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Délits dans les vignes : l’Alsace poursuit les voleurs de grappes à cheval

Peu d’endroits sont aussi paisibles que les pentes douces de la région des vins d’Alsace en France – mais qu’une infraction advienne, comme un vol de grains, et le cheval Jason sera sur place pour poursuivre les malfaiteurs.

Jason, un beau Franches-Montagnes marron, fait partie de la “Brigade Verte” en charge de la protection de l’environnement dans la région du Haut-Rhin qui borde l’Allemagne et la Suisse. “Les chevaux sont le meilleur moyen d’atteindre des endroits inaccessibles en voiture” explique son cavalier de 52 ans, Nicolas Krust.

Au cours d’une journée, Krust et son partenaire de patrouille, Daniel Dagon, équipé de la même façon, se promènent sur 40 kilomètres autour de la petite ville de Soultz-Haut-Rhin à l’affût des délinquants à travers les vignes. “Ce sont rarement de gros braquages”, admet Dagon sur le point de célébrer ses 10 ans à cheval sur son hongre Seigneur. “Mais des vols de quelques grappes de Muscat sont souvent signalés.”

Les grains destinés au vin ont tendance à avoir une peau plus épaisse que ceux pour la table, et ils sont moins croquants. Mais le muscat reste une variété prisée pour la consommation et la fabrication du vin. La période de vendange des grains utilisés dans la fabrication du crémant mousseux d’Alsace a beau être terminée, la récolte bat son plein pour d’autres variétés de la région, ce qui rend les vignes vulnérables.

Les personnes prises en train de voler des grappes sont passibles de 500 € d’amende et un rapport est adressé au procureur qui décide si une enquête approfondie est nécessaire.

Avec ses 6000 habitants, Soultz-Haut-Rhin, située à 50 kilomètres de la frontière allemande, n’est pas exactement un foyer du crime – Krust voit un ou de deux cas passer entre les mains de la police chaque année. “Il faut néanmoins être présents pour en témoigner” dit-il.

Roland Martin, le maire de Wuenheim à proximité pense que c’est grâce aux patrouilles que la communauté est si peu victime de délits. “Cela fait plusieurs années, que nous n’avons pas autant de problèmes de vols, et je relie ça à la présence des Brigades Vertes.”

Contrôle d’identité dans les vignobles

Fondée en 1989, la Brigade Verte du Haut-Rhin compte 63 gardes champêtres dont 16 à cheval. Leur mandat va de la patrouille des forêts jusqu’à la prévention de la pollution. “Ils ont un effet dissuasif qui limite les vols et le vandalisme” affirme Denis Myer, conseiller municipal de Soultz.

S’arrêtant pour brouter de l’herbe ou même se servir quelques grains, les chevaux sillonnent différents terrains – les vignobles aromatiques en pleine de croissance de gewurztraminer, de pinot léger ou de muscat sucré.

Sans infraction à signaler ce matin, Krust et Dagon endossent leur rôle d’ambassadeurs de la protection de l’environnement en discutant avec des coureurs, des cyclistes, des randonneurs qui s’arrêtent pour flatter les chevaux.

En août, Soultz et Wuenheim interdisent les voitures dans les vignobles jusqu’à la fin de la saison des vendanges, sauf celles des viticulteurs eux-mêmes.

“Cela permet aux viticulteurs de travailler librement dans les champs et limite les risques de vols facilités par les voitures” dit Martin, le maire.

Les patrouilleurs signalent les voitures garées illégalement près des vignes – “le gros de notre travail durant les vendanges”, selon Krust. “Tous les ans, nous distribuons 50 à 100 PV pour mauvais stationnement.”

Ce matin, une voiture bloque leur chemin et, dans les parages, un chapeau de paille pointe au-dessus d’une rangée de grappes de muscat rouge. Les brigadiers approchent pour enquêter.

Veronique Zimpfer, propriétaire du chapeau et des vignes est assez contente de se soumettre à un contrôle d’identité. “S’il n’y a pas de vérifications, les gens feront simplement ce qui leur plaît” déclare Zimpfer qui possède une centaine de vignes à flanc de colline à Soultz.

Elle ajoute que les vignes sont le cadre de petits délits plus nombreux que vous ne l’imaginez : grains volés, vignes déracinées et même des cas de seringues de drogués abandonnées. “Nous ne pouvons pas toujours être là, donc nous ne savons pas tout ce qui se passe pendant la période des vendanges”, dit-elle. “C’est rassurant de savoir que quelqu’un nous protège.”

Glossaire : 

advenir (v.) : to happen

à l’affût (exp.) : on the lookout

battre son plein (exp.) : to be in full swing

brouter (v.) : to graze

contrôle d’identité (n.m + n.f) : ID check

endosser (v.) : to take the responsability

flatter (v) : to tap

foyer (n.m.) : here the hotbed

malfaiteur (n.m.) : a criminal

mandat (n.m.) : authority

paisible (adj.) : peaceful

passible (adj.) : liable to

patrouille : patrol

prisé (adj.) : popular

sillonner (v.) : to furrow

vendange (n.f.) : grape harvest

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IN ENGLISH PLEASE

Crime in the vines: Alsace fights grape theft on horseback

Few places are more peaceful than the gentle slopes of France’s Alsace wine region — but should any heinous crimes like grape theft occur, Jason the horse is on hand to catch the perpetrators.

Jason, a handsome black-maned chestnut, is part of a “green brigade” charged with environmental protection in the Haut-Rhin region bordering Germany and Switzerland.

“Horses are the best way of getting around places where you can’t go by car,” says his rider, 52-year-old Nicolas Krust.

Over the course of a day, Krust and his equally uniformed patrol partner Daniel Dagon amble 40 kilometres (25 miles) around the little town of Soultz-Haut-Rhin on the lookout for delinquents among the vines.

“It’s rarely big heists,” admits Dagon, who is about to celebrate 10 years riding his gelding Seigneur.

“But thefts of a few bunches of muscat grapes often get reported.”

Wine grapes tend to have thicker skins than those grown for the table and are less crunchy, but the muscat variety is popular for both eating and wine-making.

The picking season for grapes used in Alsace’s sparkling cremant wine may be over for the year, but the harvest is still in full swing for many other varieties in the region, leaving the vines vulnerable.

People caught stealing grapes face a fine of up to 500 euros ($585) and an official report is sent to local prosecutors, who decide whether to follow up with an investigation.

Home to around 6,000 people, Soultz-Haut-Rhin, about 50 kilometres from the German border, is not exactly a hotbed of crime — Krust sees one or two such cases go to police every year.

“You still need to be there to witness it,” he said.

Roland Martin, the mayor of neighbouring Wuenheim, thinks it’s thanks to the patrols that the local community sees so little crime.

“For several years we haven’t had many problems with theft which is linked to the presence of the green brigades,” he says.

– Vineyard ID checks –

Founded in 1989, Haut-Rhin’s green brigade counts 63 officers, 16 of them on horseback. Their remit ranges from patrolling the forests to preventing litter.

“They have a deterrent effect that prevents vandalism and theft,” said Denis Meyer, a town councillor in Soultz.

Stopping to nibble on the weeds or even to help themselves to some grapes, the horses meander through different plots — some growing aromatic gewurztraminer vines, others light pinot or sweet muscat.

With no crimes to report this morning, Krust and Dagon take on the role of ambassadors for environmental protection, chatting to joggers, cyclists and hikers who stop to give the horses a pat.

In August, Soultz and Wuenheim ban cars from the small rural roads serving the vineyards until the end of the picking season, apart from those of the growers themselves.

“This allows growers to work freely in the fields and limit the risks of thefts facilitated by a car,” said Martin, the mayor.

The patrollers flag up cars parked illegally near the vines — “the bulk of our work during the picking”, according to Krust.

“Every year we hand out between 50 and 100 tickets for bad parking.”

This morning there’s a car blocking their path, and nearby, a straw hat poking out of the rows of red muscat grapes. The brigadiers approach to investigate.

Veronique Zimpfer, owner of both the hat and the vines, is quite happy to submit to an ID check.

“If there are no checks, people will just act as they please,” says Zimpfer, who owns around 100 hillside vines in Soultz.

She adds that the fields see more petty crime than you might think: grapes pinched, whole vines uprooted, and even cases of abandoned drug syringes.

“We can’t always be here, so we don’t always know what’s happening during the picking season,” she says. “It’s reassuring to know that someone’s watching over us.”

AFP

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