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Florian Bohême: “Il faut rajeunir la classe politique française”

 

Rencontre avec Florian Bohême, candidat du Parti Socialiste pour les législatives dans la 11ème circonscription des Français de l’étranger.

 

Pouvez-vous vous présenter ?
J’ai 32 ans et je suis depuis trois ans expatrié au Cambodge où j’ai monté une société dans le domaine du tourisme. Entre 2012 et 2014, j’étais chef de cabinet de la Ministre de la Francophonie. Je suis arrivé à la vie politique très jeune pour lutter contre la discrimination, contre le racisme et l’homophobie — des sujets qui me concernent particulièrement. J’étais d’ailleurs le 1er mai 2002 sur la place de la République pour dire non à Jean-Marie Le Pen… Je me suis engagé au PS il y a 12 ans et j’ai été élu local pendant sept ans à Houilles dans les Yvelines.

 

Quelles sont vos ambitions ?
Je me suis présenté car je vis dans cette 11ème circonscription et parce que le moment est grave. Aujourd’hui, Marine Le Pen est arrivée au deuxième tour et aurait pu être élue présidente !

Je pense que toutes les réponses qui ont pu être apportées jusqu’à maintenant n’ont pas permis de régler le fond du problème. Pour moi, l’une des solutions passe par le renouvellement et le rajeunissement de la classe politique. On l’a vu avec l’élection du Président Macron. Il a 39 ans, j’en ai 32. Nous sommes de la même génération. J’ai envie de dire « Faisons confiance à la jeunesse ».  Pourquoi toujours les mêmes ? Pourquoi serait-ce toujours ceux qui sont là depuis 24 ans qui auraient les réponses, alors qu’ils n’ont pas été capables de les donner avant ? Je prône donc le renouvellement et dans tous les partis, même le mien !

Je souhaite également le non cumul des mandats dans le temps. C’est l’un de mes premiers engagements. Si vous m’élisez, je ferai cela dix ans car je n’ai pas envie de passer éternellement ma vie dans les avions : quand vous êtes élu député des Français à l’étranger c’est tout de même un peu votre quotidien. D’autre part, après dix ans, je ne pense pas que l’on puisse être encore productif dans ses idées. Il faut prendre ce poste de député comme un sacrifice pour la France. Je suis prêt à m’engager et me mettre au service du collectif au détriment de ma vie privée.

 

Cette fonction a-t-elle vraiment un impact ? Comment allez-vous répondre aux besoins des Français ?
Cette fonction est nécessaire car aujourd’hui nous sommes 2.5 millions de Français qui habitons à l’étranger. Nous devons donc être représentés à l’Assemblée nationale.

Nous avons des choses à apporter. On le voit bien aujourd’hui, le pays va mal et tous ces Français qui s’installent à l’étranger pour créer de nouveaux parcours de vie, lancer de nouveaux projets ont bien souvent de très bonnes idées. Lors de mes déplacements, je vois de nombreuses initiatives locales qui fonctionnent et qui pourraient être adaptées en France.

Je considère donc cette fonction comme un relai efficace entre la France et les communautés françaises dans le monde. Je conçois ce rôle de député comme le représentant de la nation et comme la boîte à outil de compréhension de la France dans le monde.

 

Quelles sont les préoccupations essentielles des Français à l’étranger ?
Le sujet majeur est l’accès à l’éducation. Nous totalisons 498 établissements scolaires français dans le monde et il n’y a qu’un seul pays dans le monde dans ce cas, c’est la France. Ce réseau aide la communauté française et contribue au rayonnement de la France. Il faut renforcer ce service.

La santé et les retraites sont d’autres enjeux majeurs de ce quinquennat. La France est forte quand elle peut donner un projet de protection sociale. Il va falloir réformer La Caisse des Français de l ‘étranger pour qu’elle corresponde mieux aux besoins des Français. De plus en plus de jeunes partent et ne sont pas couverts. Il faut les inciter à s’assurer en leur proposant une politique tarifaire attractive qui soit calculée en fonction de leurs revenus; ce n’est pas tout à fait le cas actuellement.

J’appartiens aussi à une génération qui refuse de cotiser avant même de pouvoir se lancer. Nous sommes une génération sacrifiée : nous savons que nous vivrons moins bien que nos parents… Il est temps que la France se réveille, nous écoute et comprenne nos besoins !

 

Qu’en est-il de la taxation des biens immobiliers des Français vivant a l’étranger ?
Cette sur-taxation sur l’immobilier vacant s’applique uniquement dans les villes à flux tendu où il n y a pas assez de logement, comme à Paris. Sans vouloir botter en touche, E.Macron a dit qu’il allait supprimer la taxe d’habitation, donc logiquement ce problème n’en sera bientôt plus un…

Pour moi, Un sujet plus important, ce sont les CSG (Cotisations Sociales Généralisées) -CRDS pour les Français ne vivant pas en Europe. Il faut savoir que le député sortant n’a assisté à aucune réunion de l’Assemblée des Français de l’étranger et a toujours refusé de débattre sur ce sujet. Aujourd’hui, cette CSG-CRDS rapporte 300 millions d’euros à la France. Il faut donc trouver une compensation afin de pouvoir la supprimer. Comment ? D’abord en luttant contre l’exil fiscal et en rapatriant les capitaux. C’est cela, la vraie solidarité nationale. L’autre solution, c’est de créer plus de conventions fiscales bilatérales avec les états pour éviter cette double imposition.

 

Vous souhaitez également donner plus de pouvoir aux représentants des Français à l’étranger…
Je souhaite en effet que les membres de l’Assemblée des Français de l’Etranger, puissent agir ! Aujourd’hui, l’AFE est une sorte de chambre d’enregistrement. Je souhaite que demain, cette Assemblée puisse voter des budgets concrets sur les questions de santé, d’éducation voire même sur les questions de développement économique. Ces élus sont sur le terrain, ils doivent avoir un pouvoir de décision.

Mots pour Mot: Florian Bohême – PS from Le Courrier Australien on Vimeo.

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