Autant il est clair que, sans Hitler, il n’y aurait pas eu de guerre en 1940, autant l’empereur Guillaume II doit être tenu pour le responsable unique de cette Première Guerre mondiale qui a fait, militaires et civils confondus, 18 millions de morts.

Dans le wagon de Compiègne, les négociations ont commencé le 8 novembre. À Spa, le 9 novembre, Guillaume a présenté son abdication. Aussitôt, il demandait l’asile politique à la reine Wilhelmine des Pays-Bas. Le 10, le désormais ex-empereur quittait la Belgique en convoi automobile et, sans repasser par l’Allemagne, il franchissait la frontière hollandaise.

Mort à 82 ans aux Pays-Bas

Pendant la guerre, les Pays-Bas avaient le statut de pays neutre mais, au contraire de la Belgique, sa neutralité fut respectée par les Allemands. Elle le fut aussi après le conflit. Si bien que le responsable de ces 18 millions de morts n’a jamais été jugé. Il est mort de sa belle mort à 82 ans, en 1941. Il est enterré à Doorn, près d’Utrecht, où sa tombe attire des visiteurs allemands.

Son fantasque héritier, Wilhelm, l’avait rejoint en exil. Il fut autorisé, néanmoins, à rentrer au pays où il se mit, très tôt, à courtiser Hitler. Guillaume II, aussi, suivait d’un œil favorable la montée du nazisme.

Les Hollenzollern comptaient-ils sur le nouvel homme fort de l’Allemagne pour restaurer la monarchie ? Les nazis, eux, savaient comment utiliser, pour soigner leur popularité, cet intérêt de la famille impériale.

De l’argent pour lui et sa maîtresse

À l’approche de la Seconde Guerre mondiale, Guillaume II sembla comprendre qu’il n’avait rien à attendre des nouveaux maîtres de son pays. Son fils passa les années de guerre en Allemagne et, après, alors que le pays était en ruine, comptait ses morts et affrontait la famine, il s’en vint trouver un haut officier français pour réclamer que la France subvienne à ses besoins de confort, pour lui et sa maîtresse. Réponse de l’officier : « Vous êtes lamentable, Monsieur. Lamentable ! »