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French Film Festival : le programme de ses 30 ans, avec Philippe Platel

franckprovost

Cette année, l’Alliance Française French Film Festival fête son trentième anniversaire avec une programmation pléthorique de cinquante-quatre oeuvres, dont quelques raretés, une sélection canadienne et de nombreuses premières australiennes. Un choix fortement teinté de cinéphilie que nous commente Philippe Platel, son directeur artistique et attaché culturel de l’ambassade de France.

A l’orée du lancement du festival qui se déroulera du 5 mars au 17 avril dans dix grandes villes du pays, Philippe Platel a sorti son t-shirt Nosferatu : un clin d’oeil vestimentaire qui en dit long sur la ligne directrice qui a guidé ses choix. « Pour cette édition, j’ai voulu mettre l’accent sur les films de genre, dit-il, avec des hommages à la comédie romantique, au western, à Bollywood et même aux films d’horreur. »

De la poésie et de l’hémoglobine

A côté du chef-d’oeuvre en noir et blanc d’Alain Resnais L’année dernière à Marienbad (en version restaurée), il y aura donc quelques perles qui devraient combler les amateurs de sueurs froides. « Revenge, par exemple, est l’histoire d’une fille qui se fait violer et se transforme en une sorte de Lara Croft vengeresse. Attendez-vous à des litres d’hémoglobine pour ce film excessif, forcément, mais non dénué d’humour et très beau visuellement – les paysages rappellent David Hockney. » Le film de Bertrand Mandico, Les garçons sauvages, lui, utilise les vieilles ficelles du cinéma pour créer une atmosphère étrange qui lorgne du côté de Fassbinder ou de Cocteau. Quant à High Life, Philippe Platel ne peut que le recommander. De Claire Denis, sa réalisatrice, il dit simplement : « Quand elle s’empare d’un genre, elle en redéfinit les codes« . Sachant que l’oeuvre met en scène Juliette Binoche et Robert Pattinson dans un vaisseau spatial créé par le Norvégien Olafur Eliasson… le teaser devrait fonctionner à plein auprès des passionnés.

Un choix adoubé (ou presque) par la croisette

Au-delà de cette catégorie spéciale, le festival met de nouveau à l’honneur des sélections projetées à Cannes. Un couteau dans le cœur (Yann Gonzales) avec une Vanessa Paradis « incroyable » et une bande-son signée par un maître de l’électro M83. Philippe Platel cite également Les filles du soleil (Eva Husson), « crucifié sur la croisette pour les mauvaises raisons » ose-t-il. D’après le cinéphile, il mérite qu’on le voie et qu’on lui donne sa chance : aux spectateurs australiens de se faire une idée. En guerre (Stéphane Brizé) film coup de poing prémonitoire est présenté comme « indispensable pour comprendre l’émergence du mouvement des Gilets jaunes ». Et dans la catégorie documentaire, Le grand bal (Laetitia Carton) est à considérer sérieusement : c’est une « belle surprise sur des fous de danse« . Un film émouvant et généreux qui tord le cou à l’image réactionnaire que promène cette vieille « tradition française ». L’homosexualité, la solitude et l’âge y sont également abordés avec tendresse. Courez-y : il sera projeté dans une poignée de salles seulement.

De l’interdit, du sensible et de la légèreté

Parmi les autres films à voir, Philippe Platel met l’accent sur Célébration (Olivier Meyrou), documentaire sur l’immense couturier Yves Saint Laurent, empêché de sortie pendant 10 ans par Pierre Bergé. Il conseille aussi Grâce à Dieu, le dernier Ozon sur le sujet sensible de la pédophilie dans l’église, tout juste présenté à Berlin. Et parmi ses coups de cœur, Les frères Sisters, western crépusculaire sur la fin des utopies, réalisé par Jacques Audiard avec un casting en or massif. Sauf surprise, Le grand bain (Gilles Lellouche) devrait faire un carton, puisque c’est LE film phénomène de ces derniers mois en France : il est l’un des feel good movies de cette édition avec Larguées (Eloïse Lang) ou même L’extraordinaire voyage du fakir (Ken Scott), film franco-canadien. Seul regret, l’absence de série cette année… dommage pour Vernon Subutex repéré par Philippe Platel.

L’année dernière, 185 000 spectateurs dont 80% d’Australiens ont assisté au festival, un succès qui va croissant depuis 30 ans. S’il est difficile de dire quel film a le plus profité d’une sortie Down Under, Philippe Platel assure que l’événement aide les distributeurs et que l’Australie abrite désormais un public qui compte. L’année dernière, Le sens de la fête (Toledano et Nakache) a cassé la baraque, mais le film de Klapisch, Ce qui nous lie, a également cartonné, une jolie surprise. Cette année, le documentaire Wine Calling (Bruno Sauvard) pourrait faire aussi bien… nous offrant l’occasion de trinquer à la santé du cinéma français, tous genres et toutes écoles confondus. Cheers !

Valentine Sabouraud

Dates de l’Alliance Française French Film festival 2019 :

Sydney : 5 mars au 10 avril / Melbourne : du 6 mars au avril / Canberra : du 7 mars au 10 avril / Perth : du 13 mars au 10 avril / Brisbane : du 14 mars au 14 avril / Hobart : du 14 au 23 mars / Adélaïde : du 21 mars au 18 avril / Avoca Beach : du 22 au 27 mars / Parramatta : du 28 au 31 mars / Byron Bay : du 4 au 17 avril.

>> Pour en savoir plus, cliquez ici.

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