fbpx
Copyright LE COURRIER AUSTRALIEN 2016
HomeACTUAustralie : lorsque les importateurs font de l’ombre aux producteurs de lait

Australie : lorsque les importateurs font de l’ombre aux producteurs de lait

nc

Alors que « la crise du lait » a défrayé la chronique en 2018 en France, c’est au tour de l’Australie de se préoccuper de l’avenir de ses producteurs laitiers. Face à une concurrence étrangère grandissante, le pays pourrait devenir une nation importatrice si elle n’augmente pas rapidement et drastiquement sa production de lait.

Le défi de la demande

Avec un taux de croissance démographique d’1,6% en 2017, l’Australie voit sa consommation de lait -déjà parmi les plus élevées aux monde- augmenter.

La loi de l’offre et de la demande veut que lorsque la demande est en hausse, les prix augmentent pour discriminer les consommateurs, atténuer la demande ou encore ouvrir le marché à des producteurs dont le coût de production est plus élevé. Cependant, ceci n’est que théorique. Le marché du lait est aux antipodes de cette loi fondamentale en économie puisque malgré la demande en hausse, les producteurs concurrencés par leurs homologues étrangers sont contraints de baisser leurs prix.

9 milliards. C’est le nombre de litres de lait consommés chaque année par les Australiens mais c’est aussi la quantité produite par les professionnels du pays, d’où l’importance d’augmenter la production, pour assurer son autosuffisance dans le secteur. Ainsi, « Au fur et à mesure que nous aurons plus de bouches à nourrir, nous aurons besoin de plus de produits laitiers, et mon observation est que nous n’avons pas prévu de le faire «  a déclaré M. Weinert, analyste de l’industrie laitière, à nos confrères de The Daily News.

Le risque d’une exploitation des terres peu optimale est d’être « à la merci des prix mondiaux et de l’offre » selon l’expert. Les préoccupations quant à la capacité de l’Australie à faire face à cette demande croissante gagnent du terrain. Ainsi, Terry Richardson, président du groupe de pression Australian Dairy Farmers, s’inquiète :« Nous ne sommes pas loin d’être un importateur net de matières grasses laitières « . Il est effectivement difficile pour les producteurs locaux de demeurer rentables puisqu’ils rognent sur leurs marges pour rester compétitifs et disposent d’une capacité de production qui atteint ses limites.

Les agriculteurs envisagent l’avenir

Perte de contrats en 2016, disparition de la coopérative laitière Murray Goulburn, sécheresse prolongée dans le NSW et Queensland, nombreux sont les aléas qui ont conduit les producteurs laitiers à perdre confiance en l’avenir. Ross Woodhouse, le plus grand producteur d’Australie-Occidentale a même vendu de ses fermes. Symptôme d’une industrie à la dérive…

Pour trouver une solution à cette situation, pourquoi ne pas s’inspirer du modèle néo-zélandais, qui est parvenu à doubler sa production de lait depuis 2000 ? Le fait est qu’à la différence de la Nouvelle-Zélande, en Australie, le principal problème se trouve au niveau des transformateurs à en croire les propos du spécialiste : « Nous n’avons pas d’entreprises de transformation capables de résister à la concurrence internationale. Les producteurs laitiers sont en fait très efficaces, mais les transformateurs sont freinés ».

L’idée est donc de passer au peigne fin l’industrie laitière nationale afin de comprendre les causes profondes de sa faible croissance.

Les fromageries, premières victimes

Le fromage représente une grande partie de la consommation annuelle moyenne de lait de l’Australie. Ce secteur est donc l’un des premiers à pâtir du manque de productivité des transformateurs. Les produits importés affichant des prix extrêmement compétitifs, les fromagers du pays subissent la concurrence internationale de plein fouet. A l’image de Chris Vogel, dirigeant de la crémerie Dellendale, qui affirme admet que « Le prix est un facteur clé pour les consommateurs ». Lorsque le fromage australien se vend 10$ les 200 g alors que le fromage français commercialisé dans le même supermarché est affiché à 7$ les 200g, le choix du consommateur est vite fait d’autant plus que la réputation des fromages français n’est plus à faire.

Relancer une industrie en difficulté

Le gouvernement fédéral est en train de rédiger un code de conduite obligatoire sur les produits laitiers, qui vise à accroître l’équité et la transparence entre les producteurs laitiers et les transformateurs.

De plus, il est important de renforcer la réglementation des produits importés, quitte à mettre en œuvre des politiques protectionnistes, comme le mentionne M. Richardson, « Nous avons besoin d’un peu de réforme sur le prix d’atterrissage de ces produits pour sauver un peu notre propre industrie. »

Si le lobbyiste se veut rassurant :« L’avenir est prometteur pour l’industrie laitière, mais tous ces facteurs combinés ont donné lieu à un défi qui sera difficile à relever au cours de l’année prochaine » ; tant que les produits laitiers importés coûteront moins cher que ceux produits localement, la tentation de faire appel aux pays voisins restera grande…

Source: The New Daily

 


N’oubliez pas de nous suivre sur Facebook et Instagram, et de vous abonner gratuitement à notre newsletter

Des idées, des commentaires ? Une coquille ou une inexactitude dans l’article ? Contactez-nous à l’adresse redaction@lecourrieraustralien.com

Comments
Share With: