » grâce à des fêtes régulières et une communication étroite avec les familles. Les parents savent toujours ce que font les enfants : un grand cahier l’explique et un « blog » fermé relaie les informations avec des photos en plus.

La curiosité est le moteur pédagogique

L’une des mascottes de l’école

Côté programme, Almost French suit les directives françaises (graphisme, numération, lecture…), mais en se laissant guider par les centres d’intérêt des petits. « Nous n’avons rien de préétabli et cette adaptabilité fait notre différence » explique Fanny Phillips pour qui l’approche par projet est essentielle. « La curiosité est le moteur pédagogique… pas les polycopiés » précise-t-elle. A cela, ajoutez une influence de la philosophie Reggio Emilia et vous comprendrez comment les ressources extérieures peuvent être exploitées à l’intérieur. « En classe, on utilise beaucoup d’éléments naturels tels que des feuilles, des petits bâtons de bois, des fleurs et des rondins » explique Marie-Josée Tremblay, la deuxième institutrice. Almost French met aussi un point d’honneur à veiller aux bons réflexes environnementaux en préconisant moins de plastique, dans les lunch boxes notamment – et maintenant se sont les petits qui éduquent leurs parents.

Le sport, la cuisine et les arts occupent une place importante dans les journées. L’équipe profite ainsi de la présence à temps plein de Takako Osawa, ancienne petite main Chanel reconvertie dans l’éducation. « Nous avons également des profs de yoga et de musique qui viennent nous voir, et ça marche très bien » assure Fanny Phillips. Enfin, la sensibilisation à la culture aborigène est valorisée et la fondatrice est fière du texte « aknowledgement to country* » écrit avec les enfants et récité tous les matins avant le début des activités dirigées.

Les petits restent deux ans au maximum à Almost French et ensuite ? Beaucoup vont à l’école australienne, mais CJC** en accueille aussi – d’ailleurs une journée d’immersion est organisée pour les plus grands. Pour certains parents demandeurs, Fanny Phillips organise une heure de suivi en plus pour ces écoliers de « prep » (CP) mais ça n’ira pas plus loin. Le projet est déjà lourd pour la petite équipe qui grossit à South Yarra l’année prochaine. En outre, Fanny Phillips a une autre casquette : elle propose un service d’échange linguistique entre lycées français et australiens mais ça… c’est une autre histoire.

Valentine Sabouraud

Les classes de 2019 sont déjà presque pleines, mais renseignez-vous ici.

La scolarité, à ce jour, est à 100 $ par jour, ce qui est dans la moyenne des établissements équivalents australiens. Les sites sont situés au 85 Liardet St, Port Melbourne et au 50 Fitzgerald St, South Yarra (2019).

* Cérémonie d’hommage aux premiers habitants du pays ou de la région. ** Caulfield Junior College.

Légende photo d’ouverture, de gauche à droite : M.J. Tremblay, T. Osawa et F. Phillips.

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franckprovost
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