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[ DID YOU KNOW ] – Dix femmes qui ont marqué l’Australie

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Caroline Chrisholm (1808-1877) ou la défense des immigré(e)s européen(ne)s au milieu du XIXe siècle 

Caroline Chrisholm est une figure incontournable du mouvement de défense des migrants au tournant de la deuxième partie du XIXe siècle. En 1840, elle fonde plusieurs refuges pour les migrantes accusées notamment de prostitution sur le vieux continent et déportées en conséquence. Elle fonde avec les Sœurs chrétiennes de la Charité quatre hôpitaux dont l’hôpital Saint-Vincent de Sydney en 1857, un hôpital prodiguant une aide sanitaire d’urgence gratuite.

Avec l’appui décisif d’Élizabeth Macquarie -l’épouse du célèbre Lord Macquarie- elle fournit également une aide juridique et des conditions d’hébergement facilitées pour la communauté irlandaise fuyant les famines des années 1850-1860.

Ses actions humanitaires lui valent par la suite une renommée et une grande influence dans les cercles philanthropiques de l’époque victorienne.

Elle est canonisée par le pape Benoît XVI en 2010, devenant ainsi la première australienne à être ainsi honorée par l’Église catholique.

La Reine Victoria (1819 – 1901 ) « The Queen » 

Son règne, l’un des plus longs d’Europe, est une période de profonds bouleversements sociaux, économiques et technologiques en Grande-Bretagne. En revanche, le règne de Victoria en Australie est extrêmement court : couronnée reine d’Australie avec l’entrée en vigueur de la Constitution le 1er janvier 1901, elle décède 22 jours plus tard.

Même si l’histoire entre la reine Victoria et l’Australie demeurera une romance inachevée, elle reste et restera  » The Queen » pour de nombreux Australiens.

Maybanke Anderson ( 1845-1927 ) : figure centrale du mouvement des suffragettes australiennes

Aux confluences du mouvement ouvrier et de la question féministe qui émergent au XIXe siècle, Maybanke Anderson apparaît comme le fer de lance du mouvement des  »suffragettes australiennes ».

En proie à un mariage précoce, ponctué de violences conjugales, et à de nombreuses grossesses, Maybanke Anderson est confrontée très tôt à la violence de la société patriarcale. Profitant de la Divorce Law de 1892, elle arrache un divorce contre son mari pour  »3 ans de désertion conjugale  » et  »d’alcoolisme répété ».   Ses années de célibat la confortent dans l’idée d’un grand réveil féministe nécessaire en Australie. Influencée par l’œuvre de Mary Wollstonecraft  (1759-1797) notamment Pensées sur l’éducation des filles (1787) et persuadée que seule l’éducation peut faire advenir ce grand réveil, elle ouvre, en 1885, une école de filles à son domicile.

En parallèle, elle devient une figure de proue du mouvement pour le droit de vote des femmes en Australie : elle est, depuis 1894, rédactrice en chef  de Woman Voice, l’un des bimensuels féministes les plus influents au monde. Fruit d’une longue lutte, le droit de vote des femmes est reconnu officiellement en 1902, un an après la proclamation de l’État fédéral australien.

Emily Kame Kngwarreye ( 1910-1993) : une artiste aborigène fascinante 

C’est l’une des artistes aborigènes contemporaines les plus importantes au monde. Pour autant, son œuvre ne commence….que lorsqu’elle atteint l’âge de 80 ans.

Elle peaufine sa technique lors de cérémonies traditionnelle où elle excelle dans la confection de batik, impression d’étoffe d’origine sub-saharienne, classée depuis 2009 au patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

Du Batik, elle se tourne vers la peinture sur toile au tournant des années 1980, « plus simple à travailler » selon elle. Elle s’applique alors à révolutionner l’art traditionnel aborigène et son succès sera immédiat. Un de ses chefs-d’œuvre, Alaqura Profusion, se vend pour plusieurs millions de dollars.

Fascinée par l’igname, une plante désertique extrêmement rare mais essentielle à la survie de l’homme dans le désert, elle cherche dans son œuvre à retranscrire le modèle original de croissance de cette plante par un style linéaire et déstructuré inspiré de l’artiste américain Jackson Pollock.

Freda Brown (1919-2009)  : une voix discordante dans les eaux calmes de la politique australienne

Tantôt honnie pour son soutien à l’URSS, tantôt admirée pour sa sympathique proximité et la hauteur de son verbe, Freda Brown a sans conteste marqué le paysage politique australien de l’après-guerre.

Membre du Parti communiste puis du Parti socialiste australiens après l’invasion de la Tchécoslovaquie en 1968, Freda Brown n’a jamais été élue. Pourtant, elle bénéficie d’une large couverture médiatique à partir des années 1970. Les Australiens s’enthousiasment alors rapidement pour cette femme déployant, avec humour et décalage, un humanisme radical rafraichissant dans un paysage politique convenu et policé.

En parallèle de ses actions syndicales et militantes, elle travaille en étroite collaboration avec la section féminine du Congrès national africain. Âgée de 85 ans, elle reçoit en 2004 une décoration de l’État Sud-Africain pour son engagement contre l’apartheid.

Germaine Greer (1939-…) : une auteure majeure au sein du féminisme de la deuxième vague 

Si la première vague du féminisme apparaît très tôt dans l’histoire australienne au tout début du XXe siècle, la deuxième vague se fait attendre. Pour autant, avec La femme eunuque, l’écrivaine et scénariste d’obédience marxiste Germain Greer va poser les jalons du féminisme de combat au milieu des années 1970. Considérée comme une référence absolue de la deuxième vague, Germaine Greer veut arracher la femme australienne de son foyer et de son statut de mère ou d’épouse que la société patriarcale lui a assigné.

Elle prône un féminisme controversé, au cœur de nos débats contemporains : exaltation des différences biologiques entre homme et femme plus que leur éradication, libération plus que la recherche d’égalité femmes/hommes…Autant d’éléments qui font d’elle une figure tant incontournable que controversé au sein du mouvement féministe mondial.

 

Elisabeth Blackburn (1948-…) : une pointure en biologie moléculaire couronnée d’un prix Nobel

Elizabeth H. Blackburn est à ce jour l’unique femme lauréate d’un Prix Nobel en Australie. Mais l’écrasante majorité des hommes primés ne doit pas cacher l’immense influence qu’elle exerce sur la biologie moléculaire aux États-Unis où elle exerce depuis 15 ans à l’Université de Californie à San-Francisco.

Originaire de Tasmanie, cette chercheuse australienne découvre en 1985 une enzyme, la télomérase, qui permet de conserver la longueur des chromosomes en ajoutant à l’extrémité de ceux-ci des structures non-condantes appelées « télomères ». Dans les années 1990, cette découverte est capitale et permet de comprendre les mécanismes de développement des cancers et de dégénérescence cellulaire. Cette découverte immense est couronnée du prix Nobel de médecine en 2009.

Julia Gillard (1961-…) : le chemin de la réconciliation de la nation australienne

Après la défection de Kevin Rudd à la tête du gouvernement, elle devient le 24 juin 2010 la première femme a accéder au poste de Premier ministre en Australie. Son mandat durera trois ans mais sera marqué par la reconnaissance officielle par l’État australien des crimes perpétrés contre les indigènes dans la première moitié du XIXe siècle.

Le 9 octobre 2012, afin d’appuyer la démission du président de la Chambre des Représentants Peter Slipper accusé de harcèlement sexuel, Julia Gillard livre un discours vibrant contre les violences faites aux femmes en accusant au passage le leader de l’opposition libérale, Tony Abbott, de réguliers  » propos sexistes et misogynes  » . Cet appel, ayant reçut une large couverture médiatique internationale est un devenu véritable discours de référence.

 

Nicole Kidman ( 1967-…) : une carrière pas comme les autres 

Nicole Kidman est sûrement l’actrice la plus marquante de sa génération à l’instar de Meryl Streep dans les années 1980-1990.

Devenue est quelques années seulement l’une des comédiennes les plus célèbres et les mieux payées d’Hollywood, Nicole Kidman impressionne par la densité émotionnelle de son jeu et par l’audace de ses choix de carrière, alternant cinéma indépendant ( Dogville de Lars Van Trier ) et importantes productions hollywoodienne ( A la croisée des Mondes de Bar Luhrmann )

Un Oscar, cinq Golden Globes, deux Emmy Award, un BAFTA, un Ours d’Argent, le Prix anniversaire du Festival de Cannes pour l’ensemble de son œuvre, une étoile à Hollywood…son immense talent n’est plus à prouver.  À 51 ans Nicole Kidman n’est pas encore décidée à sortir du circuit : elle est actuellement à l’affiche de Destroyer le dernier thriller réalisé par Karyn Kusama.

 

Cathy Freeman ( 1973-…) : une militante au sommet de l’athlétisme mondial

Première indigène à devenir médaillée d’or des Jeux du Commonwealth à l’âge de 16 ans en 1990, Cathy Freeman est rapidement devenue une icône en Australie. Spécialisée dans le 400 mètres, double championne du monde et championne olympique des JO de Sydney, la sprinteuse est surtout un formidable porte-parole engagée dans la cause des droits indigènes. 

Depuis sa retraite sportive en 2003, Cathy Freeman est ambassadrice de l’Australian Indigenous Education Foundation.

Au-delà d’être une sportive hors-norme, Cathy Freeman représente, pour les Australiens, la flamme de la réconciliation de la Nation australienne avec ses minorités aborigènes.

En France, elle restera la rivale historique de Marie-José Perrec, notamment lors des JO d’Atlanta en 1996 et ceux de Sydney en 2000.

Gauthier Mesnier 


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franckprovost
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