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[ DID YOU KNOW ] – MONA, le musée d’art contemporain qui a révolutionné Hobart

Créé en 2011 par l’extravagant David Walsh, le Museum of Old and New Art (MONA) a rapidement redonné vie à Hobart, capitale de la Tasmanie, auparavant considérée comme endormie et peu attrayante. A l’occasion du Dark Mofo, festival créé par ce même Walsh, Le Courrier Australien a décidé de revenir sur la folle histoire de ce musée et son influence directe sur la ville qui l’a accueilli.

 

Hobart, ancienne colonie pénitentiaire reniée
Commençons par le commencement : comment était la ville avant l’arrivée du MONA ? Peuplée à l’origine par la tribu nomade des Mouheneer, elle est colonisée en 1803 à Redmond Mouheneer, sur la rive est de la rivière Derwent. Les premiers habitants sont rapidement tués par les nouveaux arrivants, que ce soit par assassinat direct ou par des maladies importées par les Européens, auxquelles ils n’étaient pas préparés. En 1804, la colonie pénitentiaire est transférée sur un meilleur site où se trouve la ville actuelle. Le commerce du phoque et de la baleine se popularise, les industries de la ville se développent. Le port d’Hobart sert aussi de point d’ancrage aux expéditions antarctiques australiennes et françaises (Terre Adélie) et de base logistique au brise glace français l’Astrolabe. Une ville industrielle en somme, très peu touristique et souvent considérée par les Australiens comme ennuyeuse et triste.

David Walsh, le visionnaire fou
Mais les choses vont changer. David Walsh, né à Hobart en 1961, y passe son enfance. Enfant de la working class, il étudie brièvement les mathématiques à l’université, entre deux parties de black jack dans le casino d’à côté. Il y rencontre Zeljko Ranogajec, l’un des meilleurs joueurs de black jack de la planète, qui deviendra son associé. Tous deux passent leur temps dans les casinos ou à parier lors des  courses de chevaux, grâce auxquels ils gagnent des milliers. En 1992, alors qu’ils sont en Afrique du Sud, les deux hommes remportent 20 000 dollars. Malheureusement pour eux, la loi sud africaine n’autorise pas à faire sortir une telle somme du pays. David décide donc d’acheter une antiquité du Niger dans une galerie – une porte de la fin du XIXème siècle – pour la même somme et de l’exporter en Australie. C’est à partir de là que sa collection d’objets d’art débute. En 2002, il fonde son premier musée à Hobart, le Moorilla Museum of Antiquities; c’est un échec. Trop classique, il n’est que peu visité et ferme en 2007. Loin de se décourager pour autant, David Walsh réouvre un second musée en 2011, MONA, bien différent cette fois du premier. Le lieu se présente comme un musée dédié au sexe et à la mort, à l’art contemporain provocateur. L’architecture est en adéquation avec les œuvres – étonnante, étrange, surréaliste – c’est une sorte de forteresse souterraine construite au bord de la rivière. Lorsque le spectateur  en franchit les portes, il se retrouve face à un grand escalier circulaire, théâtral. Aucune des expositions n’est indiquée, le but étant de perdre ses repères pour appréhender les œuvres d’un œil nouveau. C’est un succès : les touristes affluent en masse pour découvrir ce lieu dont tout le monde parle, la ville se développe pour les accueillir, et le musée reçoit l’Australian Tourism Award l’année suivante.

Une transformation culturelle et économique foudroyante mais controversée
Dans les cinq ans suivant l’ouverture du musée, le nombre de personnes visitant la Tasmanie a augmenté de 50%. Hobart est devenue une ville branchée, un peu hipster, qui fait parler d’elle. De nombreux restaurants, hôtels se sont adaptés à leur clientèle souvent sophistiquée. Bien qu’heureux de ce succès, David ne s’est pas arrêté là : il a créé son propre festival “Mofo” en été puis “Dark Mofo” en hiver. Tout aussi farfelu que le musée, “Dark Mofo” prévoit au départ une baignade nue dans la rivière glacée, un banquet, et des installations artistiques souvent provocantes. Très vite, il est complété par les concerts de musiciens renommés venus des quatre coins du globe. Il comprend maintenant plus de 700 artistes éparpillés dans 36 endroits différents de la ville, et a accueilli pas moins de 500 000 visiteurs l’année dernière. Seulement, voilà : l’extravagance de l’événement est loin de faire l’unanimité. En 2008, des chrétiens ont refusé l’installation de croix rouges inversées en bord de mer prévues par le festival. A ses débuts, la police avait menacé d’arrêter ceux qui prenaient part au festival, jusqu’à ce que le maire de l’époque, Damon Thomas, commence à les soutenir. Si le festival est maintenant mieux accepté, il fait toujours polémique. Et pour cause, en 2018, l’une des installations consistait par exemple à enterrer vivant un homme de 73 ans pendant 72 heures…

Une chose est sûre : les visiteurs, de plus en plus nombreux, ont toutes les chances de revenir marqués pour toujours par leur expérience dans ce drôle de monde qu’est le cerveau de David Walsh.

Crédit photo : Discover Tasmania 

Elise Mesnard


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