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Asie-Pacifique : vers une réduction des droits de douane sur les vaccins contre le Covid

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Les dirigeants des pays de la région Asie-Pacifique réunis en sommet virtuel ont accepté samedi de réduire les droits de douane sur les vaccins contre le Covid-19, mais ne sont pas parvenus à des avancées significatives sur le changement climatique.

Les participants à cette rencontre annuelle au plus haut niveau du Forum de Coopération économique Asie-Pacifique (Apec) ont par ailleurs réservé un accueil très froid aux efforts des Etats-Unis en vue de renouer avec cette partie de la planète après leur politique protectionniste pendant la présidence de Donald Trump.

Au total, les responsables de 21 pays, dont le président américain Joe Biden et son homologue chinois Xi Jinping, ont pris part par écrans interposés à ce sommet organisé par la Nouvelle-Zélande, qui a eu lieu en parallèle à la COP26 sur le climat de Glasgow (Royaume-Uni).

L’occasion de discuter d’une “remise à zéro” économique dans la foulée de la crise du coronavirus, a souligné la Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern, qui a présidé cette réunion.

“Les dirigeants de l’Apec sont déterminés à travailler ensemble pour vaincre le Covid-19”, a-t-elle ajouté. “Nous nous concentrons sur une réponse économique coordonnée à la plus grande récession en 75 ans, sur la création de nouveaux modèles de croissance et sur la réponse au changement climatique”.

– Une reprise économique plus “verte” –

Les participants ont convenu d’agir en faveur d’un gel des augmentations des subventions aux combustibles fossiles dans le cadre d’un plan visant à rendre la développement économique de l’après-pandémie écologiquement durable.

Une idée, aussi mise en avant à la COP26, que l’Apec a évoquée pour la première fois il y a plus de 10 ans, sans réussir à la mettre en œuvre.

Avant la diffusion samedi du communiqué final, la Première ministre néo-zélandaise avait exhorté à “être plus ambitieux”.

“Nous aimerions bien sûr voir un monde sans subventions aux énergies fossiles dans nos économies, c’est, depuis longtemps, la position de la Nouvelle-Zélande et que nous continuerons à promouvoir”, avait déclaré Mme Ardern, prévenant que “si le monde n’est pas prêt à prendre des actions fortes sur le changement climatique, alors le monde doit être prêt (à faire face) aux conséquences désastreuses du changement climatique”.

Lesley Hughes, de l’ONG australienne Climate Council, avait quant à elle estimé que le sommet devait établir une feuille de route pour un véritable changement dans ce domaine si l’Apec voulait paraître crédible sur le sujet.

“Nous aimerions voir une sorte de transition raisonnable pour sortir des combustibles fossiles et pas seulement un gel de nouvelles subventions”, avait-elle martelé.

“En Asie-Pacifique, nous devons faire en sorte que la reprise après la pandémie soit verte et nous devons prendre l’initiative d’une réponse scientifique au changement climatique”, a pour sa part lâché en marge de l’événement le président Xi.

Tandis que pour son homologue sud-coréen Moon Jae-in, passer à des sources d’énergie propres représente rien de moins qu’une “grande transformation de civilisation” touchant l’ensemble de l’humanité.

Le principal résultat du sommet aura finalement été un engagement à réduire les droits de douane sur les vaccins et autres fournitures médicales liées à lutte contre la pandémie afin de rationaliser la réponse internationale à la crise sanitaire.

– Rivalité sino-américaine –

Cette réunion de l’Apec s’est déroulée avec pour toile de fond la concurrence croissante entre les Etats-Unis et la Chine, les principales puissances économiques et militaires de la région.

Les tensions entre Washington et Pékin se sont en effet aggravées autour des questions de Taïwan, des droits humains et du commerce et une rencontre virtuelle très attendue entre Joe Biden et Xi Jinping est prévue pour lundi.

“Bien sûr, en tant qu’économies de l’Apec, nous accueillerions favorablement un dialogue continu entre ses membres”, a répondu Mme Ardern, interrogée sur ces discussions.

Les États-Unis ont quant à eux proposé d’accueillir un sommet de ce Forum en 2023 afin de réaffirmer leur engagement envers la région.

Mais l’Apec n’a pas donné suite à cette offre, qui, selon Mme Ardern, reste à discuter.

La Maison Blanche a de son côté déclaré que Joe Biden avait profité de la réunion pour évoquer les “moyens de libérer la puissance économique de la région et d’approfondir l’engagement économique des États-Unis dans toute la région indo-pacifique”.

“Le président Biden a réaffirmé notre volonté d’être un partenaire solide et fiable des économies de l’Apec dans leur quête d’une croissance soutenue et inclusive”.

Le mois dernier, l’aviation chinoise a effectué un nombre record d’incursions dans la zone de défense aérienne de Taïwan et, jeudi, M. Xi a mis en garde contre un contexte digne de la “guerre froide” dans la région Asie-Pacifique.

“Les tentatives de créer des clivages idéologiques ou de former des cercles restreints sur le plan géopolitique sont vouées à l’échec”, a-t-il averti.

“La région Asie-Pacifique ne peut ni ne doit retomber dans les confrontations et les divisions de la Guerre froide”, a-t-il ajouté.

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