fbpx
Copyright LE COURRIER AUSTRALIEN 2016
HomeACTUAUSTRALIE[ DID YOU KNOW ] – Le plan secret de Napoléon pour envahir l’Australie

[ DID YOU KNOW ] – Le plan secret de Napoléon pour envahir l’Australie

franckprovost

François Péron. Un nom qui ne dit pas grand chose au commun des mortels. Pourtant, sous couvert d’expédition scientifique, cet « anthropologiste » français a bien failli être le clef de voûte d’une invasion militaire française en Australie au tout début du XIXe siècle. 

L’occasion était trop belle et pourtant la chance a tourné en faveur des Britanniques : en 1788, le capitaine James Cook débarque à Botany Bay deux jours avant Jean François De La Pérouse, le marin français envoyé par Louix XVI. Depuis, l’amertume règne chez les hauts gradés de la Marine Française : cet échec cuisant leur ferme l’accès à la propriété et aux ressources du continent.

En accédant au titre de premier consul, le jeune Napoléon Bonaparte veut asseoir son leadership en Europe en affaiblissant le voisin britannique. Il décide alors d’instrumentaliser l’amertume du fiasco de 1788 en lavant l’affront : sous son commandement, la Marine française prendra le contrôle du territoire australien.

L’ouverture des archives de la Marine française a permis il y a peu de mettre en lumière ce plan d’invasion. Espion mandaté par le Consulat pour renseigner la Marine Française sur le système de défense de la jeune colonie britannique à Botany Bay, François Péron a une mission : affaiblir la puissance britannique dans la région.

Après avoir perdu la bataille pour la possession des Indes sous Louis XV dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, l’objectif pour le premier consul Napoléon Bonaparte est de contenir par tous les moyens le déploiement des forces britanniques dans le Pacifique.

D’emblée, la partie s’annonce aisée pour la Marine française :  le port de la colonie n’est protégé par aucune fortification. « Seulement deux frégates pourraient bloquer une flotte entière » précise François Péron au ministère de la Marine.

Très vite, une équipe de « chercheurs » s’attelle au travail minutieux du renseignement militaire. Tissant des liens étroits avec l’occupant, François Péron s’applique en parallèle à identifier des potentiels alliés sur place en cas d’invasion. Il compte en effet s’appuyer sur les émigrés irlandais, pour la majorité d’entre-eux prisonniers politiques sévèrement punis après une rébellion avortée en 1798. Entre temps, Nicolas Baudin, capitaine de bateau, cartographie les côtes aux alentours pour un possible débarquement.

En 1804, le plan d’invasion est prêt. Il s’articule en deux temps : blocus puis soulèvement des Irlandais. Sans tirer un coup de canon, la jeune colonie britannique installée autour de Port Jackson doit tomber comme un fruit mûr dans les mains des militaires français.

Seulement voilà, le 21 octobre 1805, « l’Empereur des Français », en croisade contre le Royaume-Uni, se voit infliger une sévère défaite à la bataille navale de Trafalgar, dans les eaux du détroit de Gibraltar. La victoire britannique est totale. Elle conforte jusqu’à la Première Guerre Mondiale la suprématie de la Royal Navy sur les mers. L’Empire français, qui perd deux tiers de sa flotte, renonce à l’invasion du continent australien.

L’idée d’une invasion ne réapparaît qu’en juin 1810. L’Empereur décide alors d’attaquer Port Jackson depuis l’Isle de France, l’actuelle île Maurice.

En juillet, 4 frégates et 1500 hommes à leur bord sont prêts à prendre d’assaut la colonie mais l’opération est retardée. En décembre 1810, les services secrets anglais démasquent ce plan et conseille au roi George III une attaque préventive. Quelques jours plus tard, l’armée britannique anéantit la flotte française au large de l’île Maurice.  C’est la fin du rêve australien pour Napoléon.


Suivez Le Courrier Australien sur Facebook et Instagram et abonnez-vous gratuitement à notre newsletterDes idées, des commentaires ? Une coquille, une inexactitude ? Contactez-nous

 

Comments
franckprovost
Share With: