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Did You Know: Le sauvetage côtier, spécialité australienne devenue sport international

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Dans un précédent article, nous revenions sur la naissance du sauvetage côtier en Australie : une activité qui mobilise aujourd’hui plus de 40 000 bénévoles très entraînés pour la surveillance des quelque 36 000km de côtes du pays.

Mais le sauvetage côtier est aussi devenu un sport national Down Under.

En effet, dès leur création, les clubs imaginent des compétitions pour encourager leurs bénévoles à « sauver mieux et plus vite » ; autrement dit, à entretenir et améliorer leur condition physique et compétences. C’est ainsi que naît en Australie le sauvetage sportif côtier, une discipline d’un genre unique alliant performance et solidarité — ce qui explique en partie son succès dans ce pays tout neuf qui se cherche une identité. De nombreux surf carnivals ont lieu pendant la saison estivale ; outre leur aspect sportif et le fait qu’ils permettent de récolter des fonds pour les clubs, ces manifestations permettent aussi de rassurer le public sur les capacités de ceux qui veillent sur eux.

Dans les années 20 et 30, les surf carnivals drainaient des publics de dizaines de milliers de personnes. Leur popularité était telle qu’ils étaient aussi proposés à l’occasion d’événements marquants, tels que l’inauguration de l’Harbour Bridge de Sydney. Pendant la deuxième guerre mondiale, les soldats australiens en organisent même sur les lieux de combat lorsqu’ils sont off duty. Ainsi des compétitions de sauvetage côtier ont été organisées à Gaza, à tel Aviv ou encore en Nouvelle-Guinée.

Un sport alliant modernité et tradition

Considéré comme sport national Down Under, les surf carnivals ont traversé le vingtième siècle et sont toujours aujourd’hui des manifestations très populaires. Créé en 1946, l’Australian Surf Life Saving Championships, le championnat national, a lieu tous les ans début avril. Surnommé The Aussie, il mobilise jusqu’à 8000 participants issus des 314 clubs de sauvetage du pays.

Surfboat

Les sauveteurs s’affrontent dans une grande diversité d’épreuves mettant en jeu performance physique, compétence en sauvetage et force mentale. Les compétitions se déroulent aussi bien sur le sable qu’en milieu aquatique : sprint, natation, remorquage de mannequin, courses avec planche de sauvetage ou bouée, en kayak de mer et en surfboat.

Les épreuves sont inchangées depuis la création de la discipline, si bien que certaines sont désormais de nature purement folklorique, uniquement destinées à maintenir les traditions du sauvetage côtier tel qu’inventé au début du XXème siècle.

Lors de l’épreuve de Rescue & Resuscitation, les équipes de sauveteurs simulent un sauvetage en utilisant le reel, une invention australienne : cette bobine de corde cirée à laquelle est attaché un harnais de sauvetage permet de tracter la victime jusqu’à la plage, qui n’est plus usité. Le reel

March Past

est encore à l’honneur pendant la March Past, qui consiste pour les équipes à défiler au pas en portant leur bobine ; elles sont jugées sur leur synchronisation et leur tenue.

 

Quant à l’épreuve du Beach Flags, elle pourrait s’apparenter à notre jeu de chaises musicales : couchés sur le sable, les compétiteurs doivent se lever et courir pour s’emparer chacun d’un bâton planté à 20m derrière eux. Il y a un bâton de moins que le nombre de participants et celui qui n’en a pas est éliminé.

L’épreuve reine est apparue à la fin des années 50 : l’Ironman (aussi appelée Oceanman) combine les quatre disciplines phares du sauvetage côtier. Elle consiste en six courses enchaînées sans interruption : trois dans l’eau — nage, kayak et planche — entrecoupées de trois sprints sur le sable. L’ordre des épreuves aquatiques est déterminé par tirage au sort.

 

 Une dimension internationale

Tandis que le sauvetage côtier se développe dans d’autres pays (notamment dans l’hémisphère sud mais aussi aux Etats-Unis), c’est le sauvetage aquatique en eau plate qui prévaut en Europe. Une fédération internationale est créée à Paris en 1910, après les graves inondations qui ont frappé Paris. Comme pour le sauvetage côtier, des compétitions sportives sont également organisées — mais elles mêlent natation et sauvetage et se déroulent exclusivement en piscine.

Le rapprochement des deux types de sauvetage, en eau plate et côtier, s’opère finalement en 1993 avec la création de l’International Life Saving federation (ILS). L’ILS organise pour la première fois les Championnats du monde de sauvetage sportif (eau plate et côtier) en 1994, en Grande-Bretagne. Depuis, cette compétition a lieu tous les deux ans.

 

Les Français dans le top 3

L’introduction du sauvetage côtier sportif « à l’australienne » est relativement récent, au regard de l’histoire de cette discipline Down Under : c’est en 1993, en Gironde, que les Français sont initiés à la discipline par deux sauveteurs australiens qui font venir, par conteneur, du matériel qu’on n’avait encore jamais vu en Europe : des planches et un kayak de sauvetage côtier, et des bouées-tubes. La France parvient ainsi à être représentée lors des premiers championnats du monde, l’année suivante.

Si les nations de l’hémisphère sud dominent toujours le sauvetage sportif, les autres pays et notamment la France ont bien progressé en trente ans. Bien que la discipline reste relativement méconnue dans l’hexagone, les Français y excellent : en 2012 à Adélaïde et en 2014 à Montpellier, ils ont terminé troisième des championnats du monde… derrière l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

L’édition 2018 se déroule actuellement à Adélaïde. Pour suivre la compétition, c’est ici !

Sources :

nma.gov.au, assra.fr, secourisme54.com, wikipedia

 

 

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franckprovost
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