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Appeau, tuyau ou coquillage: le brame du cerf a aussi son championnat

franckprovost

Appeau, mais aussi tuyau ou coquillage : les concurrents du championnat de France d’imitation de brame du cerf avaient chacun leur technique dimanche au parc animalier de Sainte-Croix, en Moselle, pour reproduire les sons gutturaux du roi de la forêt en rut.

« J’imite le brame pour être au plus proche du cerf », explique, au détour de sa première participation, Jean de Falandre, 24 ans, le seul à souffler dans ses mains pour reproduire les variations du cri du cerf pendant la saison des amours.

« Si vous êtes un très bon imitateur, le cerf peut vous prendre pour un autre cerf et venir vers vous », explique cet ingénieur forestier de Fontainebleau, émerveillé de « toute la magie de la forêt qui s’anime en septembre et octobre ».

Que ce soit pour l’observation, la photographie ou la chasse, « le jeu est de mentir au cerf et d’arriver à le faire venir et à causer avec lui », explique Hervé Henry, membre du jury.

Surtout développée en Europe de l’Est, l’imitation du brame de cerf a son championnat national dans une dizaine de pays.

En 2018, le championnat d’Europe a été remporté pour la première fois par un Français, Virgile Parpinelli.

Ce chauffeur routier du Puy-de-Dôme, également sacré champion de France dimanche, a « appris dans les bois en les écoutant et avec des vidéos sur internet ». Chaque jour, il s’entraîne quelques minutes pour entretenir ses cordes vocales.

 

« L’un des plus beaux spectacles »

La 6e édition de ce championnat, organisé par le parc de Sainte-Croix en partenariat avec la Fédération départementale des chasseurs de la Moselle, obéit à des règles strictes : dix concurrents, trois jurés notant à l’aveugle et trois sons du brame – ou raire – à imiter. D’abord celui du jeune cerf, « dont la voix est encore douce et qui essaie de rentrer dans le clan des grands », puis celui « de deux cerfs du même âge se jaugeant », et le raire « du maître de place, qui rassemble ses biches ».

La saison des amours « est surtout une grosse période de stress et de frustration pour le cerf », dont le taux de testostérone s’envole et qui peut perdre un tiers de son poids pendant cette période, explique Yannick Martin, responsable de l’événementiel au parc de Sainte-Croix.

Seul le cerf qui se montrera dominant, par son brame, la taille de ses bois et par le combat, s’accouplera avec les biches.

Pour l’Alsacien Christian Kinder, comme pour ses concurrents, le brame du cerf « est une passion ». Si la plupart ont des appeaux en bois ou en plastique pour imiter au mieux le bruit du cervidé, lui possède également un coquillage géant du bout du monde, dont il a taillé une pointe pour souffler à l’intérieur.

Avant le début du championnat, les brameurs se sont échauffés face à la quinzaine de cerfs et la trentaine de biches du parc.

« Ils sont forts ! », s’exclame Tom 8 ans, pendant que sa petite soeur Erine, 3 ans, s’émerveille des cerfs et des biches tout proches, qui « sont beaux ».

« C’est assez étonnant, ça ressemble vraiment beaucoup au brame du cerf », note Vanessa, leur mère, qui entend pour la première fois une telle imitation.

Pour l’heure, le dialogue avec l’animal est un peu sourd, car la saison des amours – généralement de mi-septembre à mi-octobre – n’a pas encore commencé en Lorraine. Les bêtes restent muettes.

Mais d’ici à quelques jours débutera « l’un des plus beaux spectacles que la nature peut nous offrir dans nos régions », souligne Yannick Martin.

Source: AFP


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