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En Nouvelle-Calédonie, le ciel s’assombrit à l’approche du référendum sur l’indépendance

franckprovost

Le climat s’alourdit en Nouvelle-Calédonie à huit mois du référendum d’autodétermination, après l’implosion d’un groupe de travail voulu par le Premier ministre Edouard Philippe pour préparer le lendemain de cette échéance historique.

En visite récemment dans l’archipel, Manuel Valls, président de la mission d’information sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie de l’Assemblée nationale et Christian Jacob (LR), son rapporteur, ont constaté « une inquiétude, voire une peur sur ce qui peut se passer après » la consultation de novembre. Ils ont exhorté les responsables à « faire vivre le débat pour éclairer les enjeux » et préserver « les acquis » de trente ans de paix sur le Caillou, depuis la signature en 1988 des accords de Matignon qui avaient mis fin à plusieurs années de quasi guerre civile entre indépendantistes kanak et loyalistes « caldoches ». Ils ont été prolongés en 1998 par l’accord de Nouméa, qui organise la décolonisation.

Or, à peine les députés ont-ils eu le dos tourné que leurs conseils ont été jetés aux orties par une droite qui se déchire depuis des années. Mercredi, le Rassemblement-LR et les Républicains Calédoniens ont claqué la porte du groupe de travail souhaité par Edouard Philippe, qui lors de sa visite en décembre dernier comptait sur cette structure « pour dessiner le chemin du vivre-ensemble pendant et après la consultation ».

Placé sous l’autorité du haut-commissaire de la République (préfet) et baptisé le « G10 », ce groupe, dont la composition avait déjà provoqué des tiraillements, rassemble les principaux leaders des deux camps. Dimanche, ils ont étudié la date du référendum, envisagé le 4 novembre, dans la perspective de faire entériner cette date par les 54 élus du Congrès.

« prisme colonial »

Après la publication sur Facebook par le député Philippe Gomés (Calédonie ensemble, droite modérée) de l’exposé des motifs de la délibération, qui replace le scrutin dans son contexte historique, le G10 a viré au clash. « Nous désapprouvons profondément la vision négative et passéiste de ce (texte). C’est de l’auto-flagellation », a protesté Thierry Santa, président du Congrès (Rass. LR), jugeant « incompréhensible » la démarche de M. Gomés alors qu’une « charte de confidentialité » avait été conclue.

Quant à Sonia Backès, cheffe des Républicains Calédoniens, elle a fustigé « la repentance coloniale à outrance » du document que « Philippe Gomés a voulu passer en force ».

Principal parti non-indépendantiste, Calédonie Ensemble a condamné une attitude « irresponsable ». Son secrétaire général Philippe Michel estime « cet acte de rupture est le meilleur moyen de raviver les tensions », alors que le G10 est le seul espace de dialogue entre indépendantistes et non-indépendantistes. Pour M. Michel, l’exposé des motifs à la source de ces tensions est largement inspiré du Préambule de l’accord de Nouméa, approuvé en 1998 par plus de 72% des Calédoniens.

Dans les rangs indépendantistes, Louis Mapou, chef du groupe UNI (Union Nationale pour l’indépendance) s’est dit persuadé que les deux formations loyalistes « cherchaient un prétexte pour justifier leur départ ». « Ce sont de mauvais messages. Cela veut dire qu’ils n’assument rien de l’histoire, rien des décisions que nous avons prises ces dernières années », a-t-il déclaré, souhaitant « continuer à travailler » avec ceux qui le veulent. Il a en outre affirmé que « la question de la souveraineté concerne l’Etat et c’est donc avec lui qu’on discutera ».

Ces turbulences attisent les tensions alors que les indépendantistes radicaux menacent déjà de boycotter le référendum et qu’en face les plus droitiers agitent le spectre des évènements des années 1980, assurant qu’on est « exactement dans la même situation ».

« Les Accords ont échoué à résoudre le clivage essentiel (du paysage politique calédonien, ndlr). En trente ans les lignes n’ont guère bougé et le prisme colonial a survécu », analyse un observateur avisé.

Source: AFP


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