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Commerce: l’élevage point de frictions entre le Royaume-Uni et l’Australie

Un accord commercial avec l’Australie ne doit pas se faire aux dépens des éleveurs britanniques, a laissé entendre mardi le ministre britannique de l’Environnement et de l’Agriculture, suggérant des divisions au sein du gouvernement sur cette négociation.

“Je ne vais pas évoquer les discussions en cours dans le gouvernement sur les accords commerciaux”, a déclaré George Eustice sur Sky News.

“Il y a consensus clair sur le fait que nous voulons avoir un accord commercial avec des pays comme l’Australie, mais évidemment assorti de bonnes conditions”, selon lui, ajoutant qu’un “équilibre doit être trouvé” entre le libre-échange et la protection de secteurs comme l’agriculture.

Le Financial Times révélait de son côté l’existence de deux lignes qui s’opposent au sein du gouvernement, sans que le Premier ministre Boris Johnson n’ait encore tranché.

D’un côté, la ministre du Commerce international Liz Truss et le ministre des relations avec l’Union européenne David Frost défendent un accord sans droits de douane avec l’Australie, qui serait très avantageux pour les producteurs de bœuf et agneau australiens, plus industrialisés.

De l’autre, M. Eustice et le ministre d’Etat Michael Gove craignent que les agriculteurs britanniques en fassent les frais.

Cette opposition illustre les tensions entre les conséquences du Brexit, ou le projet “Global Britain” de négocier des accords commerciaux dans le monde, et la préservation de certains secteurs d’activité ou normes sanitaires et environnementales.

“Le gouvernement est uni dans son souhait d’avoir un accord de libre-échange ambitieux avec l’Australie. Tout accord visera à protéger le secteur agricole et ne pénalisera pas les agriculteurs britanniques ni ne fera de concessions sur nos normes qui sont élevées”, a déclaré pour sa part un porte-parole du Premier ministre.

Il ajoute que les négociateurs travaillent actuellement sur “les termes finaux” de l’accord.

De son côté, le ministère britannique du Commerce international a indiqué qu’un accord avec l’Australie était très important pour pour rejoindre le traité commercial transpacifique (CPTPP) qui regroupe plusieurs pays d’Asie et du continent américain.

Le CPTPP “permettra aux agriculteurs britanniques un accès encore plus grand aux marchés en croissance en Asie”, selon le ministère.

Le syndicat agricole NFU (National Farmers’ Union) s’inquiète lui de devoir faire les frais de l’accord avec l’Australie.

“Nous devons nous assurer que les concessions concernant notre marché intérieur ne doivent pas être attribuées trop facilement”, a déclaré Minette Batters, présidente de la NFU.

“Il y a un vrai risque que l’agriculture britannique souffre de dégâts irréversibles plutôt que de prospérer comme nous le voulons, au détriment de notre environnement, notre sécurité alimentaire et notre ruralité”, selon elle.

L’accord avec l’Australie, que Liz Truss espère conclure avant le G7 de mi-juin en Cornouailles, serait le premier à ne pas être simplement un renouvellement ou une adaptation des accords qui existent entre l’UE et d’autres pays.

Le Royaume-Uni a déjà obtenu des accords avec l’UE et le Japon, et est en discussions, en dehors de l’Australie, avec les Etats-Unis, l’Inde et la Nouvelle-Zélande. Des négociations vont débuter avec le Canada et le Mexique.

Les questions agricoles pourraient d’ailleurs être épineuses dans les discussions avec les Etats-Unis, puisque le le Royaume-Uni pourrait devoir accepter d’importer des produits comme le poulet lavé au chlore ou le boeuf aux hormones, aux normes bien moins strictes que celles de l’UE.

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