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Festival des Antipodes : le cinéma australien prend ses quartiers à Saint-Tropez

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Du 8 au 14 octobre prochains se dérouleront les Rencontres Internationales du cinéma des Antipodes. Hébergé depuis 20 ans par la ville de Saint-Tropez, ce festival est entièrement consacré à la production cinématographique australienne et néo-zélandaise. Bernard Bories, son fondateur et président, en ouvre les coulisses pour le Courrier Australien.

 

La passion d’un homme pour le cinéma des antipodes
affiche antipodes

Affiche officielle

Nous nous attendions à tout sauf à un festival de cinéma australien dans la capitale française de la jet-set. Pourtant, dans quelques jours, la ville basculera à l’heure australienne — comme chaque mois d’octobre depuis 20 ans. Comment est né le festival des Antipodes ?

« L’histoire commence en 1977, lorsque je découvre « Picnic at Hanging Rock », de Peter Weir. Ce film me fait une très forte impression : c’est une révélation » explique Bernard Bories. Ce cinéphile commence par visionner toute la filmographie du réalisateur puis élargit son champ à l’ensemble du cinéma australien. Sa boulimie est telle qu’il finit au Marché du Film de Cannes où il visionne des œuvres qui n’ont pas encore de distributeur en France. « J’ai vu des films formidables dans des salles où il n’y avait que deux ou trois spectateurs, j’ai trouvé ça désolant ». Déterminé à faire découvrir ce cinéma méconnu du grand public, il approche alors l’Association France Australie qui lui propose de créer un ciné-club au sein de l’Ambassade d’Australie en France.

Ce n’est qu’en 1991 qu’il réussit enfin à poser le pied Down Under. Un premier voyage mémorable : « J’ai atterri à Darwin, où on nous a fait sortir directement sur le tarmac pour rejoindre l’aéroport… entre une haie de douaniers en short ! » Pas question pour Bernard Bories de découvrir le pays autrement qu’en road trip, comme au cinéma. Il prend le volant et traverse le pays du nord au sud, jusqu’à Adélaïde. « Magique », se souvient-il.

 

Saint-Tropez, un écrin idéal

En 1995, Bernard Bories passe un nouveau cap et crée l’association Cinéma des Antipodes. Son objectif : proposer une sélection de films australiens à des festivals de cinéma en France. Dès 1996, Cannes Cinéphiles, organisé par la ville en parallèle du Festival que l’on connaît, accepte de créer une section pour ce cinéma du bout du monde. Bernard Bories y propose deux ans de suite des sélections de films australiens. Une solution qui ne le satisfait pas totalement. « J’avais le sentiment que mon Cinéma des Antipodes était un peu « noyé » à Cannes » explique-t-il.

Une rencontre avec le maire de Saint-Tropez auquel il est présenté lui ouvre les portes de la célèbre cité varoise. C’était en 1998 et Bernard ne l’a plus quittée. Il en a la certitude : Saint-Tropez est bel et bien l’écrin parfait pour son festival. Comme en Australie et en Nouvelle-Zélande, la mer et le soleil y occupent une place prépondérante. Et il ajoute : « Ce beau village est connu dans le monde entier mais compte pourtant moins de 6000 habitants. En hiver, cela en fait un endroit charmant et paisible. L’atmosphère détendue favorise les rencontres. » Comprenez : entre spectateurs, acteurs, cinéastes… et distributeurs. Car au-delà du partage ponctuel de ses coups de cœur à Saint-Tropez et dans des festivals amis (le festival du Bout du monde de Pézenas ou encore celui du film Aborigène à Paris), Bernard Bories espère aider ces films à trouver un distributeur sur place. « Plus on les montre et plus ils ont de chance de trouver preneur et de rencontrer un large public, ici en France. »

 

Un festival éclectique
cinéma renaissance

Cinéma Renaissance, Saint-Tropez

Les films sont projetés dans l’unique salle de la ville, place des Lices, qui peut accueillir 220 personnes. Particularité notable : les places sont gratuites et distribuées sur la base du premier arrivé premier servi. Entre 3600 et 4000 spectateurs en profitent
chaque année pour découvrir la sélection de documentaires et de courts et longs-métrages de fiction minutieusement établie par Bernard Bories lors de ses déplacements dans les festivals de Melbourne, Sydney, Wellington. « Je tiens à ce que ce festival soit éclectique. Je veux montrer aux gens qu’on peut aimer certains blockbusters et apprécier des films d’art et d’essai : l’un n’exclut pas l’autre. Je choisis donc des films très différents. Seul point commun des œuvres que je montre : leur lien avec l’Australie ou la Nouvelle-Zélande. » Parfois, c’est simplement l’acteur principal qui est australien. « Je veux montrer que les talents sont multiples dans le cinéma australien. Car pour un certain nombre de réalisateurs et encore plus d’acteurs, on oublie souvent leur nationalité australienne lorsqu’ils ont du succès à Hollywood. »

Au fait, y-a-t-il une différence entre le cinéma australien et néo-zélandais ? « Si je devais en citer une, ce serait que le cinéma néo-zélandais ose plus. Les films sont parfois plus féroces, voire trash — c’est par exemple le cas avec Peter Jackson, dès ses débuts. Peut-être parce que l’industrie du cinéma y est plus petite et le risque encouru, moindre. » En deux décennies, Bernard Bories a également vu émerger le cinéma aborigène en Australie. « Il y a vingt ans, nous avons montré les courts-métrages de réalisateurs qui, aujourd’hui, font partie des tout meilleurs du monde » A l’instar de Rachel Perkins, que le Festival des Antipodes a couronné pour son film Jasper Jones l’année dernière.

 

Des films inédits en France et deux compétitions

A l’affiche en 2018 : 4 documentaires, 15 courts-métrages et 16 longs-métrages. Parmi ces derniers, 6 films inédits seront en compétition pour le Grand Prix. On y retrouve l’éclectisme cher à Bernard Bories : une comédie se déroulant dans un festival de musique folk (Three Summers), un drame dans le décor des mines d’opale (Strange Colors), un film sur le surf (Breath), un film urbain sur une relation père-fils (West of Sunshine), un road-movie contemplatif (Stray) et même un thriller teinté d’érotisme (The second). Greta Scacchi, actrice australienne, présidera le jury composé de quatre français, CharlElie Couture, Anne Depetrini, Marie Kremer et Jean-Baptiste Shelmerdine.

Désireux d’inciter « le public de demain à explorer des films différents et découvrir les pépites que recèlent les cinémas australien et néo-zélandais », Bernard Bories propose une sélection spécifique pour le jeune public. Et comme chaque année, ce sont des lycéens de la région qui récompenseront un court-métrage en remettant le prix Nicolas Baudin à un jeune réalisateur. A l’occasion du vingtième anniversaire, ils seront exceptionnellement épaulés par des professionnels, tous d’anciens membres du jury.

 

Jane Campion pour la soirée d’ouverture
jane campion

Jane Campion

Pour marquer cette vingtième édition, le Festival de Cinéma des Antipodes placera sa soirée d’ouverture sous l’égide d’une grande dame du cinéma australien et néo-zélandais. Bernard Bories décrit cette invitée exceptionnelle comme « une personnalité forte avec une vision forte, qui a toujours défendu la place de la femme dans la société» : ce 8 octobre, à l’occasion de la projection de son premier long-métrage, Sweetie, et d’un de ses courts-métrages primé à Cannes, Peel, Jane Campion herself sera présente. Parce qu’on n’a pas tous les jours vingt ans.


Retrouvez toutes les informations concernant le Festival des Antipodes et la programmation ici, ou suivez-le sur Facebook.

 

Karine Arguillère


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