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En Nouvelle-Calédonie, le “ni oui ni non” du parti wallisien et futunien inquiète les loyalistes

Les Wallisiens et Futuniens de Nouvelle-Calédonie, où a lieu dimanche un vote sur l’indépendance, sont largement favorables à la France mais le parti qui les représente a laissé libre-choix à ses troupes, suscitant l’inquiétude des loyalistes.

“Notre position se veut centrale au milieu des deux blocs (loyalistes et indépendantistes) pour faire le pont entre eux”, explique Milakulo Tukumuli, président de l’Eveil Océanien (EO), lancé en mars 2019.”A titre personnel”, il votera non à l’indépendance dimanche, parce que “l’indépendance politique doit être la conséquence de l’indépendance économique”, mais sa formation n’a pas donné de consigne de vote.

“L’Eveil Océanien est une salade de fruits avec des loyalistes, des indépendantistes et des apolitiques”, justifie Veylma Falaeo, élue de la province Sud.

Voulant incarner “une troisième voie”, l’EO a fait une entrée fracassante dans le paysage lors des élections provinciales de mai 2019, en devenant l’arbitre du Congrès (assemblée délibérante), grâce aux trois élus sur 54 qu’il a décrochés. Les loyalistes ont 25 élus et les indépendantistes 26.

Le jeune parti, en choisissant de rejoindre le groupe UC-FLNKS (indépendantiste), a permis l’élection à la majorité absolue de l’indépendantiste kanak Roch Wamytan à la tête du Congrès.

“Faiseur de démocratie plutôt que faiseur de roi”, l’EO mène des alliances à géométrie variable pour tenter de casser la bipolarité du paysage, quitte parfois à semer la confusion dans les esprits. Car il a rejoint ensuite la liste du parti Avenir en confiance (non indépendantiste) pour l’élection des membres du gouvernement collégial.

“Notre démarche a besoin de pédagogie”, explique M. Tukumuli, pour qui les sujets économiques et sociaux doivent être la priorité pour réduire les inégalités, très marquées sur le Caillou.

Les Wallisiens et Futuniens ont fait souche en Nouvelle-Calédonie à partir des années 1950, venant y travailler à la construction d’infrastructures ou dans l’industrie du nickel. Troisième communauté de l’archipel situé à l’est de l’Australie, derrière les Kanak et les Européens, elle compte autour de 30.000 personnes et environ 8% des 180.640 électeurs pour le référendum.

Faute de développement, le petit archipel de Wallis et Futuna, situé à 2.000 km de Nouméa, ne compte guère plus de 11.500 âmes.

“Marionnettes”-

“Trop longtemps, on venait nous voir seulement au moment des élections. Si on ne prend pas notre place, personne ne nous la donnera”, assène le leader de 38 ans. “Lassés d’être des marionnettes de la droite”, les fondateurs de l’EO ont pour devise “Soyons capitaine de notre destin”.

L’ambition semble faire mouche notamment auprès des jeunes, de plus en plus formés, et inquiète à droite où les deux mouvements en campagne, Les Loyalistes et Calédonie ensemble (centre droit), ont multiplié réunions et meetings auprès de cette communauté.

“Lors du premier référendum, on estime qu’entre 3.000 et 4.000 électeurs Wallisiens et Futuniens se sont abstenus. Nous allons les chercher et observons un fort attachement à la France, mais dans les familles métissées (kanak), les enfants s’interrogent”, rapporte Epifania Gata, “ambassadrice” des Loyalistes, front de six partis non indépendantiste.

Même avis chez Calédonie ensemble : “La communauté est toujours très attachée à la France, sauf que j’ai entendu dire, surtout des jeunes, +pourquoi pas oui?+. Je trouve qu’il y en a de plus en plus”, confie Magali Manuohalalo, élue du Congrès. Pour le député Philippe Dunoyer, l’absence de consigne de vote de l’EO risque surtout de pousser les électeurs à l’abstention, au détriment du camp du oui.

Fort de son rôle stratégique, Milakulo Tukumuli laisse entrevoir sa volonté, après le référendum, de faire basculer le gouvernement collégial, présidé depuis 1998 par les loyalistes.

“Les indépendantistes peuvent prendre les rênes du pays (avec l’EO) et le gérer avec les compétences dont il dispose, c’est-à-dire presque tout sauf les compétences régaliennes. C’est l’occasion de se faire les dents avant peut-être l’ultime étape”, a-t-il déclaré à l’AFP.

Dans le cadre du processus de décolonisation de l’accord de Nouméa (1998), un premier référendum a été remporté en 2018 par les pro-Français à 56,7%. Un troisième scrutin est possible d’ici à 2022, si le non l’emporte dimanche.

 

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