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Black is the New White : une comédie divertissante et politiquement engagée

C’est Noël en mai à la Sydney Theatre Company. La nouvelle pièce de Nakkiah Lui White is the New Black est une comédie romantique et familiale qui vous transportera en pleines festivités de fin d’année.

Charlotte Gibson est une avocate brillante et surmenée. Après une liaison brève et joyeuse, elle s’est récemment fiancée à Francis Smith, un violoncelliste au chômage. Afin que leurs familles réciproques se rencontrent, ils organisent un Noël familial dans la très chic résidence de vacance des Gibsons. Seul problème : le père de Charlotte et celui de Francis sont rivaux politiques de toujours. Leurs querelles, mineures à l’échelle nationale, ont pris une tournure personnelle et bien que leur engagement politique se conjugue désormais au passé, ils continuent de se disputer âprement via Twitter pour des histoires… de laitue.

Cela peut paraître idiot mais dans la pièce, (comme souvent dans les Noëls en famille) tout le monde est un peu ridicule : les personnages ont des failles et des secrets qu’ils s’appliquent à dissimuler pour apparaître sous leur meilleur jour.

Le rapprochement de ces deux pères aux convictions opposées est d’autant plus contraint qu’il est le fait d’un mariage interracial : la famille Gibson est « Black », tandis que la famille Smith est « White ». Au fur et à mesure du développement de la pièce, la tension entre les deux familles dépasse la rivalité politique initiale jusqu’à questionner la hiérarchie entre les races, les classes, les privilèges et le pouvoir en Australie.

Black is the New White peut ainsi être rapprochée des deux précédentes pièces plus politiques de Nakkiah Lui, This Heaven, et Kill the Messenger, qui évoquaient l’injustice dont sont victimes les Aborigènes en Australie. Elle aborde en effet des sujets de société, tels que les privilèges des classes aisées, l’identité et la fierté de la communauté Aborigène (y compris le séparatisme), la répression sexuelle et l’oppression des femmes, la responsabilité ou les conséquences de la réussite sociale ; et plus généralement le versant politique de la culture et de l’identité.

L’un des intérêts de Black is the New White est qu’elle est centrée sur la famille Gibson – c’est chez eux que se déroule l’action, ce sont eux qui conduisent la majorité des discussions autour de l’identité culturelle. La pièce ne nous offre donc pas une énième vision « de blanc » sur la question politique de l’identité.

Mais cette pièce est avant tout une comédie. L’histoire est émaillée de situations cocasses et de clins d’œil – de la chute de l’arbre de Noël sur l’un des personnages, à une bataille de nourriture, en passant la mise en scène de la rivalité des deux pères dans un numéro de danse. Les acteurs du Sydney Theatre Company, dirigés de main de maître par Paige Rattray, ont un pouvoir comique et un timing parfaits et prennent un plaisir manifeste à incarner leurs personnages dans ce chaos rythmé au millimètre.

Vous avez jusqu’au 12 juin pour découvrir Black Is the New White, au Wharf 1 Theatre, Pier 4, Hickson Road à Walsh Bay. Pour réserver, c’est ici.

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