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Australie : un quart des producteurs doivent laisser pourrir leurs légumes

Selon un nouveau rapport, un quart des producteurs de légumes du pays ne trouvent pas suffisamment de travailleurs pour les ramasser et les emballer, et sont par conséquent forcés d’abandonner une part importante de leur production et de la laisser pourrir.

D’après le Professeur Joanna Howe, responsable de l’étude, la pénurie de main d’oeuvre est aujourd’hui devenue non-viable, et la quantité de gaspillage représente une perte considérable pour l’économie australienne.

« Nous somme le grenier alimentaire de l’Asie, mais si nous n’avons pas suffisamment de travailleurs pour ramasser les produits dans les fermes, les amener dans les supermarchés et les préparer pour l’exportation, cela remet sérieusement en question la viabilité de cette industrie », explique-t-elle.

« Les producteurs ne parviennent pas à accroître leur production, car ils ne sont pas certains de trouver assez de travailleurs pour répondre à cette expansion. », ajoute le Dr Howe.
« À ce jour, nous ne disposons pas de solutions durables pour répondre à l’offre de main-d’oeuvre dans ce secteur. »

La nouvelle étude, réalisée par plusieurs chercheurs des Universités d’Adelaide et de Sydney, plaide pour une réforme majeure des programmes de visas vacances-travail et de visas de travail saisonniers pour les pays du Pacifique, dans le but de résoudre les problèmes de pénurie de main-d’oeuvre et d’exploitation de travailleurs vulnérables.

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Au niveau international, l’industrie des légumes australienne est unique pour son recours massif aux travailleurs sous visa vacances-travail, qui constituent sa source principale de main-d’oeuvre peu qualifiée.
Selon les chercheurs, cette dépendance empêche le secteur de se développer et d’acquérir une main-d’oeuvre durable.

Parmi les 332 producteurs interrogés à travers le pays, deux-tiers ont répondu qu’ils éprouvaient des difficultés à trouver des travailleurs pour ramasser et emballer les légumes.
Un quart des sondés ont également confié qu’ils étaient forcés d’abandonner une partie de leur production.

D’après le Professeur Howe, environ 40.000 backpackers par an travaillent 88 jours en ferme, pour pouvoir prolonger d’un an leur visa vacances-travail.
« De nombreux agriculteurs nous ont confié que ces travailleurs ne restaient généralement que 88 jours, n’étaient pas très productifs, et n’avaient pas l’intention de continuer à travailler dans le secteur après ces 88 jours », explique la chercheuse.

« La plupart des locaux ne veulent plus faire ce genre de travail : c’est un statut précaire, le salaire est faible, les conditions difficiles, et les contrats sont généralement à court terme. »

« Une solution à long terme serait de réformer le programme de travailleurs saisonniers du Pacifique, et de l’étendre à d’autres pays en Asie, comme l’Indonésie, Taiwan et la Corée du Sud », suggère J. Howe.

« Ces pays ont une solide expérience horticole, et de nombreux travailleurs de ces pays veulent venir en Australie. Si nous étendions le programme à ces pays, que nous augmentions le nombre de visas disponibles et que nous réduisions la bureaucratie, nous pourrions enfin avoir une solution durable pour l’industrie horticole. »

« Ce secteur a une importance considérable dans l’économie australienne, et il nécessite la mise en place d’un visa spécifique. Les solutions actuelles ne fonctionnent tout simplement pas. », conclu la chercheuse.


Source : http://www.theage.com.au

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