fbpx
Copyright LE COURRIER AUSTRALIEN 2016
HomeNon classifié(e)Australie: Une Chilienne arrêtée pour son rôle sous la dictature de Pinochet

Australie: Une Chilienne arrêtée pour son rôle sous la dictature de Pinochet

nc

Une Chilienne de 66 ans recherchée dans son pays pour son rôle présumé dans la disparition d’opposants sous la dictature d’Augusto Pinochet a été arrêtée en Australie à la demande du Chili, ont annoncé mercredi les autorités australiennes.

Adriana Elcira Rivas González, qui vit depuis 1978 en Australie, avait été interpellée en 2007 au Chili à l’occasion d’une visite dans son pays, avant de parvenir à fuir en Australie en 2010 en profitant de sa libération sous caution.

D’après le site chilien Memoria Viva, dédié aux recherches sur les circonstances de la mort ou de la disparition des victimes de la dictature de Pinochet, Adriana Rivas fut membre de la Direction nationale du renseignement (Dina), la sinistre police politique du régime.

Elle fut même un temps la secrétaire personnelle de Manuel Contreras, le chef de la Dina décédé en 2015, selon Memoria Viva. Celui-ci publie une photo montrant une femme présentée comme Mme Rivas, posant tout sourire avec celui qui fut décrit par le gouvernement chilien comme « l’un des personnages les plus sombres de l’Histoire » du pays.

Mais c’est pour son implication présumée dans le dossier dit de la « Calle Conferencia » -une rue de la capitale chilienne- que Mme Rivas est recherchée par la justice chilienne.

Elle est en effet soupçonnée d’avoir été membre de la Brigade Lautaro de la Dina qui mena des opérations en 1976 contre la direction clandestine du Parti communiste chilien, dont plusieurs cadres furent enlevés, torturés et tués.

Mme Rivas a été arrêtée mardi, a précisé un porte-parole du ministère australien de la Justice, précisant qu’elle était « recherchée par la République du Chili pour des crimes d’enlèvements aggravés ».

« Le Pacte d’Adriana »

Le Chili avait adressé en 2014 une demande d’extradition à l’Australie visant spécifiquement Mme Rivas pour son rôle dans la séquestration du syndicaliste Víctor Díaz López, un très haut dirigeant du Parti communiste disparu en mai 1976 à 56 ans, selon des documents judiciaires.

Mme Rivas, qui travaillait comme nounou et femme de ménage à Bondi, une banlieue balnéaire de Sydney, sera présentée le 1er mars à un tribunal.

Dans une interview accordée en 2013 à la chaîne australienne SBS, elle avait clamé son innocence tout en défendant le recours à la torture au Chili sous la dictature (1973-1990).

« Il fallait qu’ils fassent parler les gens », expliquait-elle. « Cela s’est produit partout dans le monde, et pas seulement au Chili. »

Elle fut en 2017 l’objet d’un documentaire unanimement salué par la critique et primé à Berlin, « Le Pacte d’Adriana ». 

Dans ce film, sa nièce, la réalisatrice Lissette Orozco se lançait dans une quête intime pour comprendre la nature véritable de cette tante réfugiée en Australie qu’elle confrontait à son passé au travers d’entretiens sur Skype.

L’avocate chilienne Adriana Navarro, qui milite pour l’extradition de Mme Rivas, a affirmé que son arrestation avait été accueillie avec « une joie mêlée de tristesse et de douleur » par les victimes chiliennes demandant justice.

« Elles veulent qu’Adriana Rivas soit confrontée à la justice chilienne et blanchie si elle n’est pas coupable », a-t-elle dit à des journalistes devant un tribunal de Sydney.

« Cependant, les preuves réunies par la justice chilienne sont très solides et nombreux sont ceux qui peuvent témoigner de la participation d’Adriana Rivas aux crimes. »

Plus de 3.200 personnes sont mortes ou ont disparu pendant la dictature (1973-1990) et quelque 38.000 personnes ont été torturées.

Le général Pinochet est décédé en 2006, sans jamais avoir été jugé. Manuel Contreras fut condamné à 529 ans de prison pour 40 cas de tortures, disparitions et enlèvements d’opposants.

Source : AFP

N’oubliez pas de suivre Le Courrier Australien sur Facebook et Instagram, et de vous abonner gratuitement à notre newsletter

Des idées, des commentaires ? Une coquille ou une inexactitude dans l’article ? Contactez-nous à l’adresse [email protected]

Comments
Share With: