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[ DESTINATION PACIFIQUE ] – Lumière sur les Fidji, où le rugby est roi

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Archipels dispersés au beau milieu de l’Océan Pacifique, les pays d’Océanie sont peu connus des Européens. Afin de vous aider à les comprendre, le Courrier Australien vous présente chaque semaine une destination spécifique. Ce jeudi, nous mettons le cap sur les Fidji, un pays qui a su « transformer l’essai »

Les Fidji se trouvent à 2000 kilomètres des côtes australiennes.

Superficie : 18 270km2. Population : 910 000 habitants. Capitale : Suva

Le 24 novembre 2018, l’Ovalie a été secouée par un petit séisme. Ce soir-là, au Stade de France, le XV de France s’est incliné face aux Fidji, anonyme nation du Pacifique qui jouait à près de 15 000 kilomètres de ses bases. Un exploit sportif sans précédent.

Un exploit démographique, aussi. Aux Fidji, on dénombre moins d’habitants qu’en Seine-Saint-Denis. Et pourtant. Ce pays, amoureux du ballon ovale, s’est offert le scalp de l’une des « grandes » nations du rugby. Alors que la Coupe du Monde au Japon approche à grands pas, ce succès laisse augurer le meilleur pour les Fidjiens.

Les Fidji, petit poucet du top 10 mondial 

Comment le rugby, né sous le crachin d’Angleterre, s’est-il développé en Océanie ? On connaît la formation néo-zélandaise, double championne du monde en titre. Mais il n’y a pas que les All Blacks. D’après le dernier classement IRB, cinq des vingt meilleures nations au monde ( Nouvelle-Zélande, Australie, Fidji, Tonga, Samoa ) se trouvent dans le Pacifique. Mieux : les Fidji, classées au huitième rang, talonnent la France. Elles pourraient même espérer mieux, dans la mesure où ce ne sont pas les forces vives qui manquent. La fédération fidjienne de rugby compte 80 000 licenciés. Soit près d’un habitant sur dix.

On doit la prépondérance de ce sport à la colonisation britannique. En 1874, Cakobau, l’un des principaux chefs autochtones des Fidji, signa un « traité de cession » plaçant le territoire sous l’autorité du Royaume-Uni. Les Anglais, qui connaissaient l’Océanie depuis les expéditions de James Cook, poursuivaient de la sorte leur installation progressive au sein du continent. À la fin du XIXème siècle, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et la quasi-totalité des îles avoisinantes étaient des sujets de l’Empire. En tant que colonie de la Couronne, les Fidji furent bientôt peuplées d’Européens qui apportèrent avec eux leurs sports favoris.

Un sport apporté par les Anglais

Selon le site de la fédération fidjienne, l’importation du ballon ovale sur l’archipel fut actée en 1884. Cette année-là, Européens et Fidjiens jouèrent pour la première fois ensemble. Aux origines, le rugby était plébiscité des militaires britanniques et des membres du « Native Constabulary », la police indigène locale. Mais l’Ovalie prospéra dans les villes fidjiennes, et notamment à Suva, la future capitale. En 1913, la Fiji Rugby Football Union fut créée. L’année suivante, une rencontre amicale opposa la première sélection fidjienne de l’Histoire aux All Blacks – pour une défaite 67-3.

Les premiers joueurs fidjiens étaient surtout des expatriés. Cependant, l’intérêt grandissant des locaux pour le ballon ovale permit au rugby de devenir le sport national dès le milieu du XXème siècle. Pourquoi le rugby est-il devenu aussi populaire sur ces îles situées « sous le vent » ? Sans doute parce qu’il allie tradition et modernité, comme le montre l’exemple du cibi. Cette danse guerrière était à l’origine réalisée par les soldats de l’archipel, qui s’armaient ainsi de courage au moment d’affronter leurs ennemis.

En 1939, alors que les Fidjiens s’apprêtaient à partir en tournée en Nouvelle-Zélande, leur capitaine décida que le cibi serait effectué face aux Néo-Zélandais, en réponse au fameux haka. Résultat : la sélection fidjienne ne perdit aucun des huit matchs disputés chez les Kiwis. Depuis, toutes les rencontres des Fidjiens sont précédées d’un cibi. Qui a dit que le rugby n’était pas un sport de combat ?

Champions du monde, champions du Pacifique, champions olympiques

Dans le Pacifique, le rugby est aussi l’expression de conflits ancestraux. Il possède une signification politique. Ainsi, les Fidji entretiennent avec l’archipel des Tonga une rivalité sportive qui persiste malgré les décennies. Elle s’inscrit dans la lignée d’une animosité réciproque ayant entraîné de multiples guerres par le passé. Les deux nations se battent dorénavant sur le terrain, même si l’avantage est aux Fidji.

Au regard de sa taille, les statistiques « ovaliennes » du pays ont de quoi impressionner les puristes. Si l’on commence par s’intéresser à la discipline reine, il faut noter que la sélection fidjienne de rugby à XV a atteint les quarts de finale de la Coupe du Monde à deux reprises, en 1987 et en 2007. Pourtant, c’est une autre forme de rugby qui a donné ses lettres de noblesse à l’archipel. En 2016, la sélection fidjienne de rugby à 7 est allée décrocher l’or olympique à Rio. Un succès loin d’être anecdotique, puisque cette médaille d’or fut la première dans l’Histoire du pays.

Résister aux sirènes de l’étranger : un challenge pour les Fidjiens

On l’aura compris, les Fidji sont en progression constante. Ces îles sont néanmoins confrontées à un défi d’envergure : conserver leurs jeunes pousses. Il n’est malheureusement pas rare que de jeunes joueurs fidjiens décident de rejoindre des sélections étrangères. Pourquoi ? Pour des questions de visibilité et de notoriété, mais aussi parce que les salaires sont souvent plus attrayants ailleurs. Les destinations de prédilection des rugbymen de l’archipel sont l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Avec de notables contre-exemples. Virimi Vakatawa est l’un d’entre eux. Ce dernier, qui a grandi aux Fidji et y a fait ses premières classes, était l’un des grands espoirs du Pacifique lorsqu’il prit la direction de la… France, où l’attendaient les recruteurs du Racing-Métro 92. Alors qu’il était éligible pour jouer avec la sélection fidjienne, Vakatawa fit le choix des Bleus.

Dans quelques mois, Vakatawa ira donc jouer la Coupe du Monde avec l’équipe de France. Pour y affronter les Fidji, le pays de son enfance ? Une chose est sûre : au contraire de nos Bleus ( mais non, ne vous fâchez pas, on taquine ), les Fidjiens n’iront pas à Tokyo pour y jouer les seconds rôles. L’aventure commence le 21 septembre prochain. Contre l’Australie…

Sources : IRB, FijiRugby, Le Monde


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franckprovost
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