fbpx
HomeACTUFeta et Prosecco : les discordes d’un accord entre l’Europe et l’Australie

Feta et Prosecco : les discordes d’un accord entre l’Europe et l’Australie

Feta, gruyère et gorgonzola sont en tête de liste des noms que l’Europe souhaite empêcher les fromagers australiens d’utiliser. Concernant le Prosecco, les oppositions des Italiens grandissent face aux négociations commerciales en cours.

Simon Birmingham, le ministre du Commerce, vient de publier une liste de 172 aliments et 236 boissons que l’Union Européenne désire protéger en échange d’un accord de libre-échange (ALE) avec l’Australie. Parmi ces aliments, des fromages comme le gruyère, le roquefort et le gorgonzola. Concernant les viandes comme le bœuf et l’agneau écossais, ce ne sera le cas seulement si la Grande-Bretagne reste dans l’UE, ce qui, d’après le Premier ministre Boris Johnson, ne sera plus le cas à la fin du mois d’octobre.

Tous les produits de la liste bénéficient d’une protection “d’indications géographiques” (IG) au sein de l’Union européenne. Elles permettent aux agriculteurs et aux producteurs de protéger les noms de leurs produits faits dans un lieu particulier ou avec des matières premières particulières. “L’Australie n’aime pas l’idée des indications géographiques mais c’est un élément non-négociable de l’Union européenne, a déclaré le sénateur Birmingham à ABC. Nous mènerons une lutte acharnée pour défendre les intérêts de l’Australie. En fin de compte, ce que nous essayons d’obtenir, c’est le meilleur accord possible pour que les entreprises et les agriculteurs australiens puissent avoir le meilleur accès possible à un marché qui intéresse 500 millions de consommateurs potentiels.” 

Opposition de l’UE sur le prosecco

La spécificité de l’indication géographique est de protéger le savoir-faire des bouchers locaux, maîtres brasseurs ou fromagers plutôt que les ingrédients qu’ils utilisent. Pour certains produits sous IG, la production doit alors être faite à l’intérieur d’un lieu déterminé, et pour d’autres, c’est l’approvisionnement en matières premières qui est limité.

Dans le cas du prosecco, les matières premières tout comme le lieu de production doivent provenir du Nord-Est de l’Italie. Les dirigeants italiens et les viticulteurs veulent que ce vin pétillant soit protégé dans l’accord avec l’Australie. Cependant, il existe déjà un accord concernant le vin entre les deux parties. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’Australie a cessé de produire du champagne.

Mais la liste publiée aujourd’hui n’inclut aucun changement sur les vins. “Nous avons négocié ces conditions sur les vins il y a plusieurs années. Nous avons alors décidé qu’il n’était pas nécessaire de rouvrir les discussions là-dessus”, a déclaré Birmingham. Il a ajouté que l’UE pourrait chercher à apporter des changements à l’accord sur le vin pour y inclure de nouvelles protections, mais qu’il faudrait en tenir compte dans les futures réunions de négociations commerciales.

Des craintes apaisées

Les fromagers australiens se préparaient déjà à se battre en pensant que l’Europe voudrait protéger les termes camembert, brie et pecorino. Ils peuvent ranger les armes. Egalement pour le prosciutto. Cependant, l’UE reste exigeante sur l’appellation complète du Brie de Normandie, de l’Edam Holland, du Pecorino Romano et du Camembert de Normandie ainsi que sur le Prosciutto di Parma, le Prosciutto di San Daniele, et le Prosciutto Toscana. Pour ce qui est du parmesan, les fromagers italiens espéraient que l’Europe protège leur patrimoine mais elle empêche seulement d’utiliser le terme Parmigiano Reggiano. Pour passer outre la protection, l’Europe va demander à l’Australie de prouver que c’est un terme générique comme le lait ou le beurre.

Ce processus commence aujourd’hui. Le Sénateur Birmingham donne aux industries trois mois pour exprimer leur point de vue sur les exigences de l’UE. “Je pense que sur beaucoup d’aspects, les industries australiennes trouveront que cette liste n’est pas si mauvaise qu’ils le craignaient. Mais il y a toujours des sujets sensibles et nous sommes conscients de l’importance de les surmonter. C’est pourquoi, pendant ces trois mois, je passerai du temps auprès des fromagers, avec l’industrie du lait, avec les producteurs de vins et tous les autres secteurs qui sont touchés”, a-t-il confié.

En cours depuis un an, les négociations devraient prendre fin l’année prochaine en vue d’un accord qui pourrait resserrer les liens entre les deux parties. Pour l’Australie, c’est un marché évalué à près de 25 milliards de dollars qui s’ouvre à elle, avec davantage d’exportations de bœuf, de sucre et de blé. L’UE est son second plus gros partenaire commercial.

Source : ABC.


N’oubliez pas de nous suivre sur Facebook et Instagram, et de vous abonner gratuitement à notre newsletter

Des idées, des commentaires ? Une coquille ou une inexactitude dans l’article ? Contactez-nous à l’adresse redaction@lecourrieraustralien.com

Share With: