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E.Macron savoure la victoire des Bleus, espérant en récolter les bénéfices

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Pour le président Emmanuel Macron qui, depuis un an, sillonne la planète en affirmant que « la France est de retour », la victoire des Bleus au Mondial tombe à point nommé — au moment où il est confronté à des difficultés croissantes sur différents fronts.

E.Macron a fêté en personne la victoire de la jeune équipe française de football sur la Croatie 4 buts à 2 à Moscou, sautant et brandissant un poing victorieux à chaque but. Il a même exécuté un « dab » dans les vestiaires — un geste de victoire importé par les footballeurs et rappeurs américains — alors que l’équipe savourait son succès.

Au-delà du triomphe sportif, cette victoire va aussi être applaudie par le palais présidentiel parce qu’elle consolide la version qu’Emmanuel Macron promeut à l’étranger depuis son élection : celle d’une France jeune, dynamique, avec un rôle plus important sur la scène internationale.

« Cette victoire va améliorer l’image de la France pour plusieurs années et, de façon quasi-automatique, l’image de celui qui la dirige « , analyse Pascal Boniface, directeur de l’Institut des Relations Internationales et Stratégiques (IRIS) à Paris. L’ex-président Jacques Chirac avait vu sa cote de popularité bondir en 1998 lorsque la France avait gagné la Coupe du monde, alors même que ce Gaulliste âgé s’intéressait peu au foot et connaissait à peine le nom des joueurs.

Peu de résultats tangibles

Les actions diplomatiques d’E.Macron depuis sa prise de fonction en mai 2017 montrent une France en position de leader dans un monde de plus en plus divisé, un rôle dont le président et de nombreux observateurs pensaient qu’il avait été perdu pendant le mandat de François Hollande.

Le jeune président centriste a beaucoup voyagé pour promouvoir sa vision d’une réforme de l’Union européenne et mener la bataille contre le changement climatique. Il a aussi combattu le nationalisme et l’isolationnisme, réapparus à la fois en Europe et chez ses alliés traditionnels, les Etats-Unis, sous Donald Trump.

Pourtant, sur des problématiques allant de l’accord nucléaire iranien jusqu’aux initiatives pour stopper les conflits en Syrie et en Lybie, Macron a du mal à obtenir des résultats tangibles et sa conduite de la réforme de l’Union Européenne piétine.

Sa politique de réforme radicale des institutions françaises et de relance de la croissance économique a déclenché d’importants mouvements de grève. Sa cote de popularité est d’ailleurs au plus bas depuis son élection. Un sondage Odexa du 5 juillet a montré que seuls 29% des sondés trouvaient la politique d’E.Macron « équitable ». Si 75% le trouvent « dynamique », seuls 45% le disent « sympathique ».

« Effet de loupe »

Lors de son premier discours présidentiel, E.Macron avait promis d’aider la France à se sentir mieux avec elle-même et sur la scène internationale ; la performance enthousiasmante de sa jeune équipe de foot multi-ethnique est en cela un cadeau parfait. « Cette victoire aura évidemment un effet de loupe sur la France », confirme Paul Dietschy, professeur d’histoire à l’université de Franche-Comté et spécialisé dans l’histoire du football.

Avant d’assister à la finale, E.Macron a félicité le président russe Vladimir Poutine pour l’organisation d’une compétition qui s’est déroulée sans anicroche —  après des années de tension croissante entre Moscou et les pays occidentaux. « Le sport est souvent un prétexte. Les voyages de Macron en Russie pour la demi-finale et surtout la finale, avec de surcroît une France victorieuse, peuvent donner l’occasion d’un autre dialogue avec Poutine », considère Paul Dietschy.

Et les bénéfices politiques pourraient se poursuivre avec l’accueil en France de la Coupe du monde de rugby en 2023 puis les Jeux Olympiques l’année suivante.

« De même que les pongistes sino-américains en 1971 avaient permis de retisser des liens entre la Chine et les Etats-Unis, on peut imaginer que cela facilitera un dialogue franco-russe« , précise Paul Dietschy.

Sur le plan national, les scènes de liesse dans les rues qui ont conduit des étrangers à se tomber dans les bras contrastent positivement avec les tensions dans de nombreuses banlieues défavorisées de France. Beaucoup de jeunes de ces banlieues, qui sont souvent issus de familles d’immigrés, se plaignent depuis longtemps d’être traités comme des citoyens de seconde zone, injustement ciblés par la police.

« On veut espérer que cette France, si prompte d’ordinaire à douter, à macérer dans ses divisions, décide de puiser ici l’énergie pour aller de l’avant« , résumait lundi le quotidien français La Montagne dans son éditorial.

La question est aussi de savoir si E.Macron va pouvoir capitaliser sur cette opportunité d’ici à la fin de son mandat de 5 ans.

« C’est bon pour le moral du pays, mais ce qui comptera en 2022, c’est le taux de chômage, pas ce deuxième titre de champions du monde », conclut M.Boniface.

 

Glossaire :

aller de l’avant (exp.v.) : to move forward

anicroche (n.f.) : hitch

banlieue (n.f.) : urban neighbourhood

chômage (n.m.) : unemployment

cibler (v.) : to target

consolider (v.) : to reinforce

cote de popularité (exp.) : popularity rating

défavorisé (adj.) : deprived

effet de loupe (exp.n.m.) : magnifying effect

grève (n.f.) : strike

lien (n.m.) : tie

piétiner (v.) : to flounder

pongiste (n.m.) : ping-pong player

prompte (adj.) : quick

promouvoir (v.) : to promote

puiser (v.) : to draw, to collect

scène de liesse (exp.n.f.) : scene of jubilation

sillonner (v.) : to travel

sympathique (adj.) : likeable

(ça) tombe à point nommé (exp.v.) : (it) could not come at a better time

tomber dans les bras (exp.v.) : to jump into each others’ arms

vestiaire (n.m.) : changing room


IN ENGLISH PLEASE

Macron basks in World Cup glow, hoping to reap the benefits

For a president who has travelled the globe for a year telling audiences that « France is back », the country’s World Cup victory couldn’t come at a better time for Emmanuel Macron as he confronts growing challenges on multiple fronts.

The 4-2 defeat of Croatia in Moscow on Sunday by the young French team starring Kylian Mbappe was celebrated by Macron in person, who jumped and pumped his fists with each goal. He even broke out a « dab » in the changing room — a type of celebration imported from American football players and rappers — as the squad savoured its success afterwards.

Beyond the sporting triumph, it will also be cheered in the presidential palace for reinforcing a narrative Macron has promoted abroad since his election: of a young, dynamic France with a more prominent global role.

« This victory will improve France’s image for several years, and almost automatically that of its leader, » Pascal Boniface, director of the Institute for International and Strategic Relations, a French think-tank, said. Former president Jacques Chirac saw his polling numbers bounce in 1998 when France last won the World Cup even though the ageing Gaullist took little interest in football and barely knew the names of the players.

Few tangible results

Macron’s diplomatic objectives since taking power in May 2017 have been showing France as a key player in an increasingly fractious world, a role which he and many observers felt had been lost during the previous presidency of Francois Hollande.

The young centrist leader has travelled widely to push his blueprint for overhauling the European Union and spearhead efforts to fight climate change. He has also lead the charge against resurgent nationalism and isolationism, both on the continent and by its traditional ally the US under Donald Trump.

Yet on issues ranging from the fraying Iran nuclear deal to initiatives to end the conflicts in Syria and Libya, Macron has struggled to produce any tangible results and his EU reform drive is also floundering.

His far-reaching drive to reform French institutions and bolster economic growth has sparked mass strikes, with his poll numbers near the lowest since his election. An Odoxa survey published on July 5 found that just 29 percent of respondents thought Macron’s policies were « fair ». While 75 percent declared him « dynamic », only 45 percent considered him « likeable ».

‘Magnifying effect’

Giving his first speech as president, Macron had promised to make France feel better about itself and its place on the global stage, which makes the rousing performance of its young, ethnically diverse football squad a perfect gift. « This win is obviously going to have a magnifying effect on France, » said Paul Dietschy, a French historian specialising in football at the University of Franche-Comte.

Before attending Sunday’s final, Macron congratulated Russia’s President Vladimir Putin for organising a contest that went off without a hitch — after years of growing tensions between Moscow and the West. « Sports are often just a pretext. Macron’s trips to Russia for the semi-finals and especially the final, with France victorious no less, may have created the opportunity for a different type of dialogue with Putin, » Dietschy said.

And the political dividends could keep coming with the country set to host the rugby World Cup in 2023 followed by the Olympics the following year.

« In the same way that ping-pong diplomacy in 1971 allowed China and the US to restore ties, we could see this facilitating France-Russia relations, » Paul Dietschy said.

On the domestic front, the street parties which brought strangers into each others’ arms offers a welcome contrast to the tensions in many of France’s deprived urban neighbourhoods. Many youths in the so-called « banlieues », who often come from immigrant families, have long complained of being treated as second-class citizens unfairly targeted by police.

« We want to hope that this France, usually so quick to doubt itself and stew over its divisions, can find in this the energy to move forward, » the La Montagne newspaper wrote in an editorial.

The question is also whether Macron can capitalise on this opportunity before his five-year term ends.

« This is good for the country’s morale, but what’s going to matter in 2022 is the unemployment rate, not the second World Cup title, » Boniface said.

Source: AFP


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