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Certains amérindiens d'Amazonie seraient génétiquement liés aux aborigènes australiens

Le continent américain aurait été peuplé par une seule grande vague migratoire il y a moins de 23.000 ans et certains Indiens de l’Amazonie partageraient une ascendance génétique avec les aborigènes australiens, selon deux études publiées mardi qui éclaircissent le mystère du peuplement des Amériques.

Anthropologues et archéologues débattent depuis longtemps des origines des premiers occupants des Amériques.

La thèse la plus communément acceptée est celle d’immigrants venus d’Asie qui ont traversé la bande de terre qui reliait la Sibérie et l’Alaska, aujourd’hui immergée sous le détroit de Béring. Mais en combien de vagues migratoires successives et à quel moment de l’histoire ? La question demeure largement ouverte.

En se fondant sur les données génétiques d’individus anciens et modernes des Amériques, de la Sibérie, de l’Océanie, de l’Europe et de l’Afrique, Maanasa Raghavan de l’Université de Copenhague et ses collègues avancent que les premiers Amérindiens sont arrivés de Sibérie en une seule vague de migration, il y a moins de 23.000 ans. Les migrants seraient tout d’abords restés entre l’Alaska et la Sibérie orientale pendant 8.000 ans, avant de poursuivre leur chemin et se partager entre les deux Amériques.

Selon leur étude, publiée dans la revue américaine Sciences, les différences génétiques entre les populations amérindiennes actuelles proviendraient non pas de plusieurs vagues de migration mais de rencontres intervenues après la grande migration initiale.  

L’équipe a également mis en évidence un lien génétique, qui apparait après la vague de migration initiale, entre certains Amérindiens avec des populations de l’Asie de l’Est et les Australo-Mélanésiens (Papouasie, Îles Salomon et sud-est asiatique). « Cette découverte surprenante indique que la population du Nouveau Monde n’est pas restée isolée du Vieux Monde après sa migration initiale », précise l’étude.

De leur côté, David Reich et Pontus Skoglund de la Havard Medical School de Boston (États-Unis) ont comparé le génome de 30 populations amérindiennes d’Amérique centrale et du sud, avec celui de 197 personnes à travers le monde. 

Selon ces tests génétiques, publiés dans la revue britannique Nature, certaines populations amérindiennes d’Amazonie (Amérique du sud) seraient génétiquement plus liées aux premiers indigènes d’Australie, de Nouvelle-Guinée et des îles Andaman (chapelet d’îles en Inde) qu’aux Eurasiens ou Amérindiens d’aujourd’hui. Pour les scientifiques, ces « mélanges » de gènes ont eu lieu à la faveur de rencontres après la grande vague migratoire initiale mais avant l’arrivée des premiers Amérindiens en Amazonie.

« Notre étude suggère qu’il y a eu d’autres apports » qui sont venus s’ajouter au génome initial issu de Sibérie. « Ce qui n’est pas contradictoire avec les résultats de Maanasa Raghavan », précise à l’AFP Pontus Skoglund.

©AFP

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