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Covid-19: les députés des Français de l’étranger, connectés mais “sans ailes”

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Avec le Covid, leurs circonscriptions sont encore plus lointaines: les députés des Français de l’étranger habitués à courir les aéroports se retrouvent “sans ailes”, enchaînant visio-conférences et “permanences numériques” pour répondre à des expatriés souvent désemparés.

Anne Genetet, députée LREM des Français d’un territoire allant de la Russie à la Chine et l’Australie, n’a pu remettre pied “chez elle”, c’est-à-dire à Singapour, depuis un an. “Mes amis, mes affaires sont là-bas”.

Fini les tournées dans son immense circonscription, elle est désormais basée à plein temps à Paris.

Déjà familière des outils numériques pour communiquer avec la cinquantaine de pays de son ressort, elle répond par courriel et visio aux innombrables étudiants bloqués, familles empêchées d’aller à des obsèques, ou compatriotes ayant perdu leur emploi à l’autre bout du monde.

“Tous ces Français ont de la famille en France, et les échos qu’ils ont de la situation sont souvent marqués par l’émotion”, raconte-t-elle.

La politique est loin, mais sa formation de “consultante en gestion de crise sanitaire” l’a préparée à l’avalanche des nouvelles questions: pass sanitaire, vaccins, franchissement des frontières…

Comme elle, ils sont onze “députés des Français établis hors de France” (leur titre officiel), une fonction récente dont les premiers titulaires ont été élus en 2012.

Précédemment partagés entre la gauche et la droite, ils sont aujourd’hui pour la plupart membres de la majorité, portés par la vague Macron en 2017.

Ces élus sont au Palais Bourbon la voix des près d’1,7 million de personnes enregistrées dans les consulats de France dans le monde – en réalité autour de 2,5 millions avec les non-inscrits.

Collectivement, leurs circonscriptions représentent l’équivalent d’un gros département métropolitain.

“Je suis un député sans ailes”: Roland Lescure, élu des Français d’Amérique du nord, résume avec un humour un peu résigné sa condition sédentarisée en France pour cause de Covid.

Lui aussi a intensifié son activité électronique pour garder le contact: “5.000 e-mails en un an, tous ont eu une réponse”, souligne ce pilier de la majorité, également président de la commission des Affaires économiques de l’Assemblée.

D’innombrables démarches auprès de l’ambassade américaine à Paris, du Quai d’Orsay ou des associations d’entraide des Français de Philadelphie, Houston ou encore San Francisco rythment aussi son quotidien.

– Répondre à “l’angoisse” –

Grâce au numérique, “le contact ne s’est pas perdu”, mais quand les voyages reprendront normalement “il faudra mettre les bouchées doubles”, affirme-t-il.

Car si les situations locales s’améliorent dans de nombreux endroits comme la France ou les Etats-Unis, grâce notamment aux vaccins, ils attendent avec impatience un retour à la normale pour les vols internationaux.

Alexandre Holroyd, élu des Francais de Grande-Bretagne, d’Irlande et des pays nordiques, en sait quelque chose.

Face à des règles de confinement et quarantaine changeant régulièrement d’un pays à l’autre, y compris en France, “les frontières sont restées pratiquement toujours fermées à un moment ou un autre, d’un côté ou de l’autre”.

Lui aussi a dû intensifier les réunions numériques pour rester à l’écoute. “Cela a été très dur pour les Français de l’étranger isolés et à revenus modestes, et il y en a beaucoup”, souligne-t-il.

Toutefois, parmi les 577 députés, les élus des Français de l’étranger “sont ceux pour qui la crise a eu l’impact le plus fort, mais aussi ceux qui étaient sans doute les mieux préparés, avec un peu plus le pied dans le numérique”, relève ce député LREM.

Dans l’opposition, Meyer Habib siège sur les bancs de l’UDI au titre des Français d’Italie, d’Israël ou de Turquie, entre autres. Franco-israélien, il a pu se faire vacciner en Israël en décembre 2020 et devenir ainsi “le premier député français vacciné”.

“J’ai profité de cette chance pour encourager tous les Français” à se faire immuniser.

Mais il a dû aussi répondre “à des centaines d’interrogations de nos compatriotes liées au vaccin, aux modalités de voyage, également à l’angoisse”.

Et dans les cas d’empêchement d’assister à des obsèques – “les plus difficiles humainement” – faire preuve “de disponibilité et d’écoute”.

Pour lui, “cette présence a été essentielle pour nos concitoyens qui, je l’espère, ne se sont pas sentis abandonnés”.

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