fbpx
Copyright LE COURRIER AUSTRALIEN 2016
HomeACTUBataille des brevets alimentaires : âpres négociations commerciales entre Canberra et Bruxelles

Bataille des brevets alimentaires : âpres négociations commerciales entre Canberra et Bruxelles

franckprovost

Depuis plusieurs mois, l’Union Européenne et l’Australie ont entamé des pourparlers en vue d’un possible accord commercial chiffré à 100 milliards de dollars. Mais cet accord sera le fruit d’âpres négociations concernant le respect des brevets alimentaires européens.

Oui à   »l’australian prosecco »  mais non à des produits fromagers stars comme la feta ou le brie : une longue liste de plusieurs dizaines de brevets alimentaires sont actuellement discutés, au cas par cas, par Bruxelles et Canberra.

Pour autant, s’exprimant à la veille d’une réunion avec le ministre du Commerce australien Simon Birmingham mercredi, le commissaire européen à l’Agriculture Phil Hogan a déclaré qu’il serait « impensable que l’UE et l’Australie ne soient pas en mesure de conclure un accord commercial » avant de rappeler  »que les producteurs australiens vont néanmoins devoir accepter de perdre le droit d’utiliser certains noms européens dans le cadre d’un accord plus large’‘ . Hogan a prévenu :  »Les Français, les Italiens et les Espagnols en particulier vont aussi devoir accepter de perdre l’exclusivité de certains brevets. »

Globalement l’accord final devrait favoriser les produits européens du fait de l’histoire et du prestige de ces produits. Malgré tout, l’Australie a rejeté les suggestions de l’UE conseillant à l’industrie d’apposer les noms de « féta-like » ou de « parmesan-like » sur l’emballage des produits.

Se saisissant de cette question, l’expert en commerce extérieur William van Caenegem estime que l’Australie aurait un intérêt à long terme à développer des produits tels que le lait King Island ou le whisky tasmanien. Créer et developper le terroir australien plutôt que de négocier âprement avec Bruxelles pour utiliser des noms européens constituerait, selon lui, une voie alternative.

Car, même si le gouvernement Morrison pourrait être enclin à accepter des compromis avec Bruxelles concernant les brevets, personne à Canberra ne souhaite que d’autres largesses soient concédées sur d’autres volets de l’accord : « L’industrie australienne peut être certaine que nous mènerons une négociation dure, comme nous le faisons toujours, pour parvenir à un accord global avantageux pour l’Australie «  a déclaré le Premier ministre australien Scott Morrison. Les tarifs douaniers et l’accès au marché européen des producteurs de bœuf australien seraient en effet sur la table.

Mais le temps presse pour le gouvernement Morrison qui tient à faire adopter la plus grande partie possible de l’accord avant le début des élections prévues pour mai 2019.  De son côté, M. Hogan s’est dit prêt à travailler avec n’importe quel parti : « L’UE est prête à faire des affaires » a-t-il déclaré.

Source : Sunday Morning Herald


 

N’oubliez pas de suivre Le Courrier Australien sur Facebook et Instagram, et de vous abonner gratuitement à notre newsletter

Des idées, des commentaires ? Une coquille ou une inexactitude dans l’article ? Contactez-nous à l’adresse redaction@lecourrieraustralien.com

Comments
franckprovost
Share With: