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Carabosse met le feu au Royal Botanic Garden de Melbourne

NCT

Du 10 au 13 octobre, le Melbourne International Arts Festival enflamme le Royal Botanic Garden avec un projet ambitieux et incandescent imaginé et mis en scène par la compagnie française Carabosse. Le Courrier Australien a eu la chance de parcourir les Fire Gardens avant leur inauguration hier soir.

Les photos des performances passées de Carabosse ont éveillé notre curiosité et, même en plein jour, on devine aisément ce que seront les Fire Gardens. A suivre les milliers de petits pots de terre prévus pour être mis à feu chaque soir (6 700 en tout), on pressent que les nuits à venir seront belles est inquiétantes. On imagine les flammes qui danseront sur l’eau et lècheront les branches des grands arbres ; on sait aussi qu’elles montreront le chemin, dessineront des arches, dévaleront les pentes comme une rivière, enlaceront une balançoire indolente et changeront de forme pour mieux frapper notre imaginaire… L’univers empreint de mystère et de magie qui a fait la renommée de la compagnie est déjà bien tangible et on s’étonne soudain : Tiens, on ne voyait pas le jardin comme ça !

Magnifier le site

Carabosse – 25 ans d’existence – a été approchée par le Melbourne Festival, juste après sa participation au WOMAD* à Adélaïde l’année dernière. « Nous avons donc déjà travaillé en Australie et aussi à Auckland en Nouvelle-Zélande », confirme Stéphanie Auger, l’administratrice de la compagnie. Mais pas question d’accepter un projet sans repérage. « Nous ne nous voyons pas comme des prestataires, mais comme des ‘artistes’ qui avons à cœur de magnifier les sites. D’ailleurs, il faut que ces derniers nous inspirent ; et il y a bien sûr une question de faisabilité et de sécurité. » A cet égard, s’installer au cœur du Royal Botanic Garden de Melbourne présentait de nombreuses contraintes techniques. « Nous avons ici des plantes rares », explique Emer Harrington, responsable des programmes et du développement du jardin. « Le lac et la faune aussi sont protégés. En outre, nous avons un système d’irrigation souterrain auquel il faut faire très attention. »

Pour autant, l’idée séduit de part et d’autre. « Les Melburnians considèrent ce jardin comme un espace de pique-nique où ils croisent souvent des mariés. Aujourd’hui, nous souhaitons qu’il devienne une référence en matière de nature, science et culture » déclare Emer Harrington. Accueillir, pour la première fois, l’un des événements vitrines du Melbourne Festival allait dans ce sens. Et de son côté, Stéphanie Auger affirme qu’elle a fini par « tomber amoureuse du lieu ».

Plus d’un an et demi de préparation

Finalement, il aura fallu plus de 18 mois de travail et de collaboration étroite entre les différentes équipes française et australienne pour aboutir à quatre jours de performance. Depuis les premiers croquis jusqu’à l’expédition par bateau des sculptures et supports métalliques créés sur-mesure dans les ateliers de Carabosse à Niort, elles n’ont pas chômé. Et en ce moment, ce sont des dizaines de petites mains (en partie bénévoles) qui installent les pots, les magnétophones, les tubes, les boules, les pics, les radeaux… et qui déversent à tour de bras le charbon (1,4 tonne) qui rougira la nuit. Plusieurs membres de Carabosse ont fait le déplacement exprès et les jardiniers, horticulteurs et ornithologues du Royal Botanic Garden sont, de leur côté, attentifs aux moindres détails.

Est-ce que le vent, la chaleur ou la pluie pourraient faire déraper l’événement ? « Non, car tout est très précis » rassure Stéphanie Auger. Elle raconte qu’ayant travaillé sur les cinq continents y compris au Portugal par 40° dans la pinède, la compagnie connaît les conditions extrêmes. Les cinq mille visiteurs attendus chaque soir n’ont donc pas de souci à se faire. Ils pourront circuler en toute sécurité dans ce vaste paysage flamboyant et onirique. Une création sonore, réalisée à partir d’interviews de la compagnie dans toutes les langues, sera aussi diffusée et plusieurs espaces sont aménagés pour accueillir des musiciens. On entendra du chant, de la guitare, de la clarinette et de la contrebasse… bref, on profitera d’une promenade unique et brûlante pour laquelle on salue les artistes – artisans bien plus qu’artificiers. A ce sujet d’ailleurs, on demande quelle formation il faut suivre pour travailler chez Carabosse. « Aucune, affirme Stéphanie Auger, il suffit d’aimer le feu et fer. Le reste d’apprend sur le tas. » Si vous êtes plus Vulcain que méchante sorcière, vous avez donc toutes vos chances !

Valentine Sabouraud

Fire Gardens par Carabosse, dans le cadre du Melbourne International Arts Festival jusqu’au 13 octobre au Royal Botanic Garden de Melbourne. Infos ici.

(C) Photos du 10 octobre au soir (1, 3 et 4) par Svetlana Bauchière. Photo 2 : visite en journée par V. Sabouraud.

*World of Music Arts and Dance.

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