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En attendant le catalogue des horreurs des banques australiennes

franckprovost

Des frais prélevés à des clients décédés 10 ans plus tôt, des employés qui empochent des enveloppes de liquide… Les Australiens attendent la publication imminente d’un catalogue des horreurs attribuées aux toutes-puissantes banques de l’île-continent.

Le secteur financier australien et son fameux « Big Four »  — la Commonwealth Bank, la NAB, ANZ et Westpac — vont au devant de fortes turbulences avec la remise d’ici dimanche du rapport intérimaire d’une Commission d’enquête royale sur leurs manquements.

Les quatre plus grandes banques australiennes font partie des institutions financières qui réalisent les bénéfices les plus importants au monde. Il y a une dizaine d’années, elles étaient couvertes de louanges pour être parvenues à bien mieux gérer la crise financière mondiale que leurs concurrentes américaines ou européennes.

Mais une cascade de scandales a contraint le gouvernement australien de centre-droit, pourtant largement acquis à leur cause, à ordonner à contre-coeur la création d’une Commission d’enquête nationale en fin d’année dernière.

Cette dernière a déjà entendu plus d’une centaine de témoins lors d’auditions qui ont jeté une lumière crue sur les pratiques du secteur.

Ainsi, des employés de la NAB ont été accusés d’avoir accepté des enveloppes de liquide pour valider des prêts douteux et atteindre ainsi leurs objectifs de vente. Des employés de la Commonwealth, la première banque d’Australie, ont, eux, facturé des frais à des clients décédés jusqu’à dix dans plus tôt.

 

« Réveil brutal »

« C’est un réveil brutal pour le secteur », a déclaré à l’AFP l’ex-président de l’autorité australienne de la concurrence, Graeme Samuel.

Le secteur doit reconnaître qu’il y a « quelque chose qui ne tourne fondamentalement pas rond ».

De nouvelles auditions sont attendues en novembre et la Commission présidée par l’ancien juge de la Haute Cour Kenneth Hayne doit rendre son rapport final avant le 1er février.

Dans son rapport d’étape, elle pourrait donner une première idée des infractions civiles et pénales susceptibles d’avoir été commises et faire de premières recommandations sur les choses à corriger.

En attendant, elle a déjà fait tomber des têtes.

En avril, la présidente de la société australienne de services financiers AMP, premier gestionnaire de fortune du pays, avait annoncé sa démission, emportée par des révélations sur des malversations généralisées qui avaient eu raison de son directeur général dix jours plus tôt. Entre autres abus, la facturation aux clients de services inexistants.

En 2008, tout le secteur recueillait les ovations pour être sorti indemne de la crise financière, notamment parce que les banques avaient eu le nez de ne pas investir dans des actifs « pourris ».

Pour certains experts, il se peut que les banques, mais également le gouvernement et les autorités de régulation, aient ensuite pêché par complaisance.

 

« Délais inacceptables »

« Il faut se rendre compte que les régulateurs courent le risque de tomber sous l’emprise du secteur », a observé M. Samuel.

« Eviter cet écueil implique un grand effort de discipline de la part du régulateur. Cela doit entraîner une prise de conscience. »

Le président de la Commission australienne des valeurs et investissements (Asic), James Shipton, plaide également pour une évolution des pratiques.

L’agence a rendu public mardi son propre rapport dénonçant notamment des « délais inacceptables » dans le signalement d’infractions par les banques.

Les grands établissements mettent ainsi en moyenne 1.726 jours, soit plus de quatre ans et demi, pour identifier certaines irrégularités importantes. Et même dans ce cas, les établissements mettent en moyenne 226 jours à indemniser les clients lésés.

M. Shipton a estimé que ces chiffres étaient en eux-mêmes une « triste mise en accusation » du secteur.

Les grandes banques australiennes ont été plombées par les scandales ces dernières années.

En juin, la Commonwealth a accepté de payer une amende de 700 millions de dollars australiens (530 M USD, 454 M EUR) pour mettre fin à des poursuites pour infractions aux législations sur le blanchiment et sur le financement du terrorisme.

En mai, elle a reconnu avoir eu un comportement « inadmissible » dans une affaire de manipulations de taux interbancaires en 2012 et accepté de débourser 25 millions de dollars australiens en amendes et frais de justice.

Quelques jours plus tôt, elle avait admis avoir perdu les données financières d’environ 20 millions de clients tout en assurant qu’il n’y avait pas lieu à s’inquiéter.

 

Source: AFP


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