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Did You Know – Black Saturday : le Victoria commémore les 10 ans de la tragédie

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Ce mois-ci, le Victoria commémore les 10 ans de Black Saturday, la journée noire du 7 février 2009 qui a vu de nombreux incendies décimer le bush (mélange typique de forêts et de broussailles), mais aussi les pâturages et les maisons. Les feux auront surtout fait un nombre record de victimes : 173 personnes, plus 7 décédées après-coup des suites de leurs blessures. Le bilan le plus lourd référencé en Australie pour ce type de drame. Un bien triste anniversaire.

Des conditions météorologiques exceptionnelles

Le 7 février 2009, journée officiellement la plus meurtrière dans l’État, a été précédé par une semaine de très fortes chaleurs qui ont touché tout le sud-est du Victoria. Du 28 au 30 janvier, les températures ont stagné aux alentours de 43°C, avec un pic à 45,1°C le dernier jour. Trois raisons cumulées ont expliqué cette canicule : la présence d’un anticyclone sur la mer de Tasman, le passage d’une intense dépression tropicale au nord-est du pays, et une vague de mousson dans le nord. Le vendredi 6 février, le Premier* de l’époque, John Brumby annonce une journée « aussi mauvaise que possible (…) la pire dans l’histoire de l’État » pour le lendemain, enjoignant la population à faire preuve de « bon sens« . 358 soldats du feu sont déjà déployés en prévision des feux à venir.

Le fameux samedi, un vent chaud et sec souffle à 100 km/h. Associé à des températures qui vont culminer à 46°C à Melbourne et à un taux d’humidité ridiculement bas… les conditions sont réunies pour que se réalise la catastrophe annoncée. Les bourrasques font tomber un poteau électrique dans la région de Kinglake/Whittlesea, c’est l’étincelle qui se transformera rapidement en brasier autour de Kilmore East. Au total, 400 départs de feu sont déclarés ce jour-là. Horsham, Beechworth, Bendigo et Marysville.. sont parmi les villes les plus touchées. Le 8 février, des foyers encore actifs se rejoignent et s’étendent. De fait, il faudra attendre la mi-mars pour que des conditions plus clémentes permettent l’extinction totale des incendies. 19 000 pompiers auront été mobilisés sur les différents fronts.

Un bilan, une enquête

173 morts dont 120 dans la seule région de Kinglake, 414 blessés, 450 000 hectares partis en fumée, 3500 bâtiments, 2029 maisons… Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Quant à la RSCPA (Royal Society for the Prevention of Cruelty to Animals), elle évalue à plus d’un million le nombre d’animaux sauvages ou domestiques pris dans l’enfer des flammes. Une hécatombe.

Avant même ce bilan, le Premier a lancé une commission d’enquête royale chargée de répondre aux questions essentielles. Pourquoi le feu a-t-il pu se propager avec une telle ampleur ? Comment s’est déroulée la gestion institutionnelle de la crise, avant, pendant et après ? Que faire pour que cela ne se reproduise plus ?

Au bout de 18 mois et l’audition de 434 témoins, 67 recommandations sont faites. Parmi celles-ci, la commission préconise une meilleure anticipation des risques, une communication plus importante à destination du public et une plus grande vigilance en matière de construction ou zones constructibles. Il recommande aussi la rénovation des plus vieilles infrastructures électriques – toujours en cours à ce jour.

De son côté, la justice a enquêté sur la piste criminelle, arrêtant plusieurs jeunes gens dont l’un s’est avéré avoir des problèmes mentaux.

Des risques qui perdurent

Aujourd’hui, la population touchée ne s’est pas encore remise. En 2016, plus de six ans après la tragédie, un quart des personnes affectées par les feux souffraient toujours de dépression ou de stress post-traumatique, d’après une étude. La preuve que le temps de résilience n’est pas encore arrivé. Cette année, alors que les cérémonies de commémoration du dixième anniversaire de « Black Saturday » ont commencé, certaines voix s’inquiètent toujours et demandent un renouvellement plus rapide du parc électrique vétuste de l’État, une meilleure aide aux victimes, une couverture téléphonique plus efficace, ainsi qu’une prise en considération des risques liés au réchauffement climatique. Les feux, hélas, ne sont pas une nouveauté en Australie ; il faut s’attendre à d’autres tragédies… et s’y préparer.

Du point de vue de la communication, le Victoria a également évolué. Ainsi, le fameux « Stay and defend » (rester et protéger) a été remplacé en 2014 par une autre exhortation : « Leave and live » (fuir et vivre). Aujourd’hui, c’est le « Leave early » (partez tôt) qui prévaut. Une manière d’inciter à changer ses habitudes… surtout dans l’État du Victoria. D’après une étude, en 110 ans (de 1901 à 2011) ce dernier a en effet payé le plus lourd tribu du pays en termes de morts par le feu avec 505 victimes contre 5 à Canberra ou 139 en Nouvelle-Galles du Sud.

Valentine Sabouraud

* On différencie le « Premier ministre » de (toute) l’Australie des « Premiers » qui, eux, sont à la tête de chacun des États.

Une histoire : en 1923, le Victoria remettait 500 000 AU$ à Villers-Bretonneux pour y reconstruire une école primaire qui prendra d’ailleurs le nom de Victoria. En 2009, la petite ville française ainsi que ses voisines Hamel et Marcelcave réunissent à leur tour 13 700 € pour aider à la reconstruction de la bibliothèque de Strathewen primary school décimée lors des incendies de ce fameux Black Saturday. Un geste de solidarité qui rappelle les liens particuliers qui unissent la France et l’Australie.

Sources : wikipedia, the conversation, nma, the age, abc

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franckprovost
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