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Environnement: Les banques françaises renoncent à investir dans le charbon australien

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Les trois plus grandes banques françaises -BNP Paribas, la Société générale et le Crédit agricole – viennent de s’engager à ne pas investir et de rester à l’écart de tous les projets de développement du charbon dans le Bassin de Galilée, y compris les infrastructures ferroviaires ou portuaires associées.

Cette annonce s’inscrit dans la même mouvance que celle de la Société Générale qui, en décembre dernier,  avait annoncé son retrait d’« Alpha Coal » sous la pression, entre autres, des organisations  environnementales Les Amis de la terre, Attac et du mouvement altermondialiste basque Bizi !

Aujourd’hui, les trois grandes banques françaises ont pris l’engagement de ne pas financer l’extension du port d’Abbot Point. Elles rejoignent donc huit grandes banques internationales: Deutsche Bank, HSBC, RBS, Barclays, Citi, Morgan Stanley, JPMorgan Chase et Goldman Sachs, rappellent Les Amis de la Terre.

L’extension d’un terminal pour le charbon à Abbot Point doit être réalisée par les groupes indiens GVK et Adani mais le rôle des banques internationales est décisif. En effet, le financement total des deux projets (Alaph Coal et Carmichael), s’élève à 25 milliards de dollars australiens. Notons en passant que selon Les Amis de la terre, la Société Générale, BNP Paribas et le Crédit Agricole S.A. sont toujours parmi les 25 premiers investisseurs du secteur du charbon au niveau international.

Qui va “oser” financer ces projets?

Face aux réticences des banques européennes et nord-américaines, les firmes qui sont derrière les projets de Carmichael et Alpha Coal ont tenté de se replier sur des banques indiennes et d’autres banques asiatiques, avec un succès mitigé. Reste à savoir, quelle sera la position que prendront les grandes banques australiennes, ANZ, Commonwealth Bank, National Australia Bank et Westpac. Elles sont aujourd’hui déjà les plus gros investisseurs financiers des énergies fossiles dans le pays. Elles n’ont pur l’instant fait aucune déclaration à ce sujet. La situation est délicate car elles subissent les pressions des environnementalistes d’un côté et des milieux économiques et politiques de l’autre.

En désespoir de cause, confrontées aux difficultés de financement de ces projets, les autorités du Queensland ont fini par annoncer le déblocage d’aides financières directes pour s’assurer que ces  projets voient bien le jour. Elles ont donc confirmé une participation financière minoritaire et « provisoire » dans les infrastructures nécessaires aux projets charbonniers (ligne de chemin de fer et port). Comme l’État du Queensland croule sous les dettes, cet argent devait venir de la vente d’actifs publics…

Aujourd’hui, le charbon est à son plus bas historique et de nombreux analystes estiment que cette source d’énergie a son avenir derrière elle. Cependant, le Queensland reste financièrement dépendant des royalties de l’industrie minière et les gouvernants semblent s’accrocher à l’espoir qu’il serait possible de le faire repartir artificiellement, à travers une augmentation massive de l’offre de charbon, à destination, cette fois, du marché indien.

Les Conséquences écologiques seraient désastreuses

L’Australie est aujourd’hui le premier exportateur de charbon au monde et neuf nouvelles mines au total sont envisagées dans la région, dont cinq seraient plus grandes que n’importe quelle mine de charbon actuellement en opération dans le pays. Le jour où elles seront opérationnelles, Greenpeace affirme qu’elles pourraient  produire et exporter annuellement 330 millions de tonnes de charbon pendant 30 ans, soit plus de 700 millions de tonnes de CO2 supplémentaires émises dans l’atmosphère tous les ans . De telles chiffres sont affolants car ils représenteraient le double des émissions annuelles de CO2 de la France! Rien que le Bassin de Galilée se classerait au septième rang mondial des plus gros émetteurs de gaz à effet de serre, juste derrière l’Allemagne.

En plus de son impact sur le climat, les risques environnementaux concernent principalement la Grande barrière de corail. Pour rendre possible l’exportation de ces millions de tonnes de charbon le terminal portuaire d’Abbot Point doit être étendu pour atteindre une capacité de 250 millions de tonnes de charbon exportés par an. Le sol sous-marin doit être dragué afin de permettre le passage quotidien de bateaux plus gros et en plus grand nombre. Les 5 millions de tonnes de déchets issus de ce dragage devaient être rejetées sur un terrain un peu plus loin et non comme évoqué au début dans la mer. L’Unesco essaie de faire pression sur le pays en menaçant d’inscrire la Grande barrière de corail sur la liste du patrimoine de l’humanité « en danger ».

On ne parle même pas des communautés aborigènes, les Wangan et les Jagalingou, qui sont contre le projet charbonnier sur leurs terres ancestrales et ce malgré des compensations énormes à la clé…

Le nouveau gouvernement travailliste confirme son soutien au projet…

Le gouvernement conservateur du Queensland a été battu lors des élections provinciales de janvier 2015. A la grande déception des environnementalistes, les travaillistes ont cependant rapidement annoncé un nouvel accord avec Adani et GVK. L’État continuera à soutenir politiquement les projets charbonniers, y compris l’extension du port d’Abbot Point, mais sans y investir de fonds publics.

Sources: theguardian

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